mercredi 8 juillet 2009

HOWARD Robert Ervin (Usa)
Robert Ervin Howard est né à Peaster, au Texas, en janvier 1906. La légende veut qu’il fut un enfant chétif et battu avant de devenir, à force de travail, un colosse de deux mètres et un cavalier émérite. Très tôt passionné par la lecture, et en particulier par les Pulps, qu’il découvre en 1921, il publia sa première histoire professionnelle dans la revue Weird Tales à 19 ans. Considéré comme l'un des pères de la Fantasy moderne avec la création du personnage de Conan le barbare, il est également à l’origine d’un panthéon de héros charismatiques parmi lesquels on dénombre : Agnès de Chastillon, une femme française de la fin du Moyen Age, le picte Brank Mak Morn, le pirate gaël Cormac Mac Art, l’américain El-Borak qui écuma le Moyen-Orient de la première moitié du XX° siècle, Kull, le roi Atlante de Valusie, Sonya la Rouge, qui est devenue la célèbre Red Sonja sous la plume du scénariste de BD Roy Thomas, Turlogh Dubh O’Brien, guerrier irlandais du Hait Moyen Age, ou Solomon Kane, le puritain anglais de la fin du XVI siècle. En 1936, alors que s amère était plongée dans un coma irréversible, il succomba à ses envies de suicide auxquelles il songeait depuis de nombreuses années
◊ Les clous rouges (Recueil) Heroic Fantasy
Bragelonne-Fantasy, 11/2008 — 526 p., 35 € — Ser. : Conan Intégrale 3 — The conquering sword of Conan, Ballantine Del Rey, 12/2005 — Tr. : Patrice Louinet — Couv. & ill. : Gregory Manchess — Sommaire :
● Introduction, par Patrice Louinet
Les dents de Gwahlur (Teeth of Gwahlur) in Weird Tales, 3/1935
Précédentes publications : sous le titre Les joyaux de Gwahlur
- In "Conan : la naissance du monde", Jean-Claude Lattès-Editions Spéciales, 1972 — Tr. : François Truchaud (d’après les révisions de L. Sprague de Camp)
- In "Conan le guerrier", Jean-Claude Lattes-Titres SF 40, 1981 — Réédition : J’Ai Lu-Science-Fiction 2120, 1986 — Tr. : François Truchaud (d’après les révisions de L. Sprague de Camp)
Au-delà de la rivière Noire (Beyond the Black river) in Werd Tales, mai à juin 1935
Précédentes publications :
- In "Conan : la naissance du monde", Jean-Claude Lattès-Editions Spéciales, 1972 — Tr. : François Truchaud (d’après les révisions de L. Sprague de Camp)
- In "Conan le guerrier", Jean-Claude Lattes-Titres SF 40, 1981 — Réédition : J’Ai Lu-Science-Fiction 2120, 1986 — Tr. : François Truchaud (d’après les révisions de L. Sprague de Camp)
Le maraudeur noir (The black stranger)
Les mangeurs d’hommes de Zamboula (The man-eaters of Zamboula) in Weird Tales, 11/1935
Les clous rouges (Red Nails) in Weird Tales, juillet, août-septembre et octobre 1936
Précédentes publications :
- In "Conan : la naissance du monde", Jean-Claude Lattès-Editions Spéciales, 1972 — Tr. : François Truchaud (d’après les révisions de L. Sprague de Camp)
- In "Conan le guerrier", Jean-Claude Lattes-Titres SF 40, 1981 — Réédition : J’Ai Lu-Science-Fiction 2120, 1986 — Tr. : François Truchaud (d’après les révisions de L. Sprague de Camp)
Appendices : Notes sans titre — Des loups au-delà de la frontière (première version de travail – inachevé) — Des loups au-delà de la frontière (deuxième version de travail – inachevé) — Le maraudeur noir (synopsis A) — Le maraudeur noir (synopsis B) — Les mangeurs d’hommes de Zamboula (synopsis) — Les clous rouges (première version de travail – inachevé) — Lettre — Carte
● Une genèse Hyborienne, conclusion de Patrice Louinet
● Notes sur les textes
Critiques :
www.actusf.com (Sophie Dabat) ; www.cafardcosmique.com (Muad’dib) ; www.lefantastique.net (Denis Labbé) ; www.noosfere.com (Florent M)
