jeudi 30 avril 2009

ZELAZNY Roger Joseph (Usa)
Pseudo = Harrison Denmark

Né en 1937 à Euclid, dans l’Ohio, Roger Zealazny est mort en 1995à Sante Fe, au Nouveau Mexique. Ecrivain majeur de la SF américaine il a obtenu durant sa carrière 6 prix Hugo et 3 Nebula. Fortement influencé par les mythologies d’origine, celtique, nordique ou orientale, son œuvre à abordé diverses thématiques d’où rejaillissent celles centrées sur l’Immortalité, le Pouvoir, le Manichéisme, et la description d’êtres humains hors normes dotés de pouvoirs particuliers ou immortels
◊ Seigneurs de lumière (Recueil) Fantasy Mythologique
Denoël-Lunes d’Encre, 2/2009 — 815 p., 29 € — Tr. : Luc Carissimo, Mélusine Claudel & Claude Saunier — Couv. : Manchu — Sommaire :
● Notes de l’éditeur, de Gilles Dumay
Seigneurs de lumière — Lord of light, Doubleday, 1967 — Tr. : Claude Saunier, révisée par Thomas Day
Précédentes publications : sous le titre Seigneur de lumière, Denoël-Présence du Futur 181, 1975 (couverture non illustrée) ; Denoël-Présence du Futur 181, 10/1984 (couverture de François Vannereau) ; Denoël-Présence du Futur 181, 1/1993 (couverture de Serge Bihannic) ; Denoël-Présence du Futur 181, 6/1999 (couverture de Serge Bihanic) — 354 p., 6,40 € — Tr. : Claude Saunier
Royaumes d’ombre et de lumière — Creature of light and darkness, Doubleday, 1969 — Tr. : Mélusine Claudel, révisée par Thomas Day
Précédentes publications : Denoël-Présence du Futur 142, 1972 (couverture non illustrée) ; Denoël-Présence du Futur 142, 2/1983 (couverture de Simon Ifergan) ; Denoël-Présence du Futur 142, 4/1990 (couverture de Serge Bihannic) ; Denoël-Présence du Futur 142, 7/1993 (couverture de Serge Bihanic) — 224 p., 5,95 € — Tr. : Mélusine Claudel
L’oeil du chat — Eye of the cat, Timescape Books, 1982 — Tr.: Luc Carissimo
Précédentes publications : Denoël-Présence du Futur 358, 4/1983 (couverture de Daniel Furon) ; Denoël-Présence du Futur 358, 9/1990 (couverture de Daniel Furon différente de la précédente) — 256 p., 5,4O € — Tr. : Luc Carissimo
● Bibliographie des oeuvres de fiction de Roger Zelazny (1937-1995), par Alain Sprauel
Critiques : www.actusf.com (Stéphane Gourjault);
www.cafardcosmique.com (Soleil Vert Cafard) : www.yozone.fr (Hervé Thiellement)
→ Mondialement connu pour sa saga d'Ambre, Roger Zelazny ne s'est pas contenté de réinventer la mythologie celtique, comme le prouvent brillamment les trois romans au sommaire de ce volume, tous proposés dans des traductions révisées. Dans Seigneurs de lumière (prix Hugo 1968), sans doute son roman le plus ambitieux, Zelazny revisite le panthéon hindou et replace la quête mystique de Siddharta sur une planète extraterrestre colonisée par une partie de l’humanité. Arrivés sur ce monde à bord du vaisseau spatial L’Etoile de l’Inde ces colons disposent d’un pouvoir de réincarnation grâce à une découverte scientifique qui permet de transférer les consciences dans de nouveaux corps. Appelés les Premiers, car ils ont connus la Terre ou ils sont nés à nord du vaisseau, ils ne tardent pas à détruire la quasi-totalité de la vie indigène, tandis que certains d’entre eux s’assimilent à des dieux de la mythologie hindoue. Ces derniers, installés au Paradis, la Cité Céleste ultra protégée, se font adorer par le reste de la population qu’ils maintiennent dans un Moyen Age abusif, tout en imposant une religion unique dirigée par des prêtres à leur entière dévotion. Mais la réincarnation de Mahasamatman, l’un d’entre eux qui se fait appeler Sam, va profondément changer ce statu quo injuste. En effet, d’abord manipulé par les siens, ce nouveau Bouddha mènera un titanesque combat contre la tyrannie de la Trumurti (la trinité Brahmâ, Vishnou et Shiva) et leurs alliés. Dés lors Roger Zélazny peut laisser s’exprimer toute la ferveur de son écriture à la fois incantatoire et poétique qui rend à merveille l’ampleur carrément védique des chapitres et péripéties s’enchaînant comme des fresques épiques d’où émergent les personnages tour à tour ennemis et alliés de Siddartha, le dieu de la lumière, et de Yama, le dieu de la mort. Royaumes d’ombre et de lumière, le second récit de ce recueil, nous ramène cette fois vers l’antiquité égyptienne et son panthéon de divinités. Des dieux d’où émergent les figures d’Anubis, régnant sur la Maison des Morts, et d’Osiris, seigneur de la Maison de la Vie, qui se partageant la domination de l‘univers connu. Entre les deux s’étendent les Mondes du Milieu peuples par six races intelligentes dont les humains. Or Anubis, qui cherche à atteindre le Prince aux Mille Formes réfugiés dans ces mondes intermédiaires, ressuscite un guerrier invincible appelé Wakim pour le lancer sur ses traces et le détruire. Mais Wakim finira par apprendre sa véritable origine divine. La suite n’est qu’une avalanche de combats ou les dieux se battent à coups de comètes utilisées pour faire exploser des soleil et pulvériser des planètes, tout en pratiquant la fugue temporelle qui permet de se déplacer à volonté dans le temps. Horus, Thot, Seth et Isis la Sorcière Rouge, Cerbère et le Minotaure, ou encore Madrak le magicien vert et le Général d’Acier et son cheval Ombre, interviennent dans un enchevêtrement de saynètes qui se succèdent au mépris de toutes règle. romanesque. Un véritable carrousel cosmique dédié à Samuel Delany et proche de la littérature new wave que prônait ce dernier à travers de ouvrages comme Triton ou Babel 17. Enfin Gilles Dumay, à l’origine du choix des textes reconnus dans ce recueil, après ces deux romans qui se suivaient chronologiquement, a choisi de ne pas proposer la reprise de Toi l’immortel, qui venait en suite logique, mais plutôt L’œil du chat, un texte dans la veine du recyclage mythologique qui sert de fil conducteur à l’ensemble du livre. Le récit, plus linéaire que les précédents, se focalise sur le personnage de Willy Blackhorse Singer, dit Billy, le dernier indien Navajo devenu un grand chasseur d’animaux extra-terrestres. Et voilà que le gouvernement terrien fait appel à lui pour intercepter un dangereux Stragien qui menace de saboter les négociations en cours entre sa propre civilisation et les humains. Pour le dénicher Bill libère un ET qu’il a capturé, le chat, un métamorphe télépathe, qui se lance aussitôt dans une traque haletante où la téléportation est devenue monnaie courante. Chassé et chasseur à la fois, Bill devra revenir aux sources de sa culture et parcourir une sorte de chemin médiumnique à travers ce livre dont l’intrigue principale et parcourue par le récit de ses rêves et de ses souvenirs. L’occasion à travers cet épais volume de redécouvrir un auteur majeur de la SF mondiale disparu en 1995 en laissant derrière lui une œuvre considérable qui mérite amplement de revenir au goût du jour et cet omnibus qui se conclut par une remarquable bibliographie de Roger Zelazny établie par Alain Sprauel.

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