mercredi 13 avril 2016

Martiens go home !
(Roman) Science Fiction Humoristique
AUTEUR : Fredric BROWN (Usa)
EDITEUR : gallimard6Folio SF 6, 2/2016 — 219 p., 8.80 €
TO : Martians go home !, Dutton, 1955
TRADUCTION : Alain Dorémieux
COUVERTURE : Frédérik Peeters
Précédente publication :
● Denoël-Présence du Futur 17, 2/1957 — 192 p., 7.50 € — Couverture non illustrée (comète stylisée orange)
● Editions Rencontre-Les Chefs d’œuvre de la science-fiction, 4/1970 — 272 p., 12 € — Couverture non illustrée (relié cuir)
● Denoël-Présence du Futur 17, 2/1957 — 192 p., 7.50 € — Couverture non illustrée (comète stylisée verte)
● CAL-Les Chefs d’œuvre de la science-fiction, 5/1973 — 256 p., 15 € — Couverture non illustrée cartonné (comprend également : Les Myeups, Entité piège & Cauchemar)
● CAL-Les Chefs d’œuvre de la science-fiction, 5/1973 — 256 p., 15 € — Couverture & illustration de Boghossian, cartonné (comprend également : Les Myeups, Entité piège & Cauchemar)
● Denoël-Présence du Futur 17, 2/1979 — 192 p., 7.50 € — Couverture Stéphane Dumont
● France Loisirs, 10/1982 — 192 p. 9.50 € — Couverture Young Arstits VLOO
● Denoël-Présence du Futur 17, 4/1994 — 192 p., 7.50 € — Couverture Joëlle Coulombeau
● Gallimard-Folio SF 6, 9/2000 — 224 p, 6.50 € — Couverture Frank Kelly Freas
« Salut Toto, c'est bien la Terre ici ? ». Il faut attendre la page 21 de cette réédition Folio de l'inénarable chef d'oeuvre de Fredric Brown pour réaliser que l'on ne va pas s'ennuyer dans ce court roman qui s'intègre parfaitement dans l'atmosphère de guerre froide où il a été écrit, Il est vrai que voir débouler sur notre planète déjà empétrée dans ses problèmes de crimes, d'injustice, de paranoïa militaire et de relations hommes femmes pour le moins orageuses, de petits hommes verts capables de « couiner » c'est à dire de se téléporter n'importe où dans une fraction de seconde, et de voir à travers tout ce qui est opaque a de quoi bouleverser le train train quotidien de l'américan way of life, Plus d'intimé désormais possible face à ces êtres venus d'ailleurs qui se montrent à la fois exaspérants, exécrables, bourrus, corrosifs, grossier, injurieux, impudents, korriganesques, malhonnêtes, perfides, pernicieux, railleurs, truculents, vexatoires et... wisigothiques, pour ne citer que quelques uns des qualificatifs qui leur vont comme un gant. Racontée à travers le point de vue de Luke Devereaux, un écrivain en panne d'inspiration, mais pas de bouteilles d'alcool, la rencontre nous propose une sorte d'effet miroir sur les défauts de notre propre humanité (contrairement à nous, les martiens ne savent pas mentir) mis en exergue par les excentricités de ces bonshommes sans gêne qui rendent dorénavant dérisoires toutes les manifestations de l'excès de pouvoir (disparition de la stratégie du secret et de toutes les implications belliqueuses qui en découlaient), Heureusement, l'arrivée, digne de La guerre des mondes de Wells dans le prologue introductif, de ces êtres sans foi ni loi servira à notre héros de circonstances à reconquérir l'élue de son cœur, zappée un peu trop vite de sa vie. Sans oublier un inévitable retournement de situation qui lui permettra de s'inscrire en figure de proue parmi les tentatives désespérées de luttes contre cet ennemi extérieur devenu en quelques secondes le pire des ennemis intérieurs. Bien entendu, pour les cinéphiles avertis, on conseillera de se tourner vers le Mars attack de Tim Burton pour trouver une version plus guerrière mais tout aussi dégantée de cette invasion que nous avons bien méritée. Notons que l'illustration de couverture de Frederik Peeters exprime à merveille toute la drôlerie de ce livre qui, en dépit du temps qui passe, reste une valeur sure de la littérature de SF made in USA portée par des écrivains parfois prophétiques lorsque, par exemple le Martien go home de cette histoire sera replis plus tard à travers le célèbre  Us go home de la la guerre du Vietnam.

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