mardi 24 novembre 2009

HENNEN Bernard (Allemagne)
Né en 1966, à Krefeld, en Allemagne, cet auteur a suivi des études à Cologne avant d’exercer le métier de journaliste pour plusieurs magazines et radio. Publiant son premier roman (Das jahr des greifen) en 1994 avec Wolfgang Hohlbein, il a rédigé des modules d’aventures pour jeux de rôle et le scénario d’un jeu vidéo, puis s’est tourné vers le roman historique et la Fantasy où il acquis ses lettres de noblesses avec la série des « Elfes » qui a rencontré un énorme succès dans son pays d’origine
◊ Pierres d’Albes (Roman) High Fantasy
Bragelonne-Milady, 6/2009 — 354 p., 20 € — Ser. : Les Elfes 3 — Die elfen, Heyne Verlag, Munich 2004 — Tr. : Nelly Lemaire — Couv. : Michael Welply & Miguel Coimbra

→ Pour ce nouveau tome représentant la troisième partie de la traduction du premier volume allemand nous retrouvons la fascinante compagnie formée par les deux elfes Farodin et Nuramon et par le jarl humain Mandred. Ensemble, après avoir surmonté de rudes épreuves, ils sont parvenus à retrouver le chemin de l’île du Monde Brisé où est enfermée Noroelle, la bien aimée des deux elfes. Cependant, ils n’ont pas pu franchir les barrières magiques dressées par Emerelle, la reine des elfes. Pour réussir à forcer cette porte magique ils retournent dans la bibliothèque d’Iskandrie dans l’espoir de trouver la trace d’une Pierre d’Albes, le seul artefact qui leur permettrait de délivrer Noroelle. Mais la cité, tombée aux mains des prêtres de Tjured, des fanatiques qui adorent qu’un seul dieu et dont la puissance ne fait que s’accroître. La rencontre d’un djinn de vieille connaissance les met sur la trace de l’opale de feu, la pierre d’albe des djinns sertie dans la couronne perdue du maharadja de Berseinischi. Accompagnée désormais par, Yulivée, une petite elfe, ultime survivante du peuple des elfes libres de Velmas massacrés par les chevaliers blancs de Tjured, ils se mettent en quête de cet objet prestigieux. Un périple qui les envoie tout d’abord à Fargon, l’antre des prêtres de Tjured, qui ont entrepris de trouver et de détruire toutes les Etoiles d’Albes afin de fermer les portes conduisant à Albemark, le monde des elfes, représentant pour eux la patrie des démons. Là-bas, grâce à une initiative risquée de Yulivée, ils apprennent que les Chevaliers de l’Ordres préparent une flotte destinée à fondre sur Firnstayn, le village de Mandred. Dés lors les deux elfes interrompent leur quête et, tandis que Mandred vient avertir les siens du danger qui les menace, ils retournent à la cour des elfes dans le but de demander l’aide d’Emerelle, la reine des elfes. Face à l’invasion des adorateurs de Tjured, qui soumettent peuples après peuples, cette dernière décide d’honorer le pacte passé jadis avec Mandred et envoie sa flotte combattre avec les humains. Cependant, tandis qu’elle invite Nuramon à partir sur son bateau pour participer à la prochaine bataille, Farodin est invité à servir d’otage sur le navire d’Ogrim, le duc des trolls, une espèce qui lui vouait une rancune tenace. Toutefois, d’autres ennemis encore plus coriace, et notamment l’inévitable dévianthar, se dresseront encore sur le chemin des trois valeureux compagnons désormais engagés dans une guerre sans merci mettant aux prises les peuples livres aux prêtres fanatiques de Tjured. La suite d’une série qui a valu à son auteur la consécration dans son pays, avant que sa renommée ne s’étende par delà la frontière allemande.
Les autres titres de la série :
1.La chasse des elfes
2.Etoiles d'Albes
3.Pierres d'Albes
HENNEN Bernard (Allemagne)
Né en 1966, à Krefeld, en Allemagne, cet auteur a suivi des études à Cologne avant d’exercer le métier de journaliste pour plusieurs magazines et radio. Publiant son premier roman (Das jahr des greifen) en 1994 avec Wolfgang Hohlbein, il a rédigé des modules d’aventures pour jeux de rôle et le scénario d’un jeu vidéo, puis s’est tourné vers le roman historique et la Fantasy où il acquis ses lettres de noblesses avec la série des « Elfes » qui a rencontré un énorme succès dans son pays d’origine
◊ Etoiles d’Albes (Roman) High Fantasy
Bragelonne-Milady, 3/2009 — 324 p., 20 € — Ser. : Les Elfes 2 — Die elfen, Heyne Verlag, Munich 2004 — Tr. : Nelly Lemaire — Couv. : Michael Welply
→ Bien décidée à protéger son monde magique d’Albermark des entreprises démoniaques du perfide Devianthar, Emerelle, la reine des elfes a fermé toutes les portes qui permettent de rejoindre l’Autre Monde. Un problème de taille pour les deux elfes Farodin et Nuramon et leur ami humain, le vaillant Mandred Torgridson. En effet alors qu’ils sont revenus victorieux du monde des hommes après avoir participé à la mort de Guillaume, la créature engendrée par le Dévianthar, ils se retrouvent coincés dans le monde d’Albermark. Mandred ne peut plus retourner vers les siens, et les deux elfes voient se fermer le chemin menant au Monde Brisé, ce territoire hostile où la reine des elfes a exilé Noroelle, l’élue de leur cœur. Mais les deux elfes ne perdent pas espoir, et décident de partir à la recherche de la jeune femme. Mandred, coupé du monde des hommes, se résout à les accompagner. Cependant, pour quitter Albemark, ils doivent apprendre à utiliser les sentiers et les étoiles d’albes qui seuls permettent de voyager entre les mondes. Or, en dépit de tous leurs talents, les deux elfes ne maîtrisent pas assez cette difficile magie. Heureusement le chêne-faune, un arbre ami et protecteur de Noroelle, parvient à leur enseigner des rudiments de ce savoir qui leur permettent d’ouvrir une nouvelle porte. Toutefois, celle-ci ne les conduit pas tout de suite dans le Monde Brisé et afin d’atteindre Noroelle ils vont effectuer des bonds successifs entre les mondes où le temps s’écoule différemment, notamment entre celui des hommes et celui des elfes. Tandis que leur amitié naissante est mise à rude épreuve par les embûches semées sur leur chemin, ils ne tardent pas à porter une appréciation différente sur la meilleure façon de parvenir prés de la jeune femme, et finissent par se séparer. Farodin pense que le seul moyen d’y parvenir consiste à rassembler les grains de sable dispersés lorsque Emerelle a prononcé son terrible sorte d’exil. Nuramon, de son côté, cherche à en savoir beaucoup plus sur le Monde Brisé et dans ce but, part en quête de l’oracle Dareen. Tandis que le fil narratif de l’histoire continue de suivre l’épopée de Mandred, ce périlleux voyage d’exploration nous fournit cependant de nombreuses informations sur les deux elfes rivaux qui s’humanisent peu à peu au contact de leur ami venu du monde des hommes. Réalisant un véritable récit d’exploration l’auteur en profite pour étendre le champ d’action de son roman au-delà d’Albermark et du monde des elfes, construisant ainsi un univers pluridimensionnel de plus en plus riche et nous permettant d’en apprendre plus sur les nombreuses créatures issues de son imagination fertile. C’est ainsi que nous ferons la connaissance des elfes libres, que nous côtoierons enfants des albes noirs, tout en apprenant un peu plus sur le peuple des nains et les mœurs cruelles des trolls. Un voyage marqué par le pathos tragique enveloppant la destinée de Mandred, frappés au contact des elfes par la malédiction d’une vie éternelle, dont il ressent les fatales conséquences à chaque retour dans son village où les générations se succèdent, faisant mourir ses proches et ses descendants sans qu’il puisse réellement les connaître. De même, nous en saurons un peu plus sur les réincarnations successives et obligatoires de Nuramon et sur les sentiments profonds qui habitent l’esprit de Farodin, le tout finement décrit par l’écriture sans faille de Bernard Hennen qui sait habilement alterner les scènes de description avec les moments d’introspection, tout en utilisant avec habileté le point de vue de Mandred afin de procurer au lecteur un meilleur sentiment d’identification qui permet à ce dernier de partager les espoirs, les craintes, les joies et les frustrations de ce personnage hors norme devenu un héros de saga de son vivant. Le second volet du premier tome originel allemand, que l’éditeur a été obligé de couper en deux, ce qu’i n’est pas dans son habitude, étant donné le nombre de pages que représentait ce pavé que nous devons à l’un des plus célèbres auteurs de fantasy germanique.
Les autres titres de la série :
1.La chasse des elfes
2.Etoiles d’Albes
3.Pierres d’Albes

