dimanche 23 août 2015

Récits du Vieux Royaume
(Recueil) Heroic Fantasy
AUTEUR : Jean-Philippe JAWORSKI (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 520, 4/2015 — 1154 p., 15.90 €
SERIE : Récits du Vieux Royaumes 1 & 2
COUVERTURE : Hervé Leblan
SOMMAIRE :
JANUA VERA
(Recueil de nouvelles)
Sommaire :
Janua Vera
Montefellone
Mauvaise donne
Le  service des dames
Une offrande très précieuse
Le conte de Suzelle
Jour de guigne
Un amour dévorant
Comment Blandin fut perdu
Le confident
Précédentes publications :
● Les Moutons Electriques-Nouvelles et romans, 5/2007 — 320 p., 20 € — Couverture de Howard Pyle — illustrations de Joseph Clement Coll & Joseh G. Gould  (sans Montefellone, Un amour dévorant et Comment Blandin fut perdu)
● Les Moutons Electriques-La Bibliothèque Voltaïque 14, 4/2010 — 416 p., 26 € — Couverture de Howard Pyle — illustrations de Joseph Clement Coll & Joseh G. Gould
● Gallimard-Folio SF 332, 3/2009 — 496 p., 10 €— Couverture de Charles Hoffbauer (sans Montefellone et Comment Blandin fut perdu)
● Les Moutons Electriques-La Bibliothèque Voltaïque 14, 8/2014 — 688 p., 27 € — Tirage limité de 1500 exemplaires, couverture rigide, titre embossé, tranches peintes jaune vif, signet et tranche-fil noir.
● Gallimard-Folio SF 332, 2/2015 — 496 p., 10 €— Couverture de Hervé Leblan (sans Montefellone et Comment Blandin fut perdu)
Critiques : actusf.com (Jérôme Vincent-Interview) - actusf.com (Clément Bourgoin) – Bifrost 48, 11/2007 (Laurent Leleu) - cafardcosmique.com (Mr.C-Interview) - forgesonge.org (Anonyme) -  noosfere.com (Bruno Para) -  yozone.fr (Henri Bademoude)
→ Né du rêve d'un conquérant, le Vieux Royaume n'est plus que le souvenir de sa grandeur passée... Une poussière de fiefs, de bourgs et de cités a fleuri parmi ses ruines, une société féodale et chamarrée où des héros nobles ou humbles, brutaux ou érudits, se dressent contre leur destin. Ainsi Benvenuto l'assassin trempe dans un complot dont il risque d'être la première victime, AEdan le chevalier défend l'honneur des dames, Cecht le guerrier affronte ses fantômes au milieu des tueries... Ils plongent dans les intrigues, les cultes et les guerres du Vieux Royaume. Et dans ses mystères, dont les clefs se nichent au plus profond du cœur humain... Tiré de l’expression latine qui signifie « la vraie porte » et qui a donné notre mois de janvier, Janua Vera met en scène Leodegar le Resplendissant, un conquérant autoproclamé Dieu, qui a fondé le royaume de Leomance, et qui, troublé par un rêve récurrent, néglige désormais les affaires de son royaume.  Mauvaise donne nous narre la première aventure de Benvenuto Gesufal, patronyme emprunté au Jours des rois de Victor Hugo. Un personnage sans scrupule, mais néanmoins attachant que l’auteur développe dans son roman Gagner la guerre (Moutons Electriques, 2009). Au service des dames nous renvoi à l’univers des romans de chevalerie, tandis que Une offrande très précieuse nous parle du déferlement de hordes barbares. Le conte de Suzelle revisite l’histoire du prince charmant et Jour de guigne joue dans la catégorie humour avec le portrait