dimanche 25 novembre 2012


 La saga des sorcières
(Romans)
AUTEUR : Anne RICE (Usa)
EDITEUR : Pocket-Romans étrangers , 10/2012 — 992 p., 10.50 €, 800 p., 9,80 € & 640 p., 9,10 €
TO : The witching hour, 1990 / Lasher, 1993 / Taltos, 1994
TRADUCTION : Annick Granger De Scriba
COUVERTURE : Sylvie Dupuis
→ Pour les amateurs de littérature de l’imaginaire lorsque l’on évoque le nom de Anne Rice résonne avec les célèbres Chroniques des vampires (12 volumes au total) immortalisé par le Entretien avec un vampire film du réalisateur américain Neal Jordan sorti en 1994 et adapté du premier roman de la série. Mais, quand on aura survolé rapidement son approche de la littérature érotique à travers Les Mésaventures de la Belle au Bois Dormant (3 tomes chez Robert Laffont), on découvrira avec bonheur qu’elle a également traité une autre thématique majeure du domaine du Fantastique, celle des Sorcières. Les éditions Pocket nous propose aujourd’hui de retrouver sous ne élégante couverture noire orné des dessins stylisés de Delphine Dupuy les trois volumes de la série Le lien maléfique (1er publication, Robert Laffont 1992), L’Heure des sorcières (Laffont, janvier 1995) et Taltos (Laffont, janvier 1996). A travers les romans de cette trilogie, Anne Rice nous raconte l’histoire de la famille Mayfair qui a le redoutable privilège d’abriter en son sein d’indéniable sorcières, génération après génération.
Dans Le lien maléfique, premier roman du cycle, nous découvrant Deirdre Mayfair, dernière descendant de cette ancienne et puissante famille que la plume sensuelle et évocatrice de l’auteur insère dans le décor envoûtant d’une vieille maison de la Nouvelle Orléans aux pierres dégoulinantes de sombres souvenirs et de malédictions latente. Deirdre est vielle et n’a plus toute sa raison depuis qu’on lui a enlevé sa fille Rowan pour la soustraire à sa funeste influence. Et derrière les grilles enserrant le jardin de cette antique demeure Aaron Ligther, l’envoyé de la mystérieuse société secrète Talamasca, épie et consigne les moindres de ses faits et gestes, comme l’ont fait ses prédécesseurs avant lui. Un Aaron qui entrera également en contact avec Rowan devenue une brillante neurochirurgienne qui exerce à San Francisco. Une jeune femme qui mènerait une existence plutôt normale si les gens envers qui elle avait ressenti une profonde animosité n’avaient pas trouvé subitement la mort, comme son père adoptif et un homme qui l’avait agressé. Se bornant à des rencontres sans lendemain, sa vie prend un tournant décisif lorsqu’elle sauve Michael Curry de la noyade cet artisan renommé est comme elle originaire de la Nouvelle Orléans et, depuis qu’il a rencontré Rowan, il est assailli par d’étranges visions qui le poussent à retourner dans a ville natale où bien sûr Rowan le suivra après avoir appris la mort de sa mère. De quoi faire redouter à Aaron qu’elle soit à son tour victime du lien maléfique symbolisé par Lasher, un esprit tortueux et maléfique qui hante la famille Lasher depuis le XV° siècle en héritant des pouvoirs de sorcellerie que les femmes du clan se transmettent en même temps que leur fortune colossale et une splendide émeraude verte depuis qu’elles ont quitté leur Ecosse natale où elles dont apprendre à survivre à de nombreuses persécutions.
L’Heure maléfique, second volet de cette trilogie, nous retrouvons Rowan revenue à la Nouvelle Orléans avec Michael Curry devenu son amant et de qui elle attend un enfant. L’occasion de cette naissance est trop belle pour l’esprit Lasher qui trouve que les femmes Mayfair se détournent trop de la magie. Avec la grossesse de la treizième sorcière, la puissante héritière des pouvoirs de Deirdre Mayfair, il sent que l’heure est venue pour lui de rétablir son ascendant sur cette fabuleuse famille. Dés lors il concentre tous ses pouvoirs pour s’incarner dans le nouveau né qui, en quelques heures, acquiert sa taille adulte , tout en se mettant à parler et à marcher. Rendu diaboliquement intelligent par l’intermédiaire de l’esprit qui l’habite, cet enfant animé par une jalousie dévorante ne rêve que de devenir le plus puissant sorcier du monde. Prêt à tout pour parvenir à ses fins, il n’hésite pas à violer sa propre mère qui accouchera d’Emaleth, une autre enfant qui parle, et à s’enfuir avec eux. Michael, aidé d’Aaron et des la puissance du clan Mayfair met dés lors tout en œuvre pour les retrouver. Cependant Lasher pourrait bien n’être pas simplement un esprit maléfique, mais aussi le descendant des Taltos, ces géants celtiques de la légende qui s’unissent avec les sorcières depuis des générations afin de perpétrer leur espèce. Entre-temps, Mona jeune fille surdouée de 13 ans, reçoit l’émeraude des héritières Mayfair et se rapproche insensiblement de Michael grièvement blessé dans sa traque.
Taltos nous permet de retrouver les personnages de la série pour une conclusion dramatique à souhait. Lasgher a été tué par Michael et Emaleth par sa propre mère, Rowan, qui comme beaucoup d’héritière de la famille, a sombré dans une folie temporaire. Mona s’impose dés lors comme celle qui doit prendre la tête de l’empire Mayfair. Toutefois, elle est également enceinte d'un futur enfant-qui-parle, déjà prénommé Morrigan. Déterminé à la protéger coûte que coûte des mauvaises influences de la Nouvelle Orléans, elle s’enfuit dans le bayou avec sa cousine Mary-Jane sans soir si Rowan et Michael laisseront vivre son enfant. En même temps nous découvrons Mr Ash, géant philanthrope gérant son immense fortune de sa demeure de New York. Alors qu’il croit être le dernier survivant de son espèce, il apprend que l’un des siens serait apparu en Écosse, là où jadis il dirigeait son propre clan avant l’arrivé des Romains. Il décide de partir aussitôt sur ses traces et sa trajectoire l’amènera à croiser celle des membres de la famille Mayfair, ces femmes dotés de pouvoirs exceptionnels avec qui sa race semble liée depuis de nombreuses générations. Avec ce dernier roman, Anne Rice nous plonge jusqu’aux racine de ces héroïnes étroitement mêlées au légendaire celte (avec les concordance des Deirdre ou Morrigan), tout en continuant d’explorer les méandre ensorcelants fruits des amours des humains entre les esprits. Elle y conclut une série riche d’un fantastique mystique et baroque où transparait sa prédilection pour les personnages d’enfant atypiques (Lasher et Emaneth répondant à la Claudia d'Entretien avec un vampire) et sa passion pour la Nouvelle-Orléans,, la ville où elle réside, finement décrite à travers la maison vivante siège de la famille Mayfair.
Des sorcières qui feront des apparitions dans d’autres romans hors cycle tels que Le domaine Blackwood, Cantique sanglant et Merrick, ce dernier mettant également en scène des protagonistes du cycle des Chroniques des vampires.

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