lundi 23 novembre 2009

CAREY Jacqueline (Ann) (Usa)
Née en 1964 à Highland Park, en Illinois, Jacqueline Carey a suivi des études en psychologie et littérature avant de se rendre à Londres où naquit sa vocation d’écrivain. De retour aux Etats-Unis elle publiera en 2001 le premier tome de la saga de « Kushiel » qui remporta un immédiat succès. A noter que cette trilogie est suivie de celle de « Imriel », se déroulant dans le même univers, et que Jacqueline Carey a écrit également une autre série, « The Sundering » se déroulant dans un univers proche du Seigneur des Anneaux, mais en plus sombre
◊ La marque (Roman) Aventures Fantasy
Bragelonne-Fantasy, 5/2009 — 792 p., 25 € — Série : Kushiel 1 — Kushiel’s Dart, Tor, 6/2001 — Tr. : Frédéric Le Berre — Couv. : Anne-Claire Payet — Carte : Alain Janolle
Précédente publication : Bragelonne-Fantasy Collector, 11/2008 — 781 p., 30 € — Couv. : Anne-Claire Payet (différente)
Critiques :
http://bragelonne-le-blog.fantasyblog.fr (Anonyme-Kushiel, ou le renouveau de la fantasy) ; http://www.elbakin.net/ (Lisbei-Interview) ; http://librairie.ctitic.over-blog.fr (Meor) ; www.noosfere.com (René-Marc Dholen) : www.noosfere.com (Claire Flot) ; www.yozone.fr (Henri Bademoude-De la fantasy pour adultes Délices & Daubes 148)
→ Jacqueline Carey recommande la lecture des livres de Gavriel Kay lorsqu’on lui demande quel est son écrivain de fantasy préféré. Il est donc normal que l’on retrouve dans ce premier tome de la saga Kushiel la même passion pour l’uchronie avec la peinture d’un monde imaginaire brillamment structuré, sorte d’Europe revisitée de la Renaissance (comme les Lions d’Al Rassan du même Kay) à laquelle seraient venus ses greffer quelques peuplades barbares aux moeurs germaniques, les Skaldiques, ou celtiques, les Cruithnes. C’est dans cet univers pseudo historique qu’évolue le personnage principal de l’histoire Phèdre no Delaunay, une jeune femme vendue par sa mère alors qu’elle n’était qu’une enfant, qui a su acquérir auprès de son Maître, l’énigmatique Delaunay, un savoir historique, théologique, mais aussi une parfaite connaissance des langues étrangères et surtout… un parfaite maîtrise des arts du plaisir. Un plaisir qui, chez elle, se conjugue avec la douleur symbolisée par la présence dans son œil du signe de Kushiel, le demi-dieu des plaisirs masochistes, et qu’elle a appris à domestiquer lors de son prime apprentissage à la Cour de la Nuit, le quartier des serviteurs de Naamah, la déesse des plaisir, de la cité d’Elua, puis lorsqu’elle a intégré le foyer d’Anafiel Delaunay, qui compte l’utiliser pour recueillir les confidences que ses clients pourraient lui faire sur l’oreiller. Mais son protecteur est assassiné et Phèdre est enlevée. Comptant pour survivre sur Joscelin, un moine soldat voué à la protection de son prochain, elle apprend dans son exil qu’un terrible complot menace sa patrie, Terre d’Ange, que l’on peut assimiler à la France, tandis que Alba représenterait l’Angleterre et Argonia l’Espagne. En effet l’une de ses anciennes clientes, la noble Mélisandre Shahrizai, a soudoyé plusieurs aristocrates qui, alliés aux barbares Skaldiques envisagent de renverser l’actuelle reine angeline pour que Mélisande règne à sa place. Désormais embarquée dans une toile d’événements qui la dépassent, la jeune espionne se trouve entraînée dans une aventure épique où elle rencontrera des poètes vénéneux, des courtisans assassin, des monarques trahis et assiégés, des seigneurs de guerre barbares, et des traîtres grandioses. A ses côtés apparaîtront des personnages habilement esquissés, tels que Alcuin Hyacinthe, un Tsingano au don de voyance, ou Joscelin Verreuil, un redoutable moine guerrier, sorte d’alter ego en négatif, qui l’aideront à venir à bout des conspirations machiavéliques dans lesquelles son destin s’est inexorablement englué. Porté par un érotisme qui ne sombre jamais dans la vulgarité ce roman, premier opus d’une première trilogie, nous plonge dans une société imaginaire aux croyances et aux usages issue de multiples influences, comme la vénération de l’ange Elua, issu de l’union entre le sang de Yeshua sur sa croix et des larmes de Magdelene, particulièrement bien décrits et vus à travers les yeux d’une héroïne fascinante qui suit un chemin semé d’embûches et de nombreuses souffrances pour essayer de sauver son peuple promis à un sinistre sort. Un livre salué en 2002 par le prix Locus du premier roman, qui a propulsé Jacqueline Carey dans le peloton de tête des meilleurs auteurs de fantasy contemporains. A noter qu’il a bénéficié dans sa traduction française d’une luxueuse présentation des éditions Bragelonne (cartonnage, jaquette, carte et lexique de personnages) qui, dans le cadre de la promotion de cet ouvrage, ont proposé sur leur blog une adaptation radiophonique en forme de feuilleton. Commencée en 2001, cette trilogie s’est conclue en 2003 aux USA, pour se poursuivre par la saga d’Imriel.
Les autres titres de la série :
1.La marque
2.L'élue
3.Avatar
CAREY Jacqueline (Ann) (Usa)
Née en 1964 à Highland Park, en Illinois, Jacqueline Carey a suivi des études en psychologie et littérature avant de se rendre à Londres où naquit sa vocation d’écrivain. De retour aux Etats-Unis elle publiera en 2001 le premier tome de la saga de « Kushiel » qui remporta un immédiat succès. A noter que cette trilogie est suivie de celle de « Imriel », se déroulant dans le même univers, et que Jacqueline Carey a écrit également une autre série, « The Sundering » se déroulant dans un univers proche du Seigneur des Anneaux, mais en plus sombre
◊ L’élue (Roman) Aventures Fantasy
