jeudi 6 juillet 2017


Le cercle de Farthing
(Roman) Unchronie
AUTEUR : Jo WALTON (Royaume-Uni)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 572, 2/2017 — 411 p., 8,80 €
SERIE : Le subtil changement 1
TO : Farthing, 2006
TRADUCTION : Luc Carissimo
COUVERTURE : Sam Van Olffen
Précédente publication : Denoël-Lunes D’Encre, 1/2015 — 352 p., 21.50 € 
Récemment, les éditions Denoël nous avaient permis de redécouvrir le fameux SS-GB de Len Deighton, uchronie où l’on voyait l’Angleterre envahie par le Reich et ployant l’échine sous la dictature des officines à la Croix Gammée. Dans ce roman du même catalogue Denoël, que les éditions Folio reprennent aujourd’hui en poche, l’Angleterre n’a pas perdu la guerre, mais a signé une « paix dans l’honneur » fin 1941, après l’éviction du pouvoir de Winston Churchill (fusillé dans SS-GB). Cependant, la trajectoire dans laquelle s’inscrit désormais l’Empire Britannique, n’a rien de reluisante, car, dans le sillage du traité signé sous les auspices du très pro-germanique Sir James Thirkie, la défiance envers le peuple hébreux est devenue monnaie courant au sein de la  pas très vertueuse Albion. Comme dans le roman de Deighton, ce récit nous propose,  à travers la trajectoire protagonistes bien définis, de découvrir comment l’Angleterre a su, ou non, résister à l’influence envahissante du fascisme ambiant, alors qu’En Amérique, Lindbergh élu président à fait interdire l’entrée du territoire aux juifs. L’intrigue, telle celle d’un roman policier d’Agatha Christie, nous entraîne dans un huis clos oppressant au sein d’un Royaume Uni de l’année 1949 où trouvent refuge les Juifs persécutés en Europe, car les anglais n’ont pas encore promulgué le port de l’étoile jaune, bien que les relents antisémites, anti-communistes et homophobes soient désormais monnaie courante dans le pays depuis que le Cercle de Farthing, groupe de jeunes politiciens aux dents longues, a facilité le rapprochement avec Adolf Hitler et son victorieux Troisième Reich. Le Cercle, justement a choisi de se réunir dans la luxueuse demeure de la famille Eversley, propriétaire  du fameux manoir de Farthing qui a donné son nom à leur congrégation. Bien entendu, Lucy, la fille des châtelains, est de la partie, bien que son mariage avec David Khan, juif de son état, l’ai mise depuis peu au banc de la famille. Bientôt cependant les choses vont se compliquer pour elle avec l’assassinat Sir James Thirkie qui briguait le poste de Premier Ministre avant de se retrouver mort avec une dague planté dans la poitrine au milieu d’une étoile jaune ensanglantée. Comme de juste, les soupçons convergent vers David Kahn, le bouc-émissaire idéal.  Cependant outre, Lucy, qui est convaincue de l’innocence de son époux, l’inspecteur Anthony Carmichael envoyé par Scotland Yard pour mener l’enquête n’est pas loin de partager son avis et n’entends pas se laisser abuser par des preuves bien trop flagrantes pour être plausibles. Dès lors nous allons suivre le fil de l’enquête au rythme de chapitres qui alternent les points de vue à la première personne de Lucy, engluée dans les méandres d’une aristocratie britanniques de plus en plus réactionnaires, malgré les tendances homosexuelles de la plupart des acteurs de ce livre, et celui à la troisième de l’inspecteur Carmichael adepte de la vérité, comme son émule le commissaire principale Archer, surnommé l’Archer du Yard, dans le déjà nommé SS-GB. Peinture sans concession d’’une aristocratie anglaise ultra-conservatrice prête à toutes les bassesses pour conserver ses prérogatives où va bientôt sévir Mark Norman-by, meilleur ami de Sir Thirkie, désigné Premier Ministre et adeptes de la manière fort pour faire régner l’ordre, ce roman joue sur la tension provoquée par l’avancée de l’enquête policière au fur et à mesure des révélations qui alternent au fil des chapitres centrés sur Lucy et l’inspecteur Charmichael. Ménageant ainsi brillamment le suspens,  il vient s’inscrire avec brio dans cette thématique uchronique d’un Angleterre subversive et guère enthousiasmante mise en valeur par des romans tels que La séparation de Christopher Priest (Fleuve Noir) ou Fatherland de Rober Harris (Fayard, puis Pocket).
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