lundi 10 octobre 2016

Le tournoi des ombres
(Roman) Steampunk
AUTEUR : Hervé JUBERT (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 544, 3/2016 — 317 p., 8 €
SERIE : Georges Beauregard 2
COUVERTURE : Camille Alquier
Précédentes publications : Le Pré-aux-Clers-Pandore, 10/2016 — 336 p., 16 € — Couverture de dpcom.fr
→ Déposé enfant à l’Hôtel Dieu, à cheval depuis entre le monde des fées et celui des hommes, l’ingénieur mage Georges Beauregard revient émoustiller nos papilles de lecteurs avec une nouvelle aventure qui l’entraîne sur les rivages nébuleux de la Tamise, au cour même de l’envoutante New London. Après avoir sauvé l’empereur Obéron III, celui-là même qui entend éradiquer la féerie de Sequana, menacé par Asmodée, une entité maléfique ayant pris, le contrôle du train des morts, notre agent des Affaires Etranges croyait bien pouvoir jouir d’un repos mérité. Mais voila que ce ministère imprévisible l’envoie à New London afin de préparer auprès de la reine Victoria la visite d’Oberon et de son épouse Titania. Accompagné de Jane, la jeune femme douée de vision qu’il a sorti d’un puits, il part donc pour la capitale d’une perfide Albion qu’il ne porte pourtant pas dans son cœur. Là-bas, il sera secondé par John Dee, le célèbre psychomancien quais immortel, pour qui la capitale albionnaise n’a aucun secret. Mais, tandis qu’un garçon en colère parvient à faire évader de trois femmes de la prison de Mont-Tombe, notre héros qui ne rêvait jamais jusqu’à ce que un succube l’empoisonne et lui fasse partager les derniers instants de Gérard Labrunie, le poète de la féerie, se trouve vite englué dans les replis voraces du smaug tandis qu’un véritable flot de cadavres commence à émerger des volutes du brouillard. Heureusement ce New London dsychronique bâti sur les ruines du Londres de 1666, est un endroit qui recèle bien des surprises pour un ardent défenseur des créatures de la magie. Car ici, loin d’être persécutée par les avancées de la pensée Hausmanienne dévoreuse de Séquana, l’avatar fantasmé de Paris, elles représentent prés de 50% de la population et il n’est pas rare de croiser au sein des ruelles encombrées un centaure, trottinant auprès d’un cab à vapeur. De plus cette virée outre-Manche au moment de l’ouverture des cérémonies destinées à fêter l’ouverture du fameux pont sous le Detroit lui permettra de côtoyer toute une brochette de personnages hauts en couleur tirés tout droit de notre propre réalité et quelque peu améliorée, allant du perspicace Sherlock Holmes à l’énigmatique Polidori, en passant par Gustave Doré, Charles Dickens, Victor Hugo, l’ombre de Gérard de Nerval, l’explorateur Richard Francis Burton et un certain capitaine… Nemo. Autant dire que l’auteur convoque avec une jubilation communicative tous ces dévoreurs d’aventures servent d’architecture à un décor sublimé d’inventions magiques, tandis que l’intrigue se développe comme une véritable enquête policière basée sur la traque d’un hypothétique cerveau cherchant à  nuire à la rein Victoria en s’en prenant au couple de visiteurs illustres que représenté par Oberon III et Titania. Et pour corser l’arôme de son cocktail aux saveurs steampunk, Hervé Jubert nous plonge dans les pensées intimes d’un Beauregard lancé, comme sa complice Jane, dans une ardente quête de ses origines et dans une ardente recherche du père dont la figure tutélaire demeure enfouie dans les brumes d’un lointain et équivoque passé. Assurément un second tome qui confortera la puissance évocatrice de l’univers esquissé dans le premier volet, Magies secrètes, sans recourir cette fois aux longues notes au abs des pages et à l’index de fin de volume, mais en nous conduisant par la main au sein d’un récit où le merveilleux obéit bien à sa définition première : nous éloigner du cours naturel des choses pour nous plonger dans un surnaturel empreint d’une fascinante magie.
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