Bragelonne-Fantasy, 10/2009 — 698 p., 25 € — Série : Kushiel 2 — Kushiel’s shosen, Tor, 4/2002 — Tr. : Frédéric Le Berre — Couv. : Anne-Claire Payet — Carte : Alain Janolle
Précédente publication : Bragelonne-Fantasy Collector, 5/2009 — 698 p., 30 € — Couv. : Anne-Claire Payet
→ Présenté d’abord dans une version de luxe cartonné sous jacquete, puis repris en broché dans la collection Fantasy habituelle, ce livre nous permet de retrouver Phèdre no Delaunay, jeune femme vendue alors qu’elle n’était qu’une enfant à un noble qui a su déceler en elle un don exceptionnel, la marque de Kushiel, un signe dans son œil indiquant qu’elle ne peut éprouver le plaisir qu’à travers la souffrance. Convoitée pour ce talent très recherché Phèdre utilisera ses capacités bien particulières afin de déjouer un complot visant à détrôner la toute jeune reine du royaume de Terre d’Ange. Devenue une espionne émérite, Phèdre est parvenue à confondre les conspirateurs. Mais ces derniers, dont une grande a réussi à s’échapper, entendent bien mener à son terme leur diabolique projet contre la couronne. Afin de les confondre, Phèdre se lance à leur poursuite, et traque notamment la fameuse Mélisandre Shahrizai, l’âme de la conspiration, à qui elle entend faire payer tous ses crimes. Propulsée dans un univers plein de passion et de luxuriance, Phèdre s’engage alors dans un long voyage fertile en rencontres et en péripéties durant lequel elle devra affrontrer de nouvelles épreuves et, en particulier, la perte d’êtres qui lui sont chers. Poètes vénéneux, courtisans assassins, monarques assiégés et seigneurs de guerre barbares composent autour d’elle une fresque baroque pleine de grandeur, de sacrifice, de trahisons et de conspirations machiavéliques. L’ensemble de la critique avait pensé le plus grand bien du premier tome de cette série. Nul doute que les lecteurs apprécieront cette suite où l’on continue d’explorer les méandres des pensées d’une jeune femme tenant à la fois de l’Angélique marquise des anges, de l’héroïne d’Histoire d’O de Pauline Réage, de la Shéhérazade des Mille et une nuits et des meilleurs héroïnes de la fantasy épique, appelée à devenir comtesse de Montrève en tant que figure marquante de la noblesse de Terre d’Ange. Un récit dont l’écriture à la première personne accentue encore plus le réalisme, tandis que l’auteur développe autour de sa narratrice une fascinante galerie de personnages évoluant dans un décor imaginaire nourrit des divers voyages de Jacqueline Carey, qui s’est même permis d’inventer des langues étrangères en plus des pays fabuleux germés de son imagination foisonnante. D’une délicieuse sensualité demeurant toujours volontairement en retenu, cette histoire tient à la fois du récit d’aventure, du roman sentimental, du roman d’espionnage, érotique et initiatique, débouchant sur une fantasy flamboyante qui aboutit, selon les propres dires de l’auteur : « à un roman historique contant une histoire qui n’a jamais eu lieue ».
Les autres titres de la série :
1.La marque
2.L'élue
3.Avatar

dimanche 22 novembre 2009

KNIGHT E. E. (Usa)
E.E. Knight est né en 1965 à La Crosse, dans le Wisconsin, aux Etats-Unis. Enseignant comment écrire de la fiction à l’Oak College, dans l’Illinois, il s’est illustré dans le domaine de la Fantasy par des séries telles que « L’Age de feu » et dans la SF avec « Terre vampire »
◊ La vengeance du dragon (Roman) Aventures Fantasy / Dragons
Bragelonne-Milady, 3/2009 — 477 p., 7 € — Ser. : L’Age de feu 2 — The age of fire 2.Dragon avenger, — Tr. : Jean-Baptiste Bernet — Couv. : Paul Youll
→ Dans le premier tome de cette série E.E. Knight nous avons raconté comment, à la suite de la trahison de l’un des ses frères banni du nit, une horde de nains était parvenu à atteindre le refuge souterrain d’une famille de cracheur de feu. Grâce au sacrifice de leur mère Auron, un jeune dragonnet, et sa sœur Wistala avaient réussi à s’échapper pour gagner le monde d’En-Haut. Très vite cependant les deux jeunes dr agons seront séparés. Après avoir suivi dans le premier tome les pérégrinations d’Auron, ce second volume se focalise sur la jeune dragonne qui, comme son frère, se lance dans une périlleuse quête motivée à la fois par la recherche de ses semblables et par le désir de tirer vengeance des nains qui ont bouleversé son existence. Comme pour Auron, ce voyage initiatique sera l’occasion de toutes sortes de rencontres qui permettront à l’auteur d’approfondir la description détaillée de l’univers où se déroule l’ensemble de la série. Un chat, un elfe, un troll, et même une mule croiseront ainsi sa route émaillée de multiples aventures. Autant d’épreuves qui forgeront la personnalité de Wistala, tandis que, étape après étape, elle se rapprochera du but qu’elle s’est fixée : la destruction des nains ayant apporté le malheur sur les siens. Un voyage aux multiples rebondissements à travers lequel l’auteur nous invite à partager les pensées de la dragonnelle, tout en nous fournissant de nouvelles informations sur d’autres personnages du cycle, comme par exemple le destin du père des deux dragons. Un second volume qui a l’avantage de nous plonger tout de suite dans le cœur de l’action, les préliminaires de l’histoire des dragons ayant déjà été exposés dans le premier volet de la série. Après le cycle plus sciencefictif de Terre vampire, dont nous avons également parlé, voici une autre facette du talent de E.E. Knight par le biais d’un roman qui ne bouleversera pas le domaine de la Fantasy, mais qui propose néanmoins un bon moment de lecture.
Les autres titres de la série :
1.Dragon
2.La vengeance du dragon

