lundi 12 janvier 2015


 Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère... et, retrouvé l'amour
(Roman) Horreur
AUTEUR : S.G. BROWNE (Usa)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF495, 8/2014 – 392 p., 7.50 €
SERIE : Andy Warner 1
TO : Breathers : A zombie's lament, 2009
TRADUCTION : Laura Dejansiski
COUVERTURE : Johan Bodin
Réédition : EditionsMirobole-Horizons Pourpres, 5/2013 – 20.50 €
Critique : www.actusf.com (Jacquemine Coquio)
N'avez-vous jamais rêvé de devenir zombie ? Non … ? Eh bien, c'est ce qui est arrivé à Andy Warner, le héros du livre de S.G. Browne, qui s'est réveillé quarante-huit heures après sa mort, avant la décomposition et après avoir été embaumé. Depuis, il vit dans la cave de ses parents où il finit toutes les bonnes bouteilles, tout en étant obligé de consommer du formol en quantité suffisante afin d'éviter la putréfaction. Rien d'étonnant dans tout ça, puisqu'on apprend qu'aux Etats-Unis les zombies sont présent depuis la Grande Dépression, et même durant la Guerre de Sécession, et qu'ils ont été les premiers à débarquer sur les plages en Normandie, sans parler de leur discrète participation aux campus hippies des années 70. Pour l'heure cependant, il ne fait pas bon se promener dans les rues américaines lorsqu'on est un Réveillé. Sans parler des quolibets, des insultes, des jets de fruits pourris et de toutes sortes d'ustensiles, on peut se faire agresser par les fats boys, des bandes d étudiants en délire qui démembrent , tabassent, torturent et flambent tout ceux qui arborent les signes distinctifs d'une décomposition avancée. Au mieux, on peut se retrouver en fourrière, si on tente de leur résister où si l'on se montre un peu trop voyant parmi la foule des Respirant. C'est un peu ce que dénonce Andy parmi les séances de thérapie de groupe auxquelles il participe avec un groupe de compagnons zombies, dont la belle Rita, une suicidée affichant sans vergogne ses derniers points de sutures. Bon, 2tant donné qu'il ne peut pas parler, puisque un croque-mort méticuleux lui a cousu la bouche lors des préparatifs de son enterrement, notre héros mort-vivant y participe par pancartes interposées où il peut manifester ses différents états d'âme. Voilà cependant que la rencontre du groupe avec un certain Ray, habitant dans le cimetière et qui leur fait découvrir les délices des bocaux de viande de chevreuil séché, parvient à dérider la morosité ambiante. D'autant plus que ce régime particulier semble leur être bénéfique puisque, au bout de quelques temps, leurs chairs ont tendance à se reconstituer. Bientôt Andy retrouve l'usage de ses cordes vocales et redécouvre l'extase de l'amour charnel avec la sulfureuse Rita. A l'origine de cette renaissance le fameux chevreuil, qui est en fait de la chair de Respirants, dont bientôt tout le groupe d'Andy ressent une envie insatiable. C'est d'ailleurs ce qui pousse ce dernier à trucider père et mère, à les découper, puis à les mettre au congélateur, car la chair humaine est encore meilleur quand elle provient de son propre sang. On le voit, ce roman drôle et provoquant enfreint sans vergogne tous les tabous qui, raconté par le prisme d'un narrateur zombie, finissent par s'inscrire dans une certaine logique. Regard décalé et novateur sur une thématique tant de fois vendangée par les série B et des films pathétiques, truffé de référence et de citations pleines de bon sens, ce livre est un véritable petit bijou qui mériterait une adaptation cinématographique digne de son écriture et nous en pouvons que saluer l'initiative de éditions Folio de le rééditer après une parution plus confidentielle aux éditions Mirobole en 2013. Un nouveau roman de cet auteur américain qui a travaillé durant pas mal de temps à Hollywood et dont Heureux veinards est également paru aux éditions Gallimard, mais dans la Série Noire. A noter, pour les impatients qui ne pourront pas attendre sa sortie en poche, que le second opus des aventures d'Andy Warner, Le jour où les zombies ont dévoré le Père-Noël, est paru aux éditions Mirobole en septembre 2013. On y apprend comment l’ex-star contestataire des morts-vivants a passé une année entière soumis à des tests expérimentaux dans un laboratoire de recherches sur les zombies dans l’Oregon dont il a pu heureusement s'échapper en enfilant un costume de Santa Claus. On devine que cette suite sera hilarante et horrible à souhait...
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