vendredi 1 janvier 2016

Adamas Maître du jeu
AUTEUR :  Laurent LADOUARI (France)
EDITEUR : Pocket 16035, 1/2016 — 622 p., 8.40 €
SERIE : Volution 1
COUVERTURE : Christophe Evans
Précédente publication : HC Editions, 1/2014 sous le titre Cosplay — 408 p., 22 € — Couverture de Lorenze Petrantoni
→ Dans leur texte de présentation de l’auteur les éditions Pocket qui viennent de reprendre en poche le premier tome de la série Volution nous parle de Laurent Ladouari comme d’un écrivain prometteur né à Marseille et vivant à Paris, familier des milieux des grands groupes de médias et des cabinets ministériels où il a travaillé après ses brillantes études de diplômé de l’école Polytechnique et de l’école des Mines, qui a voulu transposer sa passion de la culture pop, de la peinture et de la Méditerranée en proposant une histoire écrite à la manière d’Alexandre Dumas et Jules Verne, mais remise au goût du jour pour les lecteurs de la saga Harry Potter. Personnellement, après avoir refermé ce livre captivant, j’y ajouterai des références science-fictives en rapprochant le récit de la série du Monde du Fleuve de Philip José Farmer. Le roman nous projette dans un proche futur où après la terrible Guerre du Pacifique,  la peau de chagrin du monde s’est rétrécie sur un seul continent coupé en deux par un Mur gigantesque qui sépare une capitale dominé par des oligarques sans pitié d’un monde extérieur à la misère croissante. L’histoire raconte l’OPA dévastatrice conduite par le Mystérieux Adamas, milliardaire objet de l’opprobre de la plupart de ses contemporains surnommé le gitan, qui a bâti un immense empire financier à l’origine notamment de la singulière école où sont formés les Nonpareils, des coupeurs de têtes puissance mille, choisis pour leurs capacités exceptionnelles et entraînés à développer des capacités psychiques hors du commun telle que l’art subtil de la suggestion. L’opa vise la société 1T, ancienne gloire de la fabrication de microprocesseurs, acculé à la faillite par des concurrents dynamiques tels que la redoutable Sinind installée en plein désert. L’intriguant dans tout cela c’est que le but avoué d’Adamas dans le rachat de 1T consiste à la détruire de l’intérieur. Pour cela il a décidé de faire participer l’ensemble de son personnel à un jeu obligatoire, le Cosplay. Et c’est là qu’intervient mon parallèle avec la série de Philip Jose Farmer racontant la résurrection dans une sorte d’univers parallèle de personnages historiques ou connus tels que Mark Twain, Richard Burton ou Herman Göring, amenés à y survivre de toutes les manières possibles. Or, dans le Cosplay, les joueurs sont invités à porter masques dissimulant leur véritable identité et empruntant celles de personnages célèbres et hétéroclites comme Madonna, Périclès, Jules César, Karl Max, etc… et même celui du fondateur de 1T, le mythique Nikola Protéus, ancien professeur de physique à l’école des Nonpareils. Dans la peau de ces sortes d’avatars les joueurs de Cosplay, où tous les coups sont bien sûr permis, utilisations d’armes comprises, dévoileront leurs véritables visages et leurs profondes rancœurs sur un fond de conflits de complots et de trahisons en tous genres précipitant l’entreprise dans le chaos, ce qui est justement le but du jeu. Mais parmi ces joueurs, Katie Dûma, pupille de la fondation Phénix créée par Adamas, toute jeune embauché de 1T, va utiliser toutes les ressources de son jeune talent pour s’opposer à la destruction programmée de la société de Proteus. A cet effet, elle remettre au goût du jour avec d’autres l’idée de conception d’une intelligence artificielle qui permettrait de modifier la donne en présence. Alternant les chapitres de narration pure et ceux nous introduisant au cœur même du jeu sous formes de dialogues entre joueurs, Laurent Ladouari nous concocte une galerie de personnages  tout a fait représentatifs d’un océan de  démocratie en décomposition dans lequel nagent des requins bien décidés à à se tailler la part du lion au sein du monde nouveau qui pourrait bien émerger de ces restes de civilisation allant droit dans le mur. Tancrède Malatesta devenu le bras droit d’Adamas après avoir hérité du fabuleux empire mafieux de son père, alors que son frère Julien a refusé ce legs nauséabond et vit en parfait anonyme dans la maison du père de Kathy Dûma. Franz Cabral, président de la Financière Ca’d’Oro, et meilleur ami d’Adamas. Ayako Miyazaki, maître de jeu experte dans le domaine du Cosplay ou Natacha Bolkonkskaïa, nonpareille devenue une tueuse accomplie, sans oublier Morad Aftani, simple voiturier de 1T aux capacités insoupçonnables ou Tycko Tartessov, directeur de l’information de la même 1T et génial inventeur qui a participé à l’essor de cette société aux côté du génial Protéus. Le tout débouche sur un roman protéiforme à la fois récit d’aventure et d’anticipation nous plongeant en pleine ambiance culture geeks avec des zestes de références orientales pour un voyage en eaux troubles au sein d’un univers rongés par les soubresauts d’un capitalisme débridé qui, par certains côtés peut nous rappeler quelques péripéties de notre propre quotidien et dont nous suivrons les prochains développement dans L’or des Malastesta, 2ème épisode de la série prévu aux éditions HC en mas 2016.
Autre couverture :

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