dimanche 18 octobre 2015


Belle
(Roman) Merveilleux
AUTEUR : Robin McKINLLEY (Usa)
EDITEUR : POCKET-SF-Fantasy 7199, 6/2015 ─ 256 p., 7.30 €
To : Beauty, 1978
TRADUCTION : Sophie Dalle
Précédentes publications :
● Pocket-Science-Fiction/Fantasy 5489, 1/2013 — 192 p., 7.50 € — Couverture de Siudmak
● Mnémos-Dédales, 4/2011 — 240 p., 17 € — Couverture de Alain Brion
→ Depuis le chef d'œuvre de Jean Cocteau immortalisé par la prestation de Jean Marais au sommet de son art et de son ambiguïté, l'histoire imaginée par Mme d'Aulnoy de la rencontre de la beauté avec l'extrême laideur sublimée par le dépassement de l'amour n'a pas cessé d'enflammer l'imaginaire des romantiques de tous âges, allant même jusqu'à s'épingler au catalogue des productions Disney et des séries télévisées. S'inscrivant quelque peu en retrait de ses productions commerciales, l'adaptation que nous offre ici la romancière américaine Robin McKinley, déjà créditée chez nous du remarquable Casque de feu au Livre de poche Jeunesse (1987) et de Dragonhaven chez Mnémos, qui sort également en ce mois de juin 2015, nous propose une adaptation bien plus proche des domaines de la Fantasy que les précédentes productions plutôt centrées sur le domaine du merveilleux et, disons-le, pour certaines, du soap opera version infantile. Somme toute, l'histoire débute comme dans le conte. Belle est loin d’égaler la beauté de ses sœurs et se complait plus dans la lecture et sa passion des chevaux que dans l'ambiance des mondanités dont raffolent les jeunes filles de sa condition. Une condition revue à la baisse lorsqu’à la suite des revers de fortune de son père, toute la famille déménage pour une petite maison nichée au fond des bois. Là, le bonheur aurait put s'installer sous la forme d'une tranquille existence campagnarde si, un jour, leur père n'était pas revenu au foyer avec dans ses bagages l'histoire d'un château magique et de la promesse qu'il avait du faire à la terrible Bête pour l'occuper pour avoir la vie sauve. Dés lors, pleine d'abnégation, Belle devance les intentions de son père et s'auto-désigne pour partir affronter le monstre. C'est ainsi que commence son aventure. Ayant judicieusement choisi de nous narrer l'histoire à la première personne à travers le regard de Belle, l'auteur nous permet ainsi de mieux entrer dans l'intimité des personnages ainsi que dans la complexité des rapports émotionnels qui les font réagir. L'ensemble est donc rendu plus crédible, d'autant plus que la jeune héroïne est dépeinte d'une manière bien plus réaliste, sans clichés et mièvrerie particulières. S'attardant volontairement sur la vie érudite et parfaitement réaliste de Belle lors de son séjour à la ferme,  l'intrigue met encore mieux en valeur son existence au château de la Bête avec toute la magie qui l'entoure. Véritable roman initiatique centré sur le passage de l'adolescence à l'âge grâce à la découverte par l'héroïne d'une séduction personnelle qu'elle était loin de soupçonner, le récit suit les traces du conte, tout en s'échappant (pas trop cependant) des contraintes morales de l'époque où il a été écrit. Certains sont changements sont flagrants, comme la description des deux sœurs de Belle qui, contrairement à celles de Mme de Baumont, désagréables style celle de Cendrillon, sont deux créatures remarquables en beaucoup de points. Après la parution en grand format chez Mnémos, voici une relecture d’un conte qui méritait le détours.
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