mardi 15 octobre 2013

Stalker - Pique-nique au bord du chemin
(Roman) Science-Fiction
AUTEUR : Arcadi & Boris STROUGATSKY (Russie)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 462, 9/2013 — 320 p., 14,50 €
TO : Piknik na obotchine, 1972
TRADUCTION : Svétlana Delmotte, révisée par Viktoria Lajoye
COUVERTURE : Bastien Lecouffre-Deharme
Précédente publication :
Denoël-Présence du Futur 314, 1981 — 324 p., 7,50 € — Tr. : Svétlana Delmotte — Couv. : Stéphane Dumont
Denoël-Présence du Futur 314, 11/1994 — 324 p., 7,50 € — Tr. : Svétlana Delmotte — Couv. : Philippe Gauckler
Denoël-Lunes d'Encre, 3/2010 — 240 p., 18 € — Tr. : Svétlana Delmotte — Couv. : Lasth
Critiques : www.actusf.com (Stéphane Gourjault) - Bifrost 59, 11/2012 (Bertrand Bonnet Bonnet) – Fiction 318, 10/2007 (Richard D. Nolane) - www.noosfere.com (Florent M)
Outre le plaisir de retrouver l’un des principaux romans des frères Strougatski, les Asimov de la SF russe, ce livre nous propose la passionnante préface de Ursula K. le Guin, tirée de sa propre critique du roman. Le postulat de l’histoire par du point de départ d’une visite extraterrestre. Des ET qui sont repartis aussi vite qu’ils sont venus sans nouer aucun contact avec l’espèce humaine, laissant derrière eux les « Zones », leurs lieux d’atterrisages où ils ont abandonnés toutes sortes de détritus au fonctionnement et à l’utilité mystérieuse sur lesquels, même les plus éminents scientifiques se perdent en conjonctures. Il y en a cependant qui ne se posent pas toutes ses questions. Bravant les multiples dangers que recèlent les territoires de ces piqueniqueurs venus d’un autre monde, les Stalkers, des sortes de contrebandiers et trafiquants sans scrupules, n’hésitent pas à braver les pièges défiant les lois de la physique, tels que les « calvities de moustiques », les « gelées de sorcières », les « hachoirs » ou les « gais fantômes » pour ramener des ustensiles qu’ils écoulent à travers un fructueux marché noir où qu’ils revendent à la Fondation internationales finançant les recherches sur le mystères des zones. Dans la première partie du roman nous sommes invités à suivre les déplacement du rouquin, Redrick Shouhart, un explorateur de la Zone de Harmont, dont la trajectoire va s’accompagner de la corruption et du crime innérant à ces lieux hors du commun qui traquent les enfants des Stalkers même dans leur chair par l’entremise d’horribles mutations génétiques. Ramenant l’Humanité au rôle d’une meute de rats curieux ou à celle d’une horde de fourmis se précipitant sur les miettes d’un repas, ce livre pose la fameuses question, déjà abordée par Stanislas Lem dans Solaris, ou par Thomas Disch dans Génocides, de l’hypothétique faculté des hommes à pouvoir décrypter les renseignements en provenance de l’univers. Cette sorte de test auquel les êtres humains seraient confrontés est rendu encore plus palpitant par la perspective de découvertes fascinantes, comme cette mythique Boule d’or censée en mesure d'exaucer tous les souhaits qui lui seraient demandés. De quoi enflammer toutes les imaginations et aussi provoquer de longs débats, comme celui entamé dans le chapitre 3 par Richard H. Nouane, le meilleur ami de Redrick et le prix Nobel Valentin Pilman. Sorte de fable désenchanté sur la promesse du « Bonheur pour tout le monde gratuitement » que promettait l’Etat Soviétique avant son démembrement et sinistre prélude aux événements de Tchernobyl, cet ouvrage est également un fascinant roman d’aventure qui démontre toute l’intelligence et la sensibilité humaniste dont les frères Strougatski on su faire preuve dans l’ensemble de leur œuvre. Un livre qui s'inscrit dans la trilogie des Pélerins (Noon univers en anglais), visions plutôt grisâtre du futur comprenant L’île habitée (L’Age d’Homme), Le scarabée dans la fourmilière (Fleuve Noir) et Les vagues éteignent les vent (Denoël) décrivant un Humanité surveillée par des êtres venus d’ailleurs qui s’attachent à guider sa destinée, à laquelle ont peu également ajouter le titre Il est difficile d'être un Dieu (Denoël). Enfin, on n’oubliera pas que le succès de ce livre à l’international est grandement du à son adaptation au cinéma par le réalisatieur Andreï Tarkovski sous le titre, un film assez obscur au demeurant, mais qui n’épouse pas réellement l'intrigue du roman.
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