3.Le dragon banni

lundi 16 novembre 2009

NICHOLLS Stan (Gb)
Ami de David Gemmell, mari de Anne Gay, Stan Nicholls est l’une des figures de proue du renouveau de l’heroic fantasy britannique. Anthologiste, journaliste et critique, il a été le premier manager de la célèbre librairie londonienne Forbidden planet. « Orcs », son premier cycle, narrant les aventures de monstres habilement transformés en héros, lui a valu de figurer parmi les meilleures ventes du genre à travers le monde
◊ Les guerriers de la tempête (Roman) Heroic Fantasy
Bragelonne-Milady, 5/2009 — 346 p., 6 € — ― Ser. : Orcs 3 ― Orcs, first blood Book : Warriors of the tempest , Gollancz, 2000 ― Tr. : Isabelle Troin ― Couv. : Didier Graffet
Précédentes publications :
● Bragelonne-Fantasy, 10/2002 — 289 p., 20 € ― Couv. : Didier Graffet
● In Orcs, Bragelonne-Fantasy, 1/2007 — 672 p., 25 € — Couv. Didier Graffet
Critiques :
www.actusf.com (Laurent Deneuve)
→ Poursuivis par les Unis de Kimball Hobrow, alors que leur capitaine a disparu, happé par une dragon de guerre, les membres des Renards sont sur le point d’être submergés par les assauts des humains assoiffés de sang, lorsque l’intervention opportune des Centaures de Keppatawn les tire de ce fort mauvais pas. De son côté Stryke, leur capitaine pas si mort que ça, apprend avec étonnement que Glozellan, la Dame des Dragons de Jennesta a qui il doit la vie, a déserté les rangs de la diabolique souveraine toujours en quête des cinq Instrumentalités afin de posséder un pouvoir absolu sur les terres de Maras-Dantia. Et le voilà qui réintègre la Compagnie, discrètement surveillée par les trois chasseurs de primes humains naguère au service de Jennesta, agissant désormais pour leur propre compte. Forcés de quitter le pays des Centaures avant l’arrivée de l’armée de Jennesta, les Renard apprennent par le Katz Pixie qu’une autre étoile se trouverait dans la ville de Ruffet où les humains s’acharnent à colmater une fuite d’énergie magique depuis pas mal de temps. Parvenus à Ruffet les Renards aident ses habitants Multis à résister au siège de l’armée Uni de Kimball Hobrow. Mais ces derniers sont trop nombreux. Leurs défenses sont sur le point d’être enfoncées lorsque surviennent les troupes de Jennesta qui prennent les Unis à revers. Hobrow est tué et les Renards s’enfuient avec la dernière Etoile. Les Instrumentalité réunies les envoient dans un palais de glace habité par les Sluaghs, des créatures monstrueuses ressemblant à de gigantesque chauve-souris dont l’esprit peut infliger les pires souffrances et qui veulent les Etoiles. Ils sont cependant aidés par Sanna, la sœur de Jennesta, la souveraine de ces lieux, mais aussi la fille de Serapheim qui est en réalité le sorcier humain Tentarr Arngrim, l’ennemi juré de Vernegram, la mère de Jennesta. Celui-ci apprends aux Orcs que Maras-Dantia n’est pas leur monde d’origine, mais qu’ils y ont été amené, ainsi que toutes les autres races aînées, les nains, les centaures, etc… par Vernegram, qui avait découvert le passage conduisant aux royaumes respectifs de ces différentes ethnies, et qui entendait les utiliser pour assujettir les humains de Maras-Dantia. Afin de la contrer Tentarr Arngrim avait façonné les Instrumentalités pour permettre aux races aînées de regagner leur monde d’origine, si elles le désiraient. Ce fut le cas de Stryke et de ses Renards, après un ultime affrontement où Jennesta fut condamnée à être aspirée dans le vortex par son propre père Tentarr Arngrim. Ce dernier mourut dans l’effondrement du palais de glace, tandis que sa fille Sanara s’en alla sous la protection de Jup le nain accompagnant la Compagnie des Renards, qui avait préféré rester sur Maras-Dantia, le monde qu’il avait toujours connu. Un troisième volume louchant vers le multivers pour ce cycle des Ors décidemment prolixe en batailles, avec une fin qui laisse la porte ouverte à de futurs rebondissements.
Les autres titres de la série :
1.La compagnie de la foudre
2.La légion du Tonnerre
3.Les guerriers de la tempête
*Ors (Intégrale T.1,2 & 3)
BELL Hilari (Fr)
Née en 1958 aux Etats-Unis, Hilari Bell a d’abord exercé le métier de bibliothécaire avant de se lancer dans l’écriture où elle rencontra le succès, notamment avec la série de « Farsala »
◊ La flamme (Roman) Heroic Fantasy
Bragelonne-Milady, 4/2009 — 351 p., 7 € — Ser. : La trilogie de Farsala 1 — Farsala trilogy 1.Fall of a kingdom, Simon & Schuster, 2003 — Tr. : Paola Appelius — Couv. : Steve Stone — Carte: Alain Janolle & Russ Charpentier
→ Le premier tome de cette nouvelle série de Hilari Bell, un auteur déjà bien connu aux Usa, mais dont c’est la première traduction en France, nous entraîne aux portes du royaume de Farsala. Un territoire sous le point de tomber sous le joug des terribles Hrums qui ont déjà conquis une grande partie du monde connu. Conscient qu’il ne pourra pas arrêter l’invasion en cours, le général en chef des armées de Farsala, envoie sa fille Soraya dans le désert afin de la soustraire à l’ennemi. Placée sous la protection des Suud, le peuple nomade et magicien, cette dernière devra faire l’apprentissage d’une nouvelle existence pleine d’imprévus et de périls. De son côté Jiaan, le fils bâtard du général combattra jusqu’au bout aux côtés de son père. Mais il ne pourra pas lui éviter la défaite. Dés lors, ivre de vengeance, il prendra la tête d’une armée de rebelles bien décidés à faire payer cher aux Hrums leur dernière conquête. Le troisième protagoniste de cette intrigue à trois têtes se nomme Kavi. Forgeron devenue voleur, le jeune garçon éprouve une telle haine envers la noblesse de Farsala qu’il finira par trahir les siens pour les livrer au déferlement des Hrums. Cependant, pris de remords, il tentera par tous les moyens de se racheter. Le premier tome de cette trilogie fait alterner les points de vue sous l’angle de ces trois protagonistes, les deux jeunes gens nous permettant de suivre les préparatifs de la guerre et de pénétrer au cœur même des batailles, tandis que Soraya nous invite à partager la vie d’un peuple qui réserve bien des surprises. Conduit d’une écriture alerte le roman utilise tous les ingrédients du récit épique. Conflits, trahisons, complots, vengeance, sont au rendez-vous de cette histoire qui, si elle ne renouvellera pas le genre, proposera néanmoins un agréable moment de lecture.
Les autres titres de la série :
1.La flamme
2.L'épée

