mercredi 2 janvier 2013

Starfish
(Roman) ThrillerSF
AUTEUR : Peter WATTS (Canada)
EDITEUR : Pocket, 9/2012
TO : Starfish, St Martin’s Press, 12/1999
TRADUCTION : Gilles Goullet
COUVERTURE : Mike Hill
Précédente publication : Fleuve Noir-Rendez-Vous Ailleurs, 9/2010 - 384 p., 22 € -Couv. : Mike Hill
Critiques : www.actusf.com (Chloé) ; Bifrost 60 (Olivier Girard) ; www.cafardcosmique.com (Pete Bondurant) ; www.scifi-universe.com (Nicolas B. & Manu B.)
-- Comme dans « Vision aveugle » précédent roman de l’auteur, Peter Watts nous transporte dans le Futur proche de la Terre. Une Terre où les conflits sociaux et environnementaux  n’ont fait qu’empirer, tandis que le net, promesse de communications débridées, a été parasité. C’est dans ce contexte que les Etats-Unis, sous l’égide de l’ARE, puissante multinationale, on installé Beeben une station géothermique sous-marine situé à proximité de la plaque Juan de Fuca (Nord-Ouest Américain), prés de la cheminée Chaner, afin de récupérer l’énergie nécessaire à une région de la surface surpeuplée par les déplacements de populations engendrés par les modifications climatiques. Là vivent six « rifters » des individus triés sur le volé et génétiquement modifiés. Un de leur poumon a été remplacé par une branchie qui leur permet de respirer aussi bien dans l’air que dans l’eau et des membranes rétractables situées sur leur calotte oculaire leur permettent de voir sous l’eau dans l’obscurité dotale des grands-fonds. Retranchés du monde  des « sécheux », nom donné par opposition à ceux de la surface, ces individus choisis pour des critères déviants précis portent cependant le poids d’un passé de névrose fait de tentatives de suicides, de viol de pédophilie, et de tendances psychotiques qui semblent devoir mieux les préparer pour résister au stress de ce confinement au sein d’une environnement hostile situé à plus de 10 000 mètres de profondeurs. Landy Clarke, la première de ses enrôlées va toutefois vite se rendre compte qu’il leur faudra cohabiter au sein d’un huis clos propice à la paranoïa, tandis que chacun d’entre eux tente de se faire une place au sein de la hiérarchie sociale de l’équipe en utilisant touts les moyens possible, y compris le sexe et la violence. Peu à peu, la pression des profondeurs conjuguée à celle de leur nouveau mode de vie transforme leur personnalité à la fois victime de la folie, des appréhensions et des doutes liés à leur isolement contre nature, mais aussi a une transformation inattendue liée à la teneur de l’eau autour des cheminée de faille qui affecte leur système de respiration artificielle bousculant irrémédiablement leur personnalité et leurs perceptions. L’intrigue, évoluant au grés des points de vue des différents personnages et suivant des pistes indépendantes les unes des autres, nous promène avec des yeux grands ouverts dans ce huis clos rendu encore plus angoissant par la présence de monstres marins qui cernent de tous côté cette petite station expérimentale, ainsi que par la découverte d’un curieux appareillage situé non loin de Beebe qui s avère être une bombe nucléaire. Qui l’a placé là et dans quel but ? Bientôt les simples enjeux de besoin en énergie géothermique vont s’intégrer dans la toile d’événements beaucoup plus vaste et d‘une importance capitale qui prennent en compte les notions d’intelligence artificielle, d’évolution et de survie de l’espèce humaine. Il est à noter que les sous-chapitres Constrictor  et Une niche sont la réplique de la nouvelle Une niche déjà publiée dans le n°54 (avril 2009) de la revue Bifrost légèrement remaniée.  Toute à la fois marqué de réminiscences au Solaris de Stanislas Lem adapté au cinéma par Andrei Tarkovski, le vide de l’espace rejoignant celui des profondeurs, à Abyss de James Cameron à travers sa dimension de confinement sous-marin et d’environnement étranger, voire au Shinning de Kubrick par son isolement destructeur du fond psychologique, ce  premier roman écrit par Peter Wash, éminent biologiste marin canadien qui utilise toute sa maîtrise des bases scientifiques afin d ‘en élaborer la complexe trame, s’inscrit en tant que premier tome d’une trilogie  qui a été suivie par la publication Rifteurs (2011) et Béhémoth (2012) aux éditions Fleuve Noir, premier éditeur de l’ouvrage en grand format, en attendant la prochaine reprise en poche chez Pocket.

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