dimanche 18 septembre 2011

Le rôdeur d'ombre
(Roman) High Fantasy
AUTEUR : Aleksei PEKHOV (Russe)
EDITEUR : Pygmalion-Fantasy — 468 p., 31,90 €
SERIE : Les chroniques de Siala 1
TO : Kradushcchijsja v teni, Alfa-Kniga, 2002 / Shadow prowler, Tor, 2010
TRADUCTION : Andrew Bromfield & Jean-Pierre Pugi
COUVERTURE : Kekai Kotaki
Critiques : http://www.actusf.com/ (Yann Blanchard)
Dans le domaine de la Fantasy le personnage du voleur fait partie des héros récurrents, comme celui des princes maudits ou des héros bannis en reconquête de leurs royaumes, pour les uns, ou de leur honneur perdu, pour les autres. Fafhrd et le Souricier Gris de Leiber, Cugel l'astucieux de Jack Vance ou, plus près de nous Les mensonges de Locke lamora de Scott Lynch, en sont des splendides illustrations parmi beaucoup d'autres. Le Harold d'Ombre que nous dévoile Aleksei Pekhov en est une nouvelle et brillante émanation. Rusé, malicieux, très peu tournés vers les scrupules lorsqu'il s'agit de survivre, il est cependant impuissant face aux rouages du destin qui le conduisent à occuper le devant de la scène, lui, une créature discrète par profession, en le transformant en héros imprévisible. Pour Harold cet éclairage intempestif braqué sur sa personne se traduit par sa participation à une expédition suicide organisée afin de sauver le monde de Siala de la domination des Orques, les Premiers Nés, chassés de leurs territoires par l'arrivée des autres espèces, nains, hommes, elfes, gobelins, centaures, géants et gnomes, et qui ne rêvent que de reconquérir leurs biens perdus. Dés lors voilà Harold embrigadé au sein d'une troupe hétéroclite composée de Dame Miralissa, une princesse et magicienne elfe de la Maison de la Lune Noire, d'Alistan Markauz, un brillant officier, bras droit de Stalkon IX, le souverain de la cité d'Avendoom, lieu de travail privilégié d'Harold, et de dix Cœurs Sauvages, les combattant les plus valeureux que les Terres Désolées aient jamais compté., sans oublie Kli-Kli, le bouffon du roi, un gobelin facétieux et espiègle, mais également doté d'un héritage chamanique propre à sa race mal connue. Leur but : trouver la Corne d'Arc-en-Ciel, un vestige de la puissante magie des Ogres, qui a été déposé déposé dans le tombeau de Grok, le grand héros humain qui avait jadis repoussé l'attaque des Orques. Un tombeau situé au coeur du Palais d'Os de Hrad Spein, gigantesque nécropole souterraine devenue un véritable labyrinthe d'étages superposés dans lequel aucune créature sensée n'ose s'aventurer à moins de vouloir être confronté à toutes sortes de pièges diaboliques et à une magie encore plus noire que celle pratiquée par les êtres des Ténèbres. Malheureusement, seule cette Corne permettrait de contrer les ambitions de l'Innommable , un ancien sorcier humain revenu d'entre les morts pour exercer sa vengeance et lancer ses armées d'Orques sur la forteresse du Géant Solitaire, verrou interdisant le passage aux créatures venues d'au-delà l'Aiguille de Glace. Bien entendu, l'Innommable mettra tout en œuvre pour stopper cette expédition, ainsi d'ailleurs que les sbires du Maître, un mystérieux personnage tirant les ficelles dans l'ombre, et même les Magiciens de l'Ordre, dont la fâcheuse expérience avait créé au sein même d'Avendoom une Zone Interdite où personne, à part Harold, ne s'était risqué à pénétrer. Pour contrer ces empêcheurs de tourner en rond, le Maître Voleur ne pourra compter que sur sa bonne étoile, ainsi que sur l'aide du sorcier mort infiltré dans son crâne depuis son passage dans la Zone Interdite, et sur les multiples talents de ses compagnons de voyage, dont le fameux Kli-Kli, qui possédait un personnalité aux multiples facettes, les unes plus surprenantes que les autres. Avec ce premier tome des Chroniques de Siala, Aleksei Pekhov démontre que la Fantasy russe peut se hisser au niveau de son homologue anglo-saxonne, même si elle se montre ici grandement influencée par des auteurs tels que J. R. R. Tolkien ou Michael Morcocok. On découvre dans ce livre la passion de l'auteur pour les descriptions, , en particulier celles liées à la nuit et aux ténèbres, qui cependant ne ralentissent pas trop le rythme d'une intrigue linéaire dans le style Compagnie en maraude, entrecoupée de digressions sous forme de rêves apportant l'éclairage du passé sur les événements du présent. Au final un réel bon moment de lecture, qui devrait se prolonger avec la parution des prochains tomes de la série. A noter que ce livre est traduit à partir de la version anglaise qui a fait l'objet de diverses modifications par rapport à l'originale russe de 2002, et qui fait désormais office de référence internationale. Des renseignements que l'on retrouve, ainsi que les diverses couvertures de ce livre sur http://russkayafantastika.hautetfort.com/, le site consacré à la littérature de Science-Fiction et Fantastique russe.

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