jeudi 12 novembre 2009

KNIGHT E. E. (Usa)
E.E. Knight est né en 1965 à La Crosse, dans le Wisconsin, aux Etats-Unis. Enseignant comment écrire de la fiction à l’Oak College, dans l’Illinois, il s’est illustré dans le domaine de la Fantasy par des séries telles que « L’Age de feu » et dans la SF avec « Terre vampire »
◊ Le choix fu félin (Roman) Dark Fantasy / Vampires
Bragelonne-Milady, 4/2009 — 475 p., 7 € — Ser. : Terre vampire 2 — The vampire earth 2.Choice of the cat, Penguin-Roc, 5/2004 — Tr. : Thierry Arson — Couv. : Laurent Beauvallet
→ En parallèle à la série de l’Age de feu les éditions Milady nous offre un autre cycle de E.E. Knight orienté plus SF et fantastique avec Terre vampire dont voici le second opus. Le postulat de base part d’une Terre envahie par les Kurians, des extraterrestres qui se nourrissent d’âmes humaines et contre lesquels se dressent quelques groupes de résistants aidés par de mystérieux aliens, les Tisseurs de Vie, qui s’opposent aux cruels Faucheurs, alliés des Kurians. David Valentine est l’un de ces combattants humains. Enrôlé chez les Loups, des guerriers d’élite qui s’efforcent de reconquérir la Terrre, il perd cependant une importante bataille et doit démissionner pour ne pas passer en cour martiale. Cependant, il ne reste pas longtemps inactif. Le voilà bientôt chez les Félins, une caste d’espions à la recherche de renseignements sur la Croix Torse, une organisation de combattants hybrides qui allient les talents des meilleurs vétérans humains et la voracité morbides des Faucheurs. Accompagné de la jeune femme qui lui a permis d’intégrer les Félins, il pénètre en Zone Kuriane. Là il devra livrer de mortels combats contre les membres la Croix Torse dont l’emblème représente une svastika inversée. L’action est conduite à la meilleurs films de guerre et au fil des ses transformations, en loup dans le premier tome, en félin dans celui-ci, David Valentine fera montre de ses capacités de tête brûlée à la Mad Max à travers une histoire où l’amitié alterne avec la trahison, tandis que l’auteur déroule un peu plus le background d’un monde postapocalyptique qui fait parfois penser aux vielles séries télévisées telles que V ou à des romans de fin monde qui plaisent tant aux auteurs britanniques.
Les autres titres de la série :
1.La voie du loup
2.Le choix du félin

mercredi 11 novembre 2009

GALENORN Yasmine (Usa)
Pseudo = India Ink
Vivant aux Etats-Unis, Yasmine Galenorn a décidé avec son mari de remplacer leur nom de famille par Galenorn, un terme dérivé de la langue elfique du Seigneur des Anneaux quisignifie « arbre vert ». Auteurs de nombreux romans à succès, elle revendique son statut de sorcière, du moins d’après le regard que porte sur elle son entourage païen
◊ Changeling (Roman) Bit-Lit
Milady, 5/2009 — 414 p., 7 € — Ser. : Les sœurs de la lune 2 — Otherworld 2.Changeling, Berkley, 2007 — Tr. : Cécile Tasson — Couv. : Tony Mauro
→ Ce second volume de la série des Sœurs de la Lune nous permet de retrouver les sœur D’Artigo : Camille, Menolly et Delilah. Si, dans le premier tome, l’action se focalisait sur Camille, dans ce second opus c’est Delilah, la cadette, qui prend la parole pour nous raconter leurs aventures. Chez elle le truc c’est de se changer en chat-garou quand les choses commencent à se gâter. Menolly donne de son côté dans la version vampire et Camille est experte en philtre et autres potions de sorcière. Mais revenons à Delilah qui voit débouler dans son bureau de détective privé Zachary Lyonnesse, le représentant de la communauté des pumas garou en butte à une série de meurtres inexplicables. Très vite les sœurs D’Artigo découvrent que leur vieil ennemi, l’Ombre Ailée, est derrière cette affaire par l’entremise du Clan des Chasseurs de Lune qui s’activent pour elle. Dés lors les événements se précipitent et nos trois agents de la CIA d’Outremonde vont devoir affronter toutes sortes de créatures diaboliques, dont des araignées-garou guère fréquentables, qui les obligeront à requérir l’aide d’alliés de taille, tel que Flam le dragon déjà entrevu dans le premier tome, ainsi que celle d’un Elémentaire plutôt envahissant. Du travail en perspective, car elles ne peuvent plus espérer de l’aide d’Outremonde avec qui elles ont perdu le contact, car la reine à dissout l’OIA, l’organisme auquel elles appartiennent, afin de réquisitionner des soldats pour la guerre qui ravage cet univers magique. Bien entendu, outre les rebondissements de l’intrigue, nous avons droit à quelques révélations sur la vie amoureuse de nos héroïnes, notamment celle de Delilah qui, si chaste dans le premier, est ici l’objet de convoitise de plusieurs prétendants. De quoi nous refaire le coup de La chatte sur un toi brûlant du regretté Tennesse Willimas, à la mode Bit-Lit, avec quelques références à trois autres sœurs de légende, celles de Charmed, bien entendu.
Les autres titres de la série :
1.Witchling
2.Changeling
3.Darkling
ANDREWS Ilona & Gordon (Russie/Usa)
Née en Russie, Ilona Andrews a fait ses études aux Etats-Unis où elle a appris l’anglais et trouvé un mari, Gordon, avec qui elle écrit ses romans, notamment la série de « Kate Daniels »la mercenaire de la magie
◊ Brulure magique (Roman) Fantasy urbaine / Bit-Lit
Bragelonne Milady-Bit-Lit, 6/2009 — 35O p., 7 € — Ser. : Kate Daniels 2 — Magic burns, Ace Book, 2007 — Tr. : Sara Doke — Couv. : Sam-Oeun Yin
→ Toujours à cheval entre deux mondes, celui de la technologie et celui de la magie, la brûlante Kate Daniels continue de nous plonger dans des aventures fertiles en rebondissements. Tout occupée à éviter la fréquentation d’individus du sexe opposé qui risqueraient de la gêner dans ses préoccupations de tous les jours guère naturelles pour le commun des mortels, notre mercenaire spécialisée dans le nettoyage de problèmes surnaturels, se lance cette fois dans une affaire qui risque de dépasser l’étendue de ses pouvoirs. Tout commence lorsqu’elle accepte d’aider la Meute, le clan des Changeformes, à retrouver des cartes qu’on leur a dérobé. Bien vite elle va découvrir que l’arrivée d’un tsunami magique est imminente et que les puissances divines ont entamé un combat épique afin de renaître. Alors que cette vague magique risque de plomber le substrat technologique qui imprègne également la cité d’Atlanta, des individus sans scrupules entendent profiter de ce bouleversement pour accroître leur puissance. Bien entendu, Kate ne les laissera pas faire et nous entrons avec elle dans un univers qui voit la résurgence de la mythologie celtique, tandis que l’auteur nous distille quelques informations supplémentaires sur les origines de notre mercenaire aux mystérieux pouvoirs. La suite d’une série entrant dans le domaine de la Bit-Lit qui a décidément le vent en poupe du côté des adolescents… et surtout des adolescentes.
Les autres titres de la série :
1.Morsure magique
2.Brûlure magique

