jeudi 14 mars 2013

 Léviathan 99
(Recueil) SF / Fantastique
AUTEUR : Ray BRADBURY (Usa)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 447, 3/2013 — 507 p., 8.10 €
TO : The Cat’s Pajamas – Chrysalis – Now and Forever
TRADUCTION : Florence Dolisi
COUVERTURE : Alain Brion
SOMMAIRE :
Le pyjama du chat (Recueil de nouvelles)
Préface : Débordant de vie et d'inspiration
Le jeune homme et la mer (Chrysalis)
L'île (The island)
Un peu avant l'aube (Sometime befor dawn)
Gloire à notre chef (Hail to the chief)
Nous ferons comme si de rien était (We'll just act natural)
Olé, Orozco ! Siqueiros, si! (Olé, Orozco ! Siqueiros, si!)
La maison (The house)
Le convoi funéraire de John Wilkes Booth et des Studios d'Hollywood (The John Wilkes Booth/Warner Brothers/MGM/NBC funeral train)
Mort d'un homme prudent (A careful man dies)
Le pyjama du chat (The Cat's Pyjamas)
Triangle (Triangle)
La bétonnière à mafiosi (The mafioso cement-mixing machine)
Les fantômes (The ghosts)
Mais où est mon chapeau ? (Where's my hat, what's my hurry ?)
La transformation (The transformation)
Route 66 (Sixty-Six)
Des goûts et des couleurs (A matter of taste)
I get the blues when it rains (souvenirs) (I get the blues when it rains (A rememberance)
Tous mes ennemis sont morts (Al my ennemies are dead)
Le collectionneur fou (The completist)
L'Orient-Express de l'éternité (Epilogue : The R.B, G.K.C., and G.B.S. Forever Orient Express)
La chrysalide (Chrysalis)
Maintenant et à jamais (Recueil de nouvelles)
Quelque part : Introduction
Quelque part joue une fanfare (Somwhere a band is playing)
Rêve de radio (Radio dream)
Léviathan 99 (Leviathan'99)
Critiques : www.actusf.com (Chloé) ; Bifrost 58 (Raphaël Gaudin) ; www.cafardcosmique (Tallis) ; www.noosfere.com (Bruno Para)
Précédente publication : Denoël-Lunes d’Encre, 12/2009 —464 p., 25 € — Couv. : Guillaume Sorel
Mort en 2012 à l’âge de 91 ans, Ray Bradbury demeure assurément l’une des figures de proue de la science-fiction anglo-saxonne du XX° siècle. Des livres comme Chroniques martiennes on largement dépassé le cercle restreint des passionnés de SF pour toucher un public bien plus large à travers le monde entier par l’intermédiaire de ses multiples traductions. Des adaptations cinématographiques comme celle de Fahrenheit 451 de François Truffaud on continué à accroître sa notoriété internationale. Comme Steven Spielberg ou George Lucas on pu le faire pour le cinéma, Ray Bradbury grâce à son écriture empreinte de nostalgie et de poésie a largement contribué à sortir la SF du ghetto littéraire où elle était confinée et à la faire intégrer petit à petit en tant que satellite de la littérature mainstream. Mais Bradbury écrivait-il réellement de la SF ? Lui-même s’en défend lorsqu’il affirme : « Avant tout, je n'écris pas de science-fiction. J'ai écrit seulement un livre de science-fiction et c'est Fahrenheit 451, basé sur la réalité. La science-fiction est une description de la réalité. Le fantastique est une description de l'irréel. Donc les Chroniques martiennes ne sont pas de la science-fiction, c'est du fantastique ». Quand on s’attarde plus particulièrement sur son œuvre on s’aperçoit alors que, se souciant peu de la vraisemblance scientifique de ses récits, Ray Bradbury s’attachait surtout à décrire le futur spirituel de l’Humanité conditionné par les problématiques de sa survie. Une dimension de l’esprit qui s’opposait souvent au matérialisme d’une société de l’avenir lancé dans une course effrénée sur la voie d’un progrès qui n’accouchait pas toujours de lendemains chantant. Le livre proposé ici, publié pour la première fois en France aux éditions Denoël dans la collection Lunes d’Encre en janvier 2011 sous la houlette de Gilles Dumay qui a sélectionné les textes, regroupe des nouvelles parues aux Etats-Unis dans deux recueils, The Cat’s Pagamas (Le Pyjama du chat) en 2004 et Now and Forever (Maintenant et à jamais) en 2007, plus un intermède composé d’une nouvelle Chrysalis (La Chrysalide) parue en 1946 dans Amazing Stories. Le pyjama du chat comprend 21 nouvelles, la plupart inédites (sauf Mort d’un homme prudent et Le jeune homme et la mer) écrites entre 1946 et 2003 présentées par une introduction où Ray Bradbury explique quelles sont les raisons qui ont déterminé le choix de ces textes et l’origine de certaines d’entre elles. Fantastique, science-fiction, humour et toujours cette délicieuse nostalgie qui imprègne la plume de cet auteur inclassable. Maintenant et à jamais regroupe deux longues nouvelles inédites précédées chacune d’une courte introduction qui dévoile les multiples modifications apportées à ces histoires au fil du temps. La première, Quelque part joue une fanfare, pourrait s’apparenter à un épisode de la célèbre série télévisée La 4° Dimensions. On y découvre l’histoire d’un jeune homme arrivant dans une petite ville perdue au cœur du désert qui déploiera tout autour de lui un véritable cocon de mystères dont Bradbury puisa la source dans un poème inspiré d’une musique de film ainsi que dans son admiration pour l’actrice Katharine Hepburn. La seconde,  Léviathan 99, ne cache pas son mimétisme avec le Moby Dick d’Herman Melville dont Bradbury rédigea le scénario pour le film de John Huston avec Gregory Pek dans le rôle du magistral capitaine Achab. Ici le capitaine fou n’entraîne pas son équipage de condamnés d’avance à la poursuite d’un cachalot blanc mythique, mais sur les traces d’une terrifiante comète qui, comme le monstrueux cétacé, finira par causer la perte de l’équipage du Celtus 7. Enfin, La chrysalide, la nouvelle insérée en intermède entre ces deux recueils, revient sur la thématique de la métamorphose et du mutant. A noter que le titre original Chrysalis, est aussi celui d’un autre texte, Le jeune homme et la mer. Bien entendu les inconditionnels de Les pommes d’or du soleil, Le pays d’octobre, L’homme illustré ou Un remède à la mélancolie ne retrouveront dans ce livre pas tout à fait l’atmosphère imprégnant ces recueils légendaires, cependant il leur permettra de partager la passion de l’écriture qui anima jusqu’à la fin de sa vie cet auteur hors normes, cherchant à nous faire redécouvrir des textes oubliés et à en achever d’autres à l’accouchement plus difficiles. Un plaisir en tous cas à ne pas bouder à l’occasion de cette réédition en poche que nous propose les éditions Folio sous une couverture d’Alain Brion illustrant la traque de la funeste comète.
Autre couverture :

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