→ Ce troisième et dernier volume de l’intégrale de Conan est un événement puisque, pour la première fois, toutes les nouvelles écrites par Robert E. Howard (et lui seul !) sont rassemblées dans une même collection ; Autre innovation, les nouvelles (écrites de 1924 à 1935) sont présentées dans l’ordre où Howard les imagina, et non par rapport à sa biographie, et dans leurs versions originelles, se démarquant ainsi de la sorte de quête initiatique qui s’était attachée aux basques du barbare cimmérien au fil des réécritures au détriment de l’intense sentiment de liberté dont l’auteur les avait initialement paré. Abandonné donc la voie méthodique menant du statut de simple voleur au trône d’Aquilonie, ainsi que la caricature du héros modélisé made in America uniquement préoccupé par sa propre réussite, qui implique naturellement l’écrasement des ceux qui se dressent sur sa route. Grâce à Patrice Louinet, le spécialiste incontesté de l’œuvre de Howard, nous découvrons un personnage plus sensible et plus raisonnable, fort loin des clichés habituels de la brute épaisse quasiment illettrée. Bien que représentant les derniers récits retraçant les aventures de ce héros emblématique de l’héroic fantasy, ces textes ne présument en rien de ce que seraient les dernières années de l’existence de Conan. Et tandis que Howard s’éloignait de plus en plus de la Fantasy pour s’intéresser aux histoires et légendes de sa région, ils s’imprègnent parfois d’un profond réalisme qui diffère profondément avec l’ambiance fantastique des premières nouvelles du cycle. Le premier récit, Les dents de Gwahlur, fait partie des histoires alimentaires qu’Howard rédigea en véritable mercenaire de l’écriture. Il a pour décor une anomalie géologique emplie de nombreuses cavernes et rivières souterraines où Conan retrouve Muriela, la danseuse corinthienne du cupide Zargheba qui lorgne sur les joyaux dissimulés dans ce monde souterrain. Elle fut publiée dans Weird Tales en mars 1935 sous le titre « Jewels of Gwalhlhur » (Les joyaux de Gwahlur), mais c’est la version tirée du carbone original fourni par Glenn Lord qui nous est proposée ici avec son véritable titre : « Teeth of Gwahlur ». On y notera les premiers essais de transcription littéraire du cadre géographique dans lequel baignait Howard. La seconde nouvelle, Au-delà de la rivière noire, est considérée comme l’une des meilleures aventures de Conan écrite par Robert Howard avec Les clous rouges. On y retrouve la thématique récurrente de l’auteur décrivant l’affrontement de la civilisation en marche contre la survivance de la barbarie primitive représentée par le peuple Picte, un adversaire familier du cimmérien. Située dans un territoire voisin de ceux où aimait déambuler Solomon Kane, un autre héros du grand écrivain Texan, elle nous raconte comment Conan, associé à un groupe de gardes frontières, mena une expédition punitive contre un sorcier de cette race de trancheurs de gorges hideusement peinturlurés. Une aventure qui tourne au désastre à cause de la faculté de ces êtres de ne faire qu’un avec l’écosystème où ils évoluent, à savoir une jungle sauvage dont seul Conan parviendra à s’extirper grâce à l’étincelle de barbarie qui perdure toujours en lui. Rédigée en continuation de Des loups au-delà de la frontière, ce texte, largement inspiré des récits de Robert W. Chambers, spécialiste des écrits sur la révolution américaine, se situe dans l’univers de l’Age Hyborien, mais sans la présence de Conan. Le récit suivant, Le maraudeur noir, est conçu comme une sorte de suite à Au-delà de la rivière Noire. On y revoit Conan opposé aux Pictes à travers une intrigue proche des histoires des premiers colons qui se déroule dans un paysage ressemblant fort aux Etats-Unis du XVII° siècle où des tribus féroces se livraient une guerre