mercredi 6 mai 2015



Tau Zero
(Roman) SF / Hard science
AUTEUR : Poul ANDERSON (Usa)
EDITEUR : Pocket-SF 7160, 1/2015 350 p., 7.90
To : Tau Zero, 1970
TRADUCTION : Jean-Daniel Brèque
COUVERTURE : Manchu
Précédente publication : Le Bélial, 5/2012  304 p., 20
Critiques : actufs.com (Marie Marquez) Bifrost 68, 10/2012 (Jean-Pierre Lion) noosfere.com (Bruno Para)
Publié pour la première fois au Bélial après 40 ans d'oubli, ce roman est aujourd'hui repris en poche chez Pocket. L'occasion pour un large public de découvrir ou de redécouvrir Poul Anderson, l'un des monstres sacrés de l'âge d'or de la SF américaine. Les vieux lecteurs de Fiction et de la collection SF des éditions Marabout verseront une larme nostalgique en se rappelant les fameuses pages de La patrouille du temps, véritable pierre angulaire des récits de divergences temporelles, ou de Opération Chaos, narrant les aventures rocambolesques d'un loup-garou et d'une sorcière, sans oublier dans le domaine de la Fantasy l'inoubliable Peuple du ciel, puis la saga de Hrolf Kraki chez Garancière et le dynamique Dominic Flandry, héros de space opera de la série Agent de l'Empire terrien aux éditions Opta. Liste loin d'être exhaustive, tant cet auteur avait pris l'habitude de cultiver le célèbre sens of wonder anglo-saxon sous ses meilleurs auspices. Ici, il nous revient dans un roman se revendiquant de la hard SF moderne dont la thématique s'inspire des voyages intergalactiques et des Navire étoile à la E.C. Tubb. Nous voici donc embarqués sur le Leonora Christina avec une équipe d'une cinquantaine de scientifiques et de membres d'équipage triés sur le volet afin de rejoindre la lointaine étoile Beta Virginis pour tenter de découvrir une planète où la vie humaine pourrait prospérer. Forcé d'avoisiner la vitesse de la lumière pour parcourir ces incommensurables distances, le navire doit constamment accélérer (d'où la variable Tau du titre). Tandis que l'auteur s'attache à nous décrire les rapports humains complexes qui s'établissent au sein de cette coquille d'humanité en miniature, une panne du système de freinage pousse l'astronef à accélérer à l'infini avec, pour conséquence, l'impossibilité d'atteindre la cible tant recherché par cette première expédition interstellaire. Flirtant sans vergogne avec les paradoxes (on peut aller plus vite que la vitesse de la lumière qui est en soit indépassable!!) Poul Anderson nous propose un cours de physique loin d'être rébarbatif que vient habilement compléter la passionnante postface de l'astrophysicien Roland Lehoucq. Bien entendu, outre l'aspect scientifique proprement dit, l'intérêt du roman porte également sur les rapports humains finement décrits entre des personnages confrontés à un voyage sans retour où, besoin de croisements génétiques oblige, ils devront apprendre à faire tomber pas mal de tabous, comme par exemple la pérennité du couple. Des péripéties bien marquantes des œuvres de la fin des années 60 qui me rappellent un film où les survivants mâles de l'Humanité réfugiés dans une base polaire après une catastrophe atomique devaient se passer tour à tour les rares femmes restants afin de perpétrer l'avenir de l'espèce et d'assurer l'équilibre psychologique du groupe. Cependant, il ne faut pas croire pour autant que le roman est mal vieilli. Ce serait mal connaître le talent d'écriture de cet auteur qui, mieux que quiconque a su insuffler à cette aventure supra-humaine un incontestable souffle poétique comblant les attentes d'un lecteur qui tout au long de ces 350 pages n'aura pas vu passer le temps, autre sujet fondamental du roman. A lire donc pour tous les amoureux de la SF qui ne pourront que se féliciter la découverte tardive de cette perle dont la mise en français a été assurée par le méticuleux Jean-Daniel Brèque, auteur également de la préface du livre.
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