jeudi 5 mai 2016

Les petites fées de New York
(Roman) Merveilleux
AUTEUR : Martin MILLAR (Royaume Uni)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 536, 1/2016 — 354 p., 8,20 €
TO : The good fairies of New York, 1992
TRADUCTION : Marianne Groves
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédente publication : Editions Intervalles, 4/2009  — 304 p., 19 € — Couverture non illustrée
Lorsque Neil Gaiman en personne prend la peine d'écrire la préface élogieuse d'un roman, en soit, cela représente déjà un gage de bonne lecture promise, Et le roman de l'écossais Martin Millar ne nous déçoit pas. Les fées à New York, tout au moins les créatures de l'imaginaire, on connaît, ne serait-ce qu'à travers la BD Ekhö de Arleston et Barbucci (ed. Soleil). Ais Millar, c'est autre chose… Oubliez les fées Clochette et consort de l'univers Disney et faites la connaissance avec Morag McPherson et Heather MacKintosh, deux petites fées écossaises qui, après un soir de bonne cuite, se retrouvent catapultées dans un New York tentaculaire bien différent de leur ancien environnement campagnard. Alcooliques, toujours emmêlé dans le conflit ancestral qui agite leurs clans respectifs, elles décident, travail de fée oblige de s'attacher à améliorer le quotidien des quelques humains égarés dans ce monde de brute qu'elles ont pris sous leur coupe car ils ont la capacité, et pour certains le malheur, de les voir. Dinnie, ennemi de l'humanité en surcharge pondéral et pire violoniste de New York fait parti des élus. Musiciennes hors pair, bien que l'idée de jouer les Ramonès sur leurs violons ait suscité un certain émoi parmi le peuple de la féerie, nos pétillantes écossaises s'attacheront à son cas avec un soin qui, pour lui, frisera la persécution. Il faut dire, à leur décharge, que Dinnie joue sans le savoir sur le plus légendaire violon d'Ecosse, un viatique qui, s'il le leur donnait, leur permettrait de lever la procédure de bannissement dont elles ont fait l'objet après une sombre histoire portant sur la détérioration de l'honorable bannière des McLeod. Mais elles s'occuperont également de la jolie Kerry, atteinte de la maladie de Crohn et qui passe son temps à mettre la dernière touche à son alphabet de fleurs, Magenta, la clocharde qui se prend pour Xénophon et rejoue l'Anabase en plein Manhattan, sans oublier le fantôme de Johnny Tender en quête de sa guitare fétiche et un mystérieux pavot à 3 têtes. N'oublions pas les écureuils de Central Park qui parlent comme vous et moi (mais qui ne croient pas aux fées, eux!) et les autres fées du coin, chinoises, italiennes et africaines, qui ne voient pas d'un bon œil l'arrivée de ses empêcheuses de tourner en rond blackboulant quelque peu leurs sacro-saintes règles de vie et empiétant sur leurs territoires respectifs. Parfait manieur d'intrigues, comme il a su si bien le faire avec la série de Thraxas dont les premiers volumes sont parus en France aux éditions Fleuve Noir, Martin Millar s'amuse également à nous délocaliser en nous ramenant dans l'Ecosse natale des fées soumise désormais au dictat d'une révolution industrielle imposée contre laquelle se dresse un certain Aelric qui se sert d'une ancien ouvrage du président Mao pour, du fin fond de son Cornouailles, semer la pagaille dans la nouvelle organisation plongeant le Petit Peuple dans le désespoir d'un travail de 12 heures par jours. Poursuivies par les fées vengeresses que le roi Tana, craignant pour sa couronne, a lancé à leur poursuite, nos deux comparses querelleuses vont semer la zizanie partout où elles passent entraînant dans le sillage de leurs catastrophes pavées de bonnes intentions tous ceux qui croiseront leur route de poudre et de paillettes, Et, après tout cela, vous pensez encore que vous allez vous ennuyer durant ses 354 pages… Que nenni ! Croyez-moi, vous en redemanderez, et ça tombe bien car vous pourrez retrouver martin Millar chez Intervalles avec ses deux romans du cycle de Kalix le loup-garou (Kalix le loup-garou solitaire et Kalix, la malédiction de la loup-garou) deux livres qui, comme pour Les petites fées de New York ont le mérite de faire pénétrer le merveilleux dans notre univers quotidien en faisant endosser aux créatures qui l'habitent des  costumes proches des nôtres avec leur lot de mensonges, de traîtrises, de perfidie, mais aussi de tendresse, d'humour et parfois de grivoiserie.
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