d’un fonctionnaire objet d’une malédiction plutôt rare. Et alors que Le confident nous plonge dans l’horreur d’un membre du clergé du Desséché qui se fait enterrer vivant pour vivre plus intensément son culte,  Un amour dévorant la nouvelle inédite présentée dans la réédition en poche, aborde la thématique de l’intrigue policière appréhendées à l’aune du merveilleux. Passionné d’Histoire Médiévale Jean-Philippe Jaworski créa tout d’abord des jeux de rôles amateurs médiévaux dans sa jeunesse, avant d’être l’auteur de jeux plus sophistiqués, Tiers Age et Te Deum pour un massacre, devenus des valeurs sûres de l’univers roliste, puis de se lancer aujourd’hui dans l’écriture avec ce premier recueil de nouvelles. Dans ces récits à la langue raffinée, où il est capable d’emprunter toute une panoplie de styles allant de Chrétien de Troyes à Terry Pratchett, Jean-Philippe Jaworski s’est d’abord servi du back ground du Vieux Royaume, destiné à être un univers de jeu avant de devenir un univers de fiction. Puis il y a fait évoluer des personnages archétypes du médiéval-fantastique l’assassin, le barbare, le paladin, le prêtre. Cependant, il a arrêté la comparaison, en s’efforçant de déstructurer ces héros préconstruits, en détournant les intrigues et en les extirpant du carcan bipolaire et manichéen où les enserrent bon nombre de récits de fantasy. Tout le reste se coule avec bonheur dans la précision d’une peinture médiévale apportant un profond réalise aux histoires ainsi contées et ramenant l’intérêt du lecteur au cœur de cités impossibles, à travers des batailles et des complots sordides, pour se rapprocher le plus possible des gens du peuple, paysannes, soldats abandonnés, rufians des quai, « tout ceux qui vivent vraiment dans le monde et qui ont toujours plus à perdre qu’à gagner » comme le dit si justement Laurent Kloetzer en quatrième de couverture. Puisant ses influences dans un large panel qui inclus bien sûr Tolkien, mais aussi Borges, Aloysius Bertrand, Gustave Flaubert, Victor Hugo, Robert Holdstock ou Guy Gavriel Kay, pour revenir à des écrivains contemporains, Jean-Philippe Jaworski nous offre 7 textes ciselés comme des petits diamants qui dépeignent des parcours initiatiques retraçant des récits d’aventures, même si certaines sont intérieures, des récits qui contiennent une confrontation réelle ou symbolique avec la mort et la destruction, en somme avec le pathos de la souffrance fidèle à l’esprit des héros des romans de chevalerie tels que Tristan et Iseut ou Lancelot et Guenièvre, et dont l’une des meilleurs représentants en ces pages est AEdan, le chevalier incorruptible, qui revient dans deux nouvelles. Le tout confère à ce recueil une atmosphère sombre voulue par l’auteur qui confesse faire reposer son esthétique sur les contrastes, les clairs-obscurs, rendant ainsi encore plus enivrant le jaillissement de lumière exhumée du plus profond de l’obscurité. A noter que trois de ces nouvelles, Jour de guigne, Une offrande très précieuse et Mauvaise donne ont déjà été publiée sur le site http://couroberon.free signées sous le pseudonyme d’Usher.
