vendredi 12 septembre 2014

Bird Box
(Roman) Horreur / Postapocalypse
AUTEUR : Josh MALERMAN (Usa)
EDITEUR : ORBIT, 9/2014 —374 p., 20.90 €
TO : Bird Box, Harper Voyager, Londres, 2014
TRADUCTION : Sébastien Guillot
COUVERTURE : Julio Calvo
Dans la sinistre hiérarchie des psychoses humaines celle lié au regard vient juste après les terreur face à l’enterrement vivant, aux attaques de reptiles ou aux hordes de rats avides de morsures se précipitant sur des individus sans défense (des femmes enceintes, de préférence). En vérité au sein du corps humain, l’œil représente le maillon faible, une fenêtre qui nous permet d’appréhender un environnement extérieur qui peut s’avérer d’une étourdissante beauté, mais également d’une implacable hostilité. D’ailleurs, les réalisateurs de film d’horreur ne s’y sont pas trompé et ont abondamment exploité le filon à coups de sanglantes énucléation d’orbites oculaires crevées par toutes sortes de projectiles. Moins impressionnante, ,mais plus proche de la réalité l’image des vieux films où le soldat blessé enlève ses bandages en s’écriant : « Mon Dieu, je suis aveugle ! » marque encore les cinéphiles et montre une fois de plus l’importance que nous accordons à ce sens bien particulier juste suivie de l’ouïe, qui vient somme toute en remplacement quand le premier s’avère déficient. Alors, quand on comprend l’importance que la vue représente pour notre humanité, comment envisager que cette dernière est entrepris de sciemment s’en priver ? Pour expliquer cette cécité volontaire, une seule raison imaginé avec brio par Josh Malerman, au demeurant chanteur et parolier du groupe de rock The High Strug, une mystérieuse épidémie qui s’est répandue à travers le monde où des individus, après avoir aperçu quelque chose de mystérieux, en viennent à agresser mortellement leur entourage ou à se suicider de n’importe quelle manière. Dés lors la Terre, s’enferme peu à peu dans un infernal black-out où, par média interposé, les gens sont invités à s’enfermer chez eux et et à occulter leurs fenêtres, tandis que les vestiges de toute civilisation s’éteignent les uns après les autres sur la surface de notre planète. Le lecteur est brutalement émergé dans cet « après » postapocalyptique à travers l’histoire de Malorie, une mère courage qui, après des années d’enfermement décide de quitter l’habitation où elle vivait en recluse avec ses deux enfants de 4 ans Tom et Olympia, afin de rejoindre un hypothétique refuge où se tererrait une poignée de survivants. Dés lors, nous voici embarqué avec ce trio pathétique sur une barque fragile se déplaçant le long du cours d’une rivière avec à son bord, à la tête et à la proue, deux enfants portant, comme leur mère un bandeau sur les yeux car ils n’ont jamais été confrontés à la vision de l’extérieur, cette dernière comptant sur leur ouïe super développé pour se protéger des multiples dangers peuplant les flots et les berges de ce cours d’eau qui n’a rien du Mississippi de Mark Twain. Pour nous extirper du carcan d’angoisse qui nous étreint lorsque la présence d’inquiétante créatures se signale autour de la frêle embarcation, l’auteur nous entraîne dans une série de flash back où Malorie revient sur sa propre trajectoire, de sa vie avec sa sœur Shanon, qui a fini par se planter une père de ciseau dans le poitrine parce qu'elle a eu l’imprudence de soulever l’un des rideaux de leur fenêtre pour regarder au dehors, à sa période de femme enceinte, lorsqu’elle a rejoint une petite communauté placée sous l’égide de Tom, dont elle est tombée secrètement amoureuse, et à son accouchement traumatisant marqué par la trahison de certains humains, mais surtout de la théroie délirante expliquant que cette épidémie aurait été déclenchée par quelque chose de vivant, des Créatures qu’il suffit de voir l'espace d'une seconde pour sombrer dans la folie, des êtres qui profitent de notre cécité pour se glisser derrière nous, pour envahir nos refuges les plus secrets et attendre, blottis derrière notre dos, le moindre clignement de paupière pour nous plonger dans les affres des meurtres les plus attreroces. Vous les comprendrez sans peine l’angoisse monte à son comble dans ce premier roman dont l’auteur maîtrise l’intrigue avec un brio incontestable, nous entraînant dans une sorte de barque movies oppressant en diable sans que la tension qu’il nous impose diminue un seul instant. Pour ma part, j’ai ouvert ce livre à minuit, lassé par les informations et documentaire remachés des chaînes de télé, et je l’ai refermé deux heures plus tard, quelque peu sonné. Heureusement, j’ai vite trouvé le sommeil, mais croyez-moi je n’ai pas vraiment bien dormi, hanté dans mes rêves (ou plutôt mes auchemards) par des images de femme aveugle, preuve s’il ‘en est de l’impact que ce livre, dont les droit ont déjà été adaptés pour le cinéma, peut avoir sur notre inconscient. Alors lisez-le, avant de suivre les aventures de Malorie sur grand écant, et vous ne le regretterez pas.

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