dimanche 8 novembre 2009

FETJAINE Jean-Louis (Fr)
Né en 1956 et diplômé de philosophie et d’histoire médiévale, c ejournaliste a fait une entrée fracassante de le domaine de la fantasy avec sa « Trilogie des elfes » publiée à partir de 1998 aux éditions Belfond. Depuis, il n’a pas quitté le domaine du merveilleux où il a même créé un collection portant son nom éditant de remarquables ouvrages centrées sur les paysages et les peuples de la féerie
◊ L’elfe des Terres Noires (Roman) High Fantasy
Fleuve Noir-Hors Collection, 4/2009 — 19 € — Ser. : Les chroniques des elfes 2 — Couv. : Jean-Baptiste Rabouan
Critiques :
www.elbakin.net (Alethia-Interview) ; www.noosfere.com (Lucie Chenu) ; www.yozone.fr (François Schnebelen)
→ Depuis que sa Trilogie des elfes a déboulé dans le domaine de la Fantasy francophone comme un Ovni littéraire encensé par la critique, Jean-Louis Fetjaine est reconnu comme l’un des meilleurs représentants du genre en France. Depuis, il a entamé une nouvelle série, Les chroniques des elfes, dont l’action se déroule prés de trente ans avant le Crépuscule des elfes, premier tome de la trilogie originelle. Alors que la réédition du premier volume, Llane, sot parallèlement chez Pocket, les éditions Fleuve Noir nous proposent le second tome de cette nouvelle série. On y retrouve Llane, princesse héritière des elfes d’Eliande. Retenue prisonnière au sein des Terres Noirs, chasse gardé de Clui-qui-ne-peut-être-nommé, elle doit se familiariser avec les mœurs cruelles de ses habitants, si elle veut survivre. Mais elle fait mieux, elle découvre peu à peu un d’humanité dans les orcs et les gobelins. Créatures réelles, et non uniquement êtres magiques surgis du néant, ils naissent, grandissent, se nourrissent, dorment au sein d’une organisation sociale qui leur est propre, avec des villes, comme la ténébreuse cité d’Omkünz où la princesse héritière est détenue en même temps que le moine novice Maheolas. Au fil des rencontres de Llane, on apprend que ces créatures maléfiques peuvent également éprouver des sentiments. C’est donc sur certains d’entre eux qu’elle s’appuiera pour préparer son évasion afin de rejoindre un monde où le contexte belliqueux se durcit car les hommes et les elfes s’apprêtent à y livrer une nouvelle bataille. Un monde où Dubricius, l’évêque de Logres, cherche à engager Pellehun, le fils du roi Ker, dans sa croisade fanatique contres les hérétiques, incluant les elfes, sensé détenir le graal, dans le même panier que les créatures du ténébreux royaume de Lug. Alors que Celui-qui-ne-peut-pas-être-nommé semble posséder un esprit d’ouverture qui pourrait rallier à sa cause des elfes et même des hommes. Un seul peuple pour un seul dieu, la doctrine prônée par Lug s’apparente à celle d’Hitler et de ses Nazis qui, avant de déferler sur l’Europe, avait su séduire les foules par des arguments autres que la violence pure (égalité sociale, justice territoriale, etc…). De son côté l’Evêque brandit l’étendard d’une croisade destinée à éradiquer toute forme de survivance païenne et tout foyer d’hérésie en devenir, incluant l’extermination des humains réfractaires et des elfes, bien entendu. Unifier les peuples et soumettre le monde dans la douleur et le sang, tel est le but avoué des adorateurs de Lug. Un objectif que partage le Prince des Hommes et les plus hautes autorités de l’Eglise, chacun d’entre eux étant prêt à toutes les bassesses, à toutes les trahisons et à toutes les ignominies pour y parvenir. Les plus improbables alliances naîtront donc dans le second tome de cette série dont l’intrigue se déroule telle une judicieuse partie d’échec traversées par des personnages en devenir du prochain triptyque et par d’autres qui n’apparaîtront pas dans la Trilogie des elfes, et qui vivent ici des histoires parallèles. Nullement gêné par le fait de décrire un monde dont la fin a déjà été abordée dans la série précédente, Jean-Louis Fetjaine prend un malin plaisir non à raconter comment les personnages meurent, mais comment ils deviennent des acteurs-clés du récit. En cela il rejoint la longue liste des créateurs de préquelles, Elric des dragons pour l’Elric des Moorcock, les préquelles au Larmes d’Artamon de Sarah Ash, celles des Chroniques de Dragonlance de Weis et Hickman, ou de Robin Hobb avec Retour au pays pour les cycles de L’Assassin Royal et des Aventuriers de la mer pour ne citer qu’eux…, et nous confirme, une fois de plus, son immense talent d’écrivain.
Les autres titres de la série :
1.Lliane
2.L’elfe des Terres Noires

