dimanche 30 septembre 2012

La première flamme
(Roman) Jeunesse / Dragon / Aventures Fantasy
AUTEUR : Eric SANVOISIN (Fr)
EDITEUR : Auzou jeunesse-Pas à Pas, 9/2012 — 60 p., 5,50 €
SERIE : L'enfant-Dragon 1
COUVERTURE & ILLUSTRATIONS : Krystal Camprubi
→ Dans le monde d'Organd les dragons vivaient jadis en bonne intelligence avec les hommes jusqu'à ce que Nocturne, l'homme-dragon amoureux de la princesse Aube, l'enlève à son père. Depuis, les deux races se livrent une féroce bataille. Dans le village de Céneri-el Gérei, le jeune Evraël, plutôt tourné vers la poésie que vers la bagarre, est pourtant prêt à croire son maître Codex qui lui assure que les dragons ne sont pas tous mauvais. Ce qui n'est pas du tout du goût de sa camarade de classe, la jeune Léna, la fille de Drako, le chasseur de dragons du village, et un véritable garçon manqué. Un jour Evraêl découvre dans les marais un œuf de dragon qui ne tarde pas à éclore. Evraël veut protéger le petit animal, mais Léna prends les devants et tente d'amener le petit dragon à son père qui lui fera, pour sûr, subir un sort funeste. C'est là qu'intervient une dragonne revancharde venue chercher son petit. Avraël intervient juste à temps pour empêcher Léna d'être réduite en cendres. Une action qu'il risque bien de regretter, car la jeune fille est guère reconnaissante et risque bien de lui poser pas mal de problèmes, surtout lorsque son corps commence à être victime d'étranges transformations. Le premier volet d'une série de courts romans pour enfants qui ouvre le bal de la collection Pas à pas chez Auzou avec trois autres titres : Un petit frère non merci (Mymi Doinet), Bienvenue au refuge Kibikisