mardi 17 septembre 2013


Sans âge
(Roman) Bit-Lit / Uchronie / Vampires / Loups-garous
AUTEUR : Gail GARRIGER (GB)
EDITEUR : Calmann Lévy-Orbit, 5/2013 — 333 p., 16,90 €
TO : The parasol protectorat 5.Timeless, Orbit, NY, 2012
TRADUCTION : Sylvie Denis
COUVERTURE : Iceberg & Laurent Panepinto
Critiques : www.phenixweb.net (Véronique de Laet)
Les autres titres de la série :
1.Sans âme
2.Sans forme
3.Sans honte
4.Sans coeur
Les femmes fortes made in Britannia, nous connaissons déjà avec le cortège de Emma Peel (Chapeau melon et bonnes de cuir) de Pamela Lyndon Travers (adaptée par Disney), sans compter les enquêtrices à la Miss Marple, etc… Pourtant, Alexia Tarabotti de Gail Carriger a su nous charmer avec son originalité puisée dans la fréquentation du fantastique qui baigne toute la série. Car Alexia est une sans âme, entendez une sorte de chaînon manquant, si l’on se réfère au darwinisme ambiant de cette Angleterre de l’époque victorienne où, depuis le règne d’Henry VII, et par décision de sa fille, la reine Elisabeth, les vampires et les loups-garous sont devenus des sujets respectés de Sa Gracieuse Majesté. Alexia a commencé par tueur un suceur de sang, puis elle s’est éprise du beau loup-garou, Lord Maccon, le responsable du BUR, le Bureau du registre des non-naturels, qu’elle a fini par épouser. Bien entendu ce couple pas comme les autres qui, au fil des pages, saute de galipettes en galipettes, a vécu de nombreuses aventures dans les quatre premiers tomes de cette série qui trouve ici sa conclusion. Deux ans se sont passés depuis l’histoire racontée dans le précédent tome, Sans cœur, et Lady Maccon passe des jours paisibles, quoi un peu ennuyeux, auprès de la meute Woosley dont son époux est l’alpha et le professeur Lyall le Bêta, ainsi que de Lord Alkedama, représentant le clan des vampires. En vérité, la plupart de ses journées sont occupées à apporter son aide pécuniaire à son ami Ivy et à rattraper les bourdes de sa fille Prudence, dotée de pouvoirs surnaturels qu’elle ne maîtrise pas vraiment. Aussi, lorsque la reine de la ruche d’Alexandrie, la plus vieille vampire de la Terre, la convoque en Egypte pour que lui soit présentée l’enfant née de l’union d’une sans âme et d’un loup-garou, elle s’empresse d’accepter cette invitation qu’elle n’a d’ailleurs guère l’aptitude de refuser. Et la voilà embarquée avec sa famille et de nombreux amis vers les lointains rivages du Nil. Gail Carriger va habilement profiter des multiples péripéties qu’elle fait vivre à son héroïne au cour de son voyage au pays des Pharaons, pour faire revenir sur le devant de la scène tous les personnages essentiels du cycle et pour apporter des réponses aux questions pas encore résolues sur le fond de l’histoire et son background délicieusement british. Ici, encore plus que dans les volumes précédents, la filiation avec l’Elizabeth Peters, l’archéologue collectionneuse d’ombrelles d’Amelia Peabody, est rendu encore plus flagrante par le conteste géographique dont l’auteur s’efforce à travers ses pages de nous restituer tout l’exotisme, senteur, chaleur et parfum de mystère, sans oublier de maintenir la touche victorienne salutaire pour toute bonne uchronie et une granulée d’humour qui affleure toujours à la surface d’une intrigue mâtinée d’un sans gêne souvent plus proche de la moiteur des alcôves des salons parisiens que du sacro-saint flegme britannique. La seule remarque désobligeant que l’on pourrait faire à l’auteur, c’est que ce roman marque la fin de la série. Une fin pas du tout cousue de fil blanc et aux rouages savamment articulés, mais une fin tout de même. A moins que les quelques mots tombés de lèvres de Gail Carriger aux dernières Utopiales de Nantes laissent présager que notre chère tueuse de vampires n’ait pas encore dit son dernier mot… Nul doute que les éditions Orbit se feront un plaisir de répondre à cette question lancinante dans les prochains mois, ce en quoi les innombrables fans de d’Alexia Maccon-Tarabotti leur en seront, j’en suis sûr, pour toujours reconnaissants.

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