samedi 7 novembre 2009

HOWE John (Canada)
Né à Vancouver en 1957, John Howe a été élevé en Colombie Britannique. Passionné de dessins depuis sa plus tendre enfance il a peaufiné son talent à l’école des Arts Décoratifs de Strasbourg. Peinte, illustrateur et écrivain de livre pour enfants, sa carrière a connu son véritable essor à travers sa transcription de l’imaginaire tolkiennien, notamment par le biais du « Seigneur des Anneaux » de Peter Jackson auquel il collabora avec Alan Lee, un autre grand peintre de Tolkien
◊ John Howe Fantasy art. Peindre un univers de légende (Livre illustré)
Fleurus, 4/2008 — 123 p., 24,50 € — John Howe fantasy art worshop, David & Charles Brunel House, Newton Abbot, 2007 — Tr. : Virginie de Bermond-Gettle — Couv. & ill. : John Howe
→ Depuis des nombreuses années John Howe s’est imposé comme l’un des illustrateurs de premier plan du domaine de la Fantasy. Puisant son inspiration dans sa parfaite connaissance du Moyen Age et sa passion pour la mythologie, il réussit à modeler une œuvre pleine d’énergie qui mélange à la fois les influences médiévales, celtiques, gothiques et l’Art Nouveau. Ce somptueux album que nous offrent les éditions Fleurus permet une approche globale de son travail à travers la reproduction d’une sélection de ses œuvres, plus de 120 peintures, dessins et croquis préparatoires, certaines, inédites, étant expliquées étape après étape, exposant les techniques et les sources d’inspiration de l’auteur. Ouvrant les portes d’un univers de légende, celui qui a participé à la mise en images de la trilogie de Tolkien et du Monde de Narnia nous initie à son art au fil de pages merveilleusement illustrées. Après la mise en bouche que constitue la préface de Terry Gilliam, John Howe nous invite tout d’abord à suivre les divers paliers de son Processus Créatif : Narration, sujets et inspiration – Réunir et utiliser des références – Organisation du cadre de travail – Protection et classement des œuvres. Poursuivant son fructueux enseignement il passe au Matériel et techniques : Matériel de dessin – Peinture et encre – Dessiner ça et là. Puis il vient aux illustrations proprement dite en abordant d’abord le cas des Personnages : Créatures – Etres humains – Animaux, puis aux Décors : Paysages – Architecture – Atmosphères. Enfin il nous explique ce que représente pour lui Être illustrateur : Présenter ses travaux – Le grand méchant monde – L’illustration des livres – Le grand écran, conception des décors – Hier et aujourd’hui. Un postface d’Akan Lee, autre grand illustrateur de Tolkien avec Ted Namish et les frères Hildebrandt, termine ce passionnant ouvrage que John Howe avait d’abord voulu intituler : Comment dessiner comme moi, c’est l’enfance de l’art, tout le monde peut en faire autant. Cela explique tout le soin qu’il a apporté pour le rédiger, s’efforçant que le dessins, sorte de communion avec son sujet, qu’il soit devant l’artiste ou dans sa tête, est à la portée de tout le monde qui veut se donner la peine de se lancer dans cette fabuleuse aventure. Un livre que l’on pourra rapprocher de Sur les terres de Tolkien (l’Atalante, 2002) John Howe artbook (Nestiveqnen, 2004) et pour les plus débrouillard qui voudront remonter aux sources La Cathédrale, hommage illustré à la cathédrale de Strasbourg (Ed. La Nuée Bleue).

dimanche 1 novembre 2009

BESSIERE Richard (Fr)
Pseudo de Henri Bessière
Autre pseudo = F. H. Ribes & Dominique H. Keller
Né à Béziers en 1923, Henri Bessière, a publié en très jeune, en 1951, son premier roman « Les conquérants de l’univers » également premier titre de la collection Anticipation Fleuve noir. Ce livre inaugurait toute une série d’ouvrages dans la même collection, en même temps qu’il soulevait une polémique sur leur coécriture par François Richard, directeur littéraire d’Anticipation à cette époque. Plus tard Henri Bessière publiera sous le nom de Richard Bessière des essais consacrés aux sociétés secrètes, à la parapsychologie et aux mondes et phénomènes inconnus, réservant le pseudonyme de F. H. Ribes à ses romans d’espionnage, et de Dominique H. Keller à ses récits d’Angoisse, également paru au Fleuve Noir
◊ Le livre secret des fées (Essai) Féerie
Editions Jacques Grancher-Puissances Inconnues, 4/2009— 214 p., 14.50 €
→ Sous titré Fées, elfes, farfadets, sirènes gnomes, trolls, qui sont-ils ? cet ouvrage se propose de nous faire découvrir l’univers féerique. Pour se faire l’auteur, Richard Bessière, qui a déjà signée plusieurs autres livres sur les mondes inconnus, comme Sciences secrètes et pouvoirs interdits, Si l'histoire m'était contée, Les Civilisations disparues etc., présenté pour l’occasion par l’éditeur en tant que véritable historien, spécialiste des civilisations anciennes et des phénomènes religieux, parareligieux et paranormaux, opère un vaste tour d’horizon sur tout ce qui a été écrit sur le sujet en prenant souvent comme référence le talentueux travail d’Edouard Brasey, elficologue s’il en est. Plaçant d’emblée en introduction le postulat de l’existence des fées en l’opposant à l’émergence de la chrétienté (la nouvelle religion monothéiste reléguant dans l’oubli les croyances païennes, l’un des sujets récurrent du mythe de Merlin), l’auteur développe sa thèse en citant de nombreux contes et légendes, ainsi que sur des événements ayant défrayé la chronique comme les fameuses photos de fées de Cottingley auxquelles Conan Doyle avait apporté sa caution. Evidemment ce livre, profondément marqué par l’opinion de l’auteur sur la question, explore le territoire du merveilleux sous une approche toute personnelle placée sous l’angle de la spiritualité qui ne convaincra pas l’ensemble des lecteurs. Mais il pose une nouvelle pierre dans l’édifice d’imaginaire qui ne demande qu’à s’agrandir au fil des études qui lui sont consacrées. A noter que Richard Bessière est également l’auteur de SF ien connu des éditions Fleuve Noir, signant ses romans F. Richard Bessière, une exigence de son éditeur, comme il l’explique dans son blog : http://richard-bessiere.blogspot.com
LACKEY Mercedes (Usa)
Pseudonyme de Mercedes Ritchie Lackey
Ecrivain américain née en 1950 qui, après de brillantes etudes qui l’ont conduite à exercer de nombreux petits boulots, s’est lancée avec bonheur dans l’écriture. Auteur prolifique dans des genres tels que le policier, la science-fiction, la fantasy, la nouvelle ou le roman, elle a collaboré avec divers grands écrivains comme Piers Anthony ou Marion Zimmer Bradley et bien sur avec son mari, Larry Dixon, avec lequel elle a écrit la trilogie de « La guerre des mages » mini série au cœur du cycle des « Hérauts de Valdemar » qui lui a permis d’accéder à la notoriété dans le domaine de la Fantasy
◊ Par le fer (Roman) Romantic Fantasy
Bragelonne-Milady, 5/2009 — 345 p., 8 € — Ser. : Les Hérauts de Valdemar. La légende de Kerowyn 1 — By the sword, Daw, 2/1991 — Tr. : Rosalie Guillaume — Couv. : Amandine Labarre
Précédente publication : Pocket-Fantasy 5703, 3/1999 — 352 p., 6 € — Couv. : Siudmak
Critiques : Chimères 43 (Claude Pénicaud)