perpétuelle. Aux côtés de Conan, qui n’apparaît qu’à la moitié de l’histoire, émerge le personnage de Tina, une jeune orpheline terrifiée par les apparitions d’un mystérieux homme noir. Refusée par Weird Tales, cette nouvelle vit le jour sous sa forme originale grâce aux travaux de Karl Edward Wagner, le texte connu (et présenté dans les précédentes éditions françaises) n’ayant pas grand-chose à voir avec l’histoire initiale. On notera également que Howard, après le refus de Weird Tales, le retravailla en inventant un nouveau personnage, celui de Terence Vulmea, un pirate irlandais, amputant le récit de ses éléments surnaturels ainsi que des références hyboriennes pour en faire une simple aventure de pirates qui finit par paraître en 1976. Le quatrième texte, Les mangeurs d’hommes de Zamboula, est une histoire purement alimentaire imprégnée d’une ambiance orientale empruntée à ses nouvelles mettant en scène des héros comme El Borak, Francis X. Gordon ou Kirby O’Donnell. Elle se déroule dans une étrange cité dont les habitants se terrent chez eux la nuit tombée pour ne pas tomber entre les griffes des anciens esclaves évadés devenus mangeurs d’hommes pour survivre qui arpentent les rues dés que les ténèbres s’épaississent. Mais c’est surtout le dernier texte du livre, Les clous rouges, qui attirera légitimement l’attention. Dernière aventure de Conan, c’est aussi la plus célèbre, et elle a bénéficié notamment d’une remarquable adaptation en BD œuvre du grand dessinateur Barry Windsor Smith. Inspirée par ses conservations avec Novalyne Price, sa compagne d’un temps, sur la prépondérance du sexe dans la mentalité humaine et sur les perversions engendrées par la dégénérescence d’une civilisation. D’abord appelée La flamme rouge elle prit corps en s’appuyant sur un autre récit, Xuthal le crépusculaire, publié dans Conan le Cimmérien et narre le séjour de Conan et de Valéria, une valeureuse femme pirate de la Fraternité Rouge entre les murs de Xuchotl, une cité pourrissante dans le style de celle décrite par H.P. Lovecraft ou l’anormal devient normal et dont les habitants vivent totalement coupés du monde regroupés autour d’une femme maléfique. Parcourue par des thèmes comme le vampirisme et le lesbianisme, cette histoire est l’une des plus cruelles et des plus sexuées mettant en scène le fameux barbare, tout en représentant une sorte d’allégorie avec sa relation tourmentée avec Navalyne, tout en retranscrivant l’atmosphère de corruption charnelle qui hantait la propre maison de Howard où sa mère agonisait lentement. Marquée par la fatalité de la dégénérescence ultime, ce récit est empli d’une sombre lyrisme et Weird Tales débuta sa publication en serial alors que Howard venait de suicider, la terminant le mois où l’annonce de sa mort paraissait dans le magazine. Enrichi de nombreux matériels inédits ce livre est une formidable mine d’informations pour tous les fans du farouche cimmérien et pour les amateurs de Fantasy en général venant en conclure à merveille cette intégrale que Patrice Louinet offre au public français après sa parution en langue anglaise. A noter que le livre présentée ici est une édition collector sous couverture cartonnée et jaquette illustrée en couleur par Gregory Munchess, également auteur des nombreuses illustrations noir et blanc qui enrichissent la lecture des histoires regroupées dans ce recueil, toutes tirées de carbones ou de tapuscrits originaux. A noter que cette luxueuse édition collector a été reprise en broché en juin 2009 par les éditions Bragelonne au prix de 25 €.
Les autres titres de la série :
1.Conan le cimmérien
2.Conan: L'heure du dragon
3.Conan: Les clous rouges

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