dimanche 24 mai 2009

JAWORSKI Jean-Philippe (Fr)
Pseudonyme = Usher
Jean-Philippe Jaworski, né en 1969, professeur de français et passionné d’Histoire, est l'auteur de deux jeux de rôle : Tiers Âge et Te Deum pour un massacre. Epris de linguiste et profondément imprégné du sens du merveilleux, il s’est lancé avec bonheur dans l’écriture avec son recueil « Janua Vera » premier volet d’une série de livres consacrés à l’univers fascinant du Vieux Royaume
◊ Janua Vera (Recueil) Fantasy Médiévale
Gallimard-Folio SF 332, 3/2009 — 496 p., 10 € — Ser. : Récits du vieux Royaume 1 — Couv. : Charles Hoffbauer — Sommaire :
● Janua Vera
● Mauvaise donne
● Le service des dames
● Une offrande très précieuse
● Conte de Suzelle
● Jour de guigne
● Le confident
● Un amour dévorant
Précédente publication : Les Moutons Electriques-Nouvelles et romans, 5/2007 — 320 p., 20 € — Couv. : Howard Pyle — ill. : Joseph Clement Coll & Joseh G. Gould (sans la nouvelle Un amour dévorant)
Critiques :
www.actusf.com (Jérôme Vincent-Interview) ; www.actusf.com (Clément Bourgoin) ; http://www.cafardcosmique.com/ (Mr.C-Interview) ; www.forgesonge.org (Anonyme) ; www.yozone.fr (Henri Bademoude)
→ Né du rêve d'un conquérant, le Vieux Royaume n'est plus que le souvenir de sa grandeur passée... Une poussière de fiefs, de bourgs et de cités a fleuri parmi ses ruines, une société féodale et chamarrée où des héros nobles ou humbles, brutaux ou érudits, se dressent contre leur destin. Ainsi Benvenuto l'assassin trempe dans un complot dont il risque d'être la première victime, AEdan le chevalier défend l'honneur des dames, Cecht le guerrier affronte ses fantômes au milieu des tueries... Ils plongent dans les intrigues, les cultes et les guerres du Vieux Royaume. Et dans ses mystères, dont les clefs se nichent au plus profond du cœur humain... Tiré de l’expression latine qui signifie « la vraie porte » et qui a donné notre mois de janvier, Janua Vera met en scène Leodegar le Resplendissant, un conquérant autoproclamé Dieu, qui a fondé le royaume de Leomance, et qui, troublé par un rêve récurrent, néglige désormais les affaires de son royaume. Mauvaise donne nous narre la première aventure de Benvenuto Gesufal, patronyme emprunté au Jours des rois de Victor Hugo. Un personnage sans scrupule, mais néanmoins attachant que l’auteur développe dans son roman Gagner la guerre (Moutons Electriques, 2009). Au service des dames nous renvoi à l’univers des romans de chevalerie, tandis que Une offrande très précieuse nous parle du déferlement de hordes barbares. Le conte de Suzelle revisite l’histoire du prince charmant et Jour de guigne joue dans la catégorie humour avec le portrait d’un fonctionnaire objet d’une malédiction plutôt rare. Et alors que Le confident nous plonge dans l’horreur d’un membre du clergé du Desséché qui se fait enterrer vivant pour vivre plus intensément son culte, Un amour dévorant la nouvelle inédite présentée dans la réédition en poche, aborde la thématique de l’intrigue policière appréhendées à l’aune du merveilleux. Passionné d’Histoire Médiévale Jean-Philippe Jaworski créa tout d’abord des jeux de rôles amateurs médiévaux dans sa jeunesse, avant d’être l’auteur de jeux plus sophistiqués, Tiers Age et Te Deum pour un massacre, devenus des valeurs sûres de l’univers roliste, puis de se lancer aujourd’hui dans l’écriture avec ce premier recueil de nouvelles. Dans ces récits à la langue raffinée, où il est capable d’emprunter toute une panoplie de styles allant de Chrétien de Troyes à Terry Pratchett, Jean-Philippe Jaworski s’est d’abord servi du back ground du Vieux Royaume, destiné à être un univers de jeu avant de devenir un univers de fiction. Puis il y a fait évoluer des personnages archétypes du médiéval-fantastique l’assassin, le barbare, le paladin, le prêtre. Cependant, il a arrêté la comparaison, en s’efforçant de déstructurer ces héros préconstruits, en détournant les intrigues et en les extirpant du carcan bipolaire et manichéen où les enserrent bon nombre de récits de fantasy. Tout le reste se coule avec bonheur dans la précision d’une peinture médiévale apportant un profond réalise aux histoires ainsi contées et ramenant l’intérêt du lecteur au cœur de cités impossibles, à travers des batailles et des complots sordides, pour se rapprocher le plus possible des gens du peuple, paysannes, soldats abandonnés, rufians des quai, « tout ceux qui vivent vraiment dans le monde et qui ont toujours plus à perdre qu’à gagner » comme le dit si justement Laurent Kloetzer en quatrième de couverture. Puisant ses influences dans un large panel qui inclus bien sûr Tolkien, mais aussi Borges, Aloysius Bertrand, Gustave Flaubert, Victor Hugo, Robert Holdstock ou Guy Gavriel Kay, pour revenir à des écrivains contemporains, Jean-Philippe Jaworski nous offre 7 textes ciselés comme des petits diamants qui dépeignent des parcours initiatiques retraçant des récits d’aventures, même si certaines sont intérieures, des récits qui contiennent une confrontation réelle ou symbolique avec la mort et la destruction, en somme avec le pathos de la souffrance fidèle à l’esprit des héros des romans de chevalerie tels que Tristan et Iseut ou Lancelot et Guenièvre, et dont l’une des meilleurs représentants en ces pages est AEdan, le chevalier incorruptible, qui revient dans deux nouvelles. Le tout confère à ce recueil une atmosphère sombre voulue par l’auteur qui confesse faire reposer son esthétique sur les contrastes, les clairs-obscurs, rendant ainsi encore plus enivrant le jaillissement de lumière exhumée du plus profond de l’obscurité.A noter que trois de ces nouvelles, Jour de guigne, Une offrande très précieuse et Mauvaise donne ont déjà été publiée sur le site http://couroberon.free signées sous le pseudonyme d’Usher.
Les autres titres de la série :
1.Janua Vera (Recueil)
2.Gagner la guerre

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