→ Kerowyn, petite-fille de la sorcière Kethry (cf. le cycle des Serments et de l’honneur) cache depuis toujours qu’elle possède le don de la communication par l’esprit. Après la mort de sa mère, elle s’est occupée de faire vivre le domaine. Mais, le jour du mariage de son frère, son père et ses invités sont assassinés, tandis que la jeune mariée est enlevée. N’écoutant que son courage, Kero part à la poursuite des ravisseurs. Soutenue par Besoin, l’épée magique de Kethry, elle parvient à les tuer. Ne pouvant vivre au château avec les jeunes mariés, elle entame une formation de guerrière avec Kethry la sorcière et Tarma la guerrière, les fameuses Sœurs de Sang. Daren, prince de Rethwellan, vient se joindre à son entraînement afin de devenir un jour le chef des armées du royaume de son frère. Bientôt les deux jeunes gens se lient d’une profonde amitié. Plus tard, Daren repart chez lui à la mort de son père, tandis que Kero devient une mercenaire délite qui se bat au hasard des contrats. Après un bref idylle avec Eldan, un Héraut de Valdemar qu’elle a sauvé des griffes d’une magicienne au service du redoutable Karse, Une quinzaine d’années après, Kerowyn est à la tête de la compagnie des Eclairs. Avec Daren, désormais chef de guerre de Retchwellan, elle affronte le tyran Ancar d’Hardorn et ses terribles Suicidaires dominés par le pouvoir obscur de puissants sorciers. Eldan, qui n’a pas cessé de l’aimer, vient la soutenir. Cependant, le cœur du Héraut de Valdemar va pencher vers une autre personne, tandis que, dans la furie des combats, Keno et Daren se rapprocheront un peu plus de leurs modèles, les fameux Hérauts de Valdemar. Un tire à part dans la série des Hérauts, qui peut aussi se lire comme une suite des aventures de Tarma et Kethry, les héroïnes du cycle des Serments et de l’honneur.
LACKEY Mercedes (Usa)
Pseudonyme de Mercedes Ritchie Lackey
Ecrivain américain née en 1950 qui, après de brillantes etudes qui l’ont conduite à exercer de nombreux petits boulots, s’est lancée avec bonheur dans l’écriture. Auteur prolifique dans des genres tels que le policier, la science-fiction, la fantasy, la nouvelle ou le roman, elle a collaboré avec divers grands écrivains comme Piers Anthony ou Marion Zimmer Bradley et bien sur avec son mari, Larry Dixon, avec lequel elle a écrit la trilogie de « La guerre des mages » mini série au cœur du cycle des « Hérauts de Valdemar » qui lui a permis d’accéder à la notoriété dans le domaine de la Fantasy
◊ Les parjures (Roman) Romantic Fantasy
Bragelonne-Fantasy, 5/2009 —345 p., 8 € — Ser. : Les Hérauts de Valdemar. Les serments et l’honneur 2 — Valdemar Heralds. Oathbreakers, Daw 1989 — Tr. : Dominique Haas — Couv. : Amandine Labarre — Carte : Cédric Liano
Précédente publication : Pocket-Fantasy 5585, 11/1995 — 316 p., 6 € — Couv. : Siudmak
Critiques : Chimères 31 (Marlowe)
→ Tarma la guerrière et Kethry la magicienne, toujours à la recherche d’argent pour construire leur école de magie (cf. le premier volume de la série Sœurs de sang) se sont enrôlés dans la compagnie des Faucons du Soleil du capitaine Idra. Elles participent avec succès à la campagne menée pour reprendre à Delcrin Kelcrag le trône de Jkartha usurpé à la reine Sursha. Mais Idra, avec qui elles se sont liées d’amitié, doit retourner à Petras sa ville natale, capitale du royaume de Rethwellan, Ses deux frères Stefansen et Raschar, sont les héritiers du trône de son père et il doit les départager. Bientôt, Stefansen disparaît et Ida ne donne plus signe de vie. Aussitôt les deux Sœurs de Sang se rendent à Petras. Là Jadek l’archiviste leur laisse entendre que Raschar n’est pas étranger à l’affaire. Menant leur propre enquête elles ne tardent pas à retrouver Stefansen dans le mythique royaume de Valdemar. Il est marié, et jouit de la protection de Roald, l’un des Hérauts de Valdemar, des guerriers remarquables chevauchant des montures magiques. Tarma et Kethry lui donne l’Epée qui Chante le désignant comme véritable héritier au trône. Puis, après avoir affronté un redoutable mage, la petite compagnie prend la direction de Petras où Jadrek a regroupé les nobles hostiles à Raschat, tandis que les Faucons de la Nuit marchent sur la ville afin de venger leur capitaine acculé au suicide. Dés lors les jours de Raschar sont comptés, tandis que le destin des deux Sœurs de Sang va prendre un tour plus romantique. Le second tome de la série des Serments et l’honneur qui se résume à une querelle de succession empruntant parfois à la thématique des Chevaliers de la Table Ronde avec l’épisode de l’épée enchantée. Voulant humaniser ses héroïnes Mercedes Lackey leur ôte en même temps un peu de mystère en les enveloppant dans les plis de considérations amoureuses. Livrée à elle-même l’auteur semble faire moins preuve d’imagination créative que dans ses romans écrits avec des auteurs tels que Piers Anthony ou Larry Dixon et parvient difficilement à la hauteur des ses illustres consoeurs Marion Zimmer Bradley et Anne MacCaffrey.
Les autres titres de la série :
1.Soeurs de sang
2.Les parjures