dimanche 25 mai 2014

Armageddon Rag
(Roman) SF
AUTEUR : George R. R. MARTIN (Usa)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 483 — 592 p.
EDITEUR : The Armageddon rag, 1983
TRADUCTION : Jean-Pierre Pugi
EDITEUR : Sam Van Olffen
Précédentes publications :
La Découverte-Fictions 1, 8/1985 — 420 p., 98 Frs — Tr. : Jean Bonnefoy — Couv. : Eric Provoost
Pocket-Terrreur 9233, 3/2000 — 510 p., 7,50 € — Tr. : Jean Bonnefoy — Couv. : Pierre-Olivier Templier
Denoël, 3/2012 — 528 p., 22,50 € — Tr. : Jean-Pierre Pugi — Couv. : Clément Chassagnard
Mon anniversaire est passé depuis le février, mais les éditions Gallimard ne l’ont pas oublié en publiant dans leur collection Folio toute une volée d’ouvrages mélangeant Rock &SF et parmi eux, le fascinant Armageddon Rag de George R. R. Martin. En ouvrant ce livre, j’ai senti de vieux souvenirs affluer en moi, ceux de ma première lecture, lorsqu’il était paru dans la collection Fictions des éditions La Découverte, en 1985. Eh oui, cela ne nous rajeunit pas. Et pourtant j’ai ensuite dévoré ses pages comme je l’avais fait quelque presque trente ans auparavant. Car ce livre n’a pas pris une ride. Sur fond de post guerre du Viêt-Nam il expose au fil des chapitres des problématiques qui nous concernent tous aujourd’hui et qui se résume dans une phrase prononcé par Sandy Blair, le fil conducteur de l’histoire, alors qu’il vient de retrouver son amie Maggy sur fond de coït post-soixantehuitard : « On voulait transformer ce putain de monde, non ? Et c’est ce putain de monde qui nous a transformés. ». Mais, vous voulez peut-être en savoir plus sur l’histoire… Alors, commençons par le début : James Lynch est mort et quelqu’un lui a véritablement arraché le cœur. Une nouvelle assez troublante pour pousser Sandy Blair, un écrivain à l’aise mais quelque peu en mal d’inspiration, aussi bien dans son activité littéraire que dans sa vie amoureuse, à reprendre du service pour Jared Patterson, le directeur du Hog, un quotidien dont Sandy fut autrefois l’une des vedettes et dont Jared l’avait viré par souci de rentabilité. Son travail : enquêter sur la mort de Lynch, imprésario plutôt décrié des plus grands groupes de rock des années soixante et, en particulier, des Nazgûl, groupe mythique dont le leader charismatique, Pat Hobbins, avait été assassiné d’une balle dans la tête lors d’un concert mémorable de décembre 1971 prélude à leur dissolution. Sandy, qui a déjà mené l’enquête sur Charles Manson et la mort de Sharon Tate, et qui est fasciné par la musique des Nazgûl, se lance dans l’aventure avec la détermination de ce genre de fouinards acharnés que l’on retrouve dans les archétypes du genre, soit détective à la Marlow, soit journalistes d’investigations, voire écrivains à la recherche de sources improbables, qui ont fait le bonheur des polars et des films en noir et blanc made in Usa. Sa piste le guide, tel un Petit Poucet suivant des graines de hippies déjantés, vers les protagonistes du groupe mythique à présent éclaté, qui semblent être l’objet d’un acharnement du destin sur lequel plane l’ombre d’un certain Edan Morse, étrange personnage fiché par le FBI et féru d’occultisme, qui rêve de reconstituer les Nazgûl et qui pourrait bien être prêt à tout pour y parvenir. Dés lors le roman nous entraîne dans une sorte de road movies fantastique hanté par des visions d’apocalypse sur lequel plane le fantôme de l’Amérique de l’après-guerre du Viêt-Nam et des mouvements contestataires qui s’étaient opposés aux matraques des sbires de Nixon. Le tout, bien entendu, saupoudré, que dis-je, imbibé de références musicales inhérentes à cette période que certains nostalgiques considèrent comme l’Age d’or du rock où l’on retrouve entremêlés les noms de Hendrix, Dylan, Joplin… pour ne citer qu’eux. Pour quelqu’un qui, comme moi, demeure un spectateur assidu de la série Game of Thrones, après avoir dévoré tous les romans, c’est avec un réel plaisir que je découvre en gestation l’incroyable sens narratif de George R. R. Martin, doublé d’une efficacité sans égale pour nous faire partager les émotions des acteurs de papier déployés à travers ses pages n’ayant dés lors aucun mal à se catapulter sur le petit écran pour peu qu’un réalisateur efficace soit aux manettes et que des acteurs doués leur donnent la réplique. Aussi, pour ceux qui auraient trop tendance à assimiler Martin à la vague de Fantasy déferlant sur les domaines de l’imaginaire, lisez Armageddon Rag et vous vous apercevrez que vous tenez entre les mains l’ouvrage d’une personnalité marquante du monde de la SF contemporaine.
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