GAGNER LA GUERRE
(Roman)
Précédentes publications :
● Les Moutons Electriques- La Bibliothèque Voltaïque 9, 2/2009 —  688 p., 28 €  — Couverture de Arnaud Cremet
● Les Moutons Electriques-La Bibliothèque Voltaïque 9, 5/2010 —  672 p., 50 € —  Couverture de Sébastien Hayez —  Tirage spécial et numéroté à 70 exemplaires reliés sous couverture toilée rigide signes par l'auteur
● Les Moutons Electriques-La Bibliothèque Voltaïque 9, 8/2013 —  688 p., 29 € —  Couverture de Sébastien Hayez —  Tirage à 2000 exemplaires sous couverture nouvelle couverture fabrication luxueuse
● Gallimard-Folio SF 388, 2/2011 — 982 p., 12 €  — Couverture de Hervé Leblan
● Gallimard-Folio SF 388, 2/20151 — 982 p., 12 €  — Couverture de Hervé Leblan (présentation différente)
Critiquesactusf.com (Jérôme Vincent) - Bifrost 55, 7/2009 (Bertrand Bonnet) - cafardcosmique.com (K2R2) - noosfere.com (Jean-François Seignol)

→ Ceux qui ont eut le plaisir de faire la connaissance de Bienvenue Gesufal, le spadassin de la ligue des chuchoteurs, dans la nouvelle Mauvaise donne incluse dans le précédent recueil de Jean-Philippe Jaworski Janua Vera (Moutons Electriques et Folio) le retrouveront avec bonheur dans ce roman en tant que maître espion au service du Podestat Leonide Ducatore, le plus haut magistrat de la République de Ciudalia. Une République en position de force puisqu'elle vient de remporter une bataille navale décisive contre son ennemi de toujours, l'Empire de Ressine pour qui il n'est plus question que de défaite honorable. Désormais c'est l'heure du butin et, dans l'univers tourmenté du Vieux Royaume, ce n'est pas forcément le meilleur moment pour relever sa garde. C'est ce que pense justement le Podestat qui charge Benvenuto de réaliser bon nombre de ses basses œuvres et de ses missions sécrètes. Car, bien que paré des atours de la démocratie, alors que le reste du monde se soumet à des potentats locaux, monarques ou empereurs, la République et sa capitale Ciudalia, est minée par des conflits perpétuels entre les sénateurs qui la dirigent et par toutes sortes d'intrigues politiques. Dés lors, pour conserver intacte son influence le Podestat n'hésite pas à charger Benvenuto de traiter secrètement avec le Cha de Ressine. Malheureusement pour lui, son ambassade ne se déroulera pas comme prévue et il aura maintes fois l'occasion de faire preuve de ses talents de bretteur, voire d'assassin, hérité des bas fonds de Ciudalia, puis de son passage dans l'armée et les légions les plus dures, sans toutefois se départir de son caractère gouailleur et truculent, et surtout de sa capacité quasi féline à toujours retomber sur ses pattes quelles que soient les situations où il se trouve. Mélange de Venise, Naples, Florence et Rome du début de la Renaissance en ce qui concerne Ciudalia, parfait condensé d'une perle méditerranéenne dont on découvre avec ravissement les tortueux méandres et les splendides palais, et de vague Empire Ottoman pour l'Empire de Ressine, le récit plonge également ses racines dans la fantasy plus conventionnelle à travers les région septentrionales marquées du sceau du médiéval-fantastique avec elfes, nains et bon nombre de créatures surnaturelles. Accentuant la crédibilité du roman par un arrière-plan politico-historique qui s'articule parfois sur des références à notre propre Histoire sans véritable copie-coller, Jean-Philippe Jaworski crée avec la minutie d'un fan de jeu de rôle un univers passionnant traversé par une fascinante galerie de personnages, avec à leur tête un anti-héros narrateur pas épargné par les vicissitudes qui nous entraîne de rebondissements en rebondissements sans que la minutie des détail ne viennent affaiblir le souffle de l'aventure. Un réel grand roman qui démontre, si besoin était, que la Fantasy française sait se hisser au niveau de son homologue britannique lorsque des écrivains talentueux manient la plume et qu'ils réussissent à gagner la confiance de leurs éditeurs n'hésitant pas à prendre des risques commerciaux pour mieux diffuser leurs œuvres. Deux derniers détails à noter en ce qui concerne ce livre, d'abord que Libération a proposé sur son site un extrait lu par l'auteur enregistré par Frédérique Roussel aux Imaginales d'Epinal en mai 2009, et que les éditions Folio offraient lors de la première publication une petite plaquette de 14 pages reprenant un extrait du livre dans la même présentation que le reste de la collection et avec la même couverture que le roman.

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