dimanche 8 septembre 2013

L’alchimiste des ombres
(Roman) Aventures Fantasy / Fantasy Historique / Uchronie / Dragon
AUTEUR : Pierre PEVEL (Fr)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 460, 8/2013 — 402 p., 7.70 €
SERIE : Les lames du Cardinal 2
COUVERTURE : Hervé Leblan (également proposé avec une jaquette couleur couverture pleine page)
Précédentes publications :
● Bragelonne-Fantasy, 5/2009 — 336 p., 20 € — Couv. : Didier Graffet, David Oghia & Anne-Claire Payet
● in Les Lames du Cardinal – Intégrale, Bragelonne-Fantasy, 1/2012 — 768 p., 25 € — Couv. : Jon Sullivan
Critiques : www.elbakin.net (Gillosen) - www.phenixweb.net (Véronique de Laet) – www.yozone.fr (Nicolas Soffray)
Les autres titres de la série :
1.Les lames du Cardinal
2.Le dragon des arcanes
La France de 1633 n’en a pas fini avec la menace des dragons, ces êtres surgis de la nuit des temps qui, usant de sorcellerie, ont pris forme humaine et conspirent secrètement pour restaurer leur règne de pouvoir absolu à l’aide d’une société secrète Baptisée la Griffe Noire. C’est contre eux que ce sont battus dans le premier épisode de cette série les Lames du Cardinal, ce corps d’élite créé par Richelieu pour traiter d’affaires délicates dans lesquelles la survie et l’honneur de la couronne sont engagés. Ainsi le mystérieux Capitaine La Fargue, la belle Agnès, le jeune Laincourt, Marciac le gascon, le puissant Ballardieu, Almadès l'espagnol, l'invincible Leprat et le sang-mêlé Saint-Lucq vont de nouveau être mis à contribution pour déjouer un complot visant la ruine du trône de France. C’est une belle espionne italienne qui prétends détenir les preuves concernant cette dangereuse menace. Or, sa tête est mise à prix dans le Royaume. Dés lors, comment avoir directement recours à elle, sinon par le truchement des Lames qui excellent dans ces besognes de l’ombre. Cela tombe bien pour Lafargue et ses compagnons désormais en disgrâce car l’institagateur de ce complot n’est autre que l’Alchimiste des Ombres, un Dragon Noir faisant parti de la Griffe Noire, qui a tué l’un des leurs lors du siège de La Rochelle, tout en jetant le discrédit sur leur compagnie. Voilà pourquoi nos épéistes se lancent avec fougue dans l’aventure, traquant désormais les dracs, ces dragons déguisés en hommes, dans le premier épisode de ce livre intitulé l’Italienne, une espionne qui sait habilement tire en vérité les ficelles, tout en laissant croire qu’elle a mordu à l’hameçon. Quant à second, titré L’affaire de Chevreuse, il nous ramène à la cour du roi Louis XIII, et plus exactement lors d’un bal que doit donner la duchesse de Chevreuse, ennemie jurée du monarque, durant lequel ce dernier compte bien étouffer le complot dans l’œuf, bien que cela entraînera la chute de hauts personnages directement situés dans son proche entourage. Réécriture libre et magistrale du chef d’oeuvre d’Alexandre Dumas, Les trois mousquetaire, cette série nous plonge dans une France uchronique finement dépeinte grâce aux remarquables connaissances historiques de l’auteur, comme il a déjà su brillamment le faire pour son cycle du Chevalier de Wielstadt, l’Allemagne remplaçant alors la France. Complots et aventures alternent à travers une intrigue qui utilise à la fois les rebondissements successifs des romans-feuilletons et la découpe particulière des épisodes télévisuels. Sans jamais vraiment dévoiler les dessous d’une affaire aux multiples ramifications, Pierre Pével cultive avec brio son élément magique en la personne des dragons, désormais capables de prendre forme humaine (il rejoint en cela d’autres écrivains comme Shana Abe et sa Reine des dragons), mais il sait également donner une notable épaisseur psychologique à ses personnages qui n’ont rien des fiers à bras aux certitudes inébranlables. Au fil des aventures et des expériences accumulées, heureuses ou malheureuses, ils évoluent, tandis que des voiles ses lèvent peu à peu sur leur passé souvent tourmenté. Certains ainsi quitteront les Lames, mais d’autres viendront les rejoindre, maintenant ainsi cette compagnie à la tête de la lutte contre les dragons menés conjointement avec les sœurs blanches, des moniales qui ont voué leur vie à la chasse de ces êtres intemporels. Un second tome qui, après le prologue des Lames du Cardinal, déroule au fil de dialogues, tantôt volontairement châtiés, tantôt plein de dynamisme, le fil d’un récit pétrie de faux-semblants et de fausses pistes qui s’enfoncent dans un Paris de 1633 décrit avec une minutie de chroniqueur historique. Assurément une réussite dans un genre encore peu exploité en France et dont pourrait trouver l’équivalent du côté des traductions anglo-saxonne, façon roman de cape et d’épée, avec A la pointe de l’épée de Ellen Kushner publié en 2008 par les éditions Calmann-Lévy ou dans le domaine de la Fantasy avec le cycle des Lames du roi de Dave Duncan, également chez Bragelonne.
Autres couvertures :

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