dimanche 12 février 2017

Thya
(Roman) Aventures Fantasy
AUTEUR : Estelle FAYE (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 564, 12/2016 — 368 p., 8,20 €
SERIE : La voie des Oracles 1
COUVERTURE : Pierre Droal
Précédente publication : Scrinéo, 10/2014 sous le titre La voie des oracles — 352 p., 16.90 € — Couverture de Aurélien Police
Les autres titres de la série : 2.Enoch – 3.Aylus
Dans la Gaule du V° siècle après Jésus-Christ, bien qu’il soit devenu chrétien, l’Empire romain continue néanmoins d’abriter au sein des territoires régis par la pax Romania des créatures issues de l’ancienne magie, tel le Faune qui assiste sans le vouloir à la tentative d’assassinat perpétrée sur le général romain Gnaeus Sertor, le célèbre héros vainqueur de Othon le Vandale. Tentative, puisque ce dernier n’est que grièvement blessé, au grand désappointement de son fils, l’ambitieux et sans scrupule Aedon, qui complote pour prendre sa place. Afin de le sauver sa fille, la jeune Thya, décide de s’enfuir de sa villa d’Aquitania afin de gagner la cité-forteresse de Brog, bâtie non loin du lieu où Gnaeus vainquit naguère les barbares,  et d’utiliser les pouvoirs que son père lui a imposé de toujours cacher. Car Thya est la dernière Oracle capable de prédire l’avenir et représente un atout important dans la manche des Anciens Dieux qui n’ont pas tous disparus, comme le rusé Sylvanius. Traquée par des mercenaires à la solde de son frère, Thya va bientôt lier son destin à celui d’Enoch, deuxième personnage central de ce roman, un Maquilleur professionnel, fils d’une prêtresse barbare dont il a hérité une partie des pouvoirs de dissimulation lui permettant de gagner sa vie en indiquant aux jeunes femmes les meilleurs moyens de mettre en valeur leur beauté. Etant parvenu à rejoindre Paulus Metius, un ancien centurion ayant jadis servi sous les ordres de son père, elle échappe grâce à lui aux maraudeurs qui tentent de la tuer. Cependant, elle finit par tomber dans les griffes du père abbé Théodose en guerre contre tout ce qui se rapproche des païens, des magiciens, des augures et de tous le suppôts des faux dieux qui n’attendent qu’une occasion pour briser l’élan d‘un christianisme montant en puissance dan la Gaule et l’Empire Romain tout entier. Ce dernier la conduit à Andemantunnum, la plus grande cité de Gaule, afin de lui offrir un procès en sorcellerie des plus expéditifs. Une ville où Aedon s’est trouvé un nouvel allié en la personne de Flavius Namitius, le fils bedonnant et oisif du proconsul Flavius Salone. Cependant, les deux prisonniers réussissent à s’échapper et son amenés à Gnaeus Aylus, le Diseur des Monts, chef de la révolte des barbares contre l’autorité romaine et frère de Gnaeus Sertor qui lui doit sa propre gloire. Tourmenté par les visions qu’elles ne parvient pas à contrôler, irrésistiblement attirée par la personnalité trouble d’Enoch, confrontée aux révélations sur la passé trouble de son propre père, la jeune Oracle doit continuer à se soustraire aux recherches de son frère, tout en ne connaissant pas encore le rôle primordial qu’elle doit jouer dans une partition compliqué où les Frontières entre l’En-Dessous et la surface sont devenues poreuses depuis que la nouvelle religion a affaibli les gardiens des Enfers, et que certains Anciens voudraient utiliser ses pouvoirs pour leur propre compte. Le premier tome d’une trilogie qui nous plonge à merveille dans l’ambiance de cette Gaule gallo-romaine grignotée par les avancées du christianisme ou survie une mythologie antérieures arborant encore de beaux reste, le tout décrit avec un soin méticuleux apporté au moindre détail, géographie, flore, faune, décors, urbains, tenus des personnages, avec leurs us et leurs coutumes. Une époque où Estelle Faye arrive à marier à merveille l’aspect historique très bien documenté avec des apparitions fantastiques plongeant leurs racines dans le merveilleux, un peu comme l’avait fait Henri Loevenbruck dans son cycle de la Gallica dans un livre dont l’intrigue se déroule au fil des pages tels les anneaux d’un serpent dont le lecteur est invité à suivre les palpitantes reptations.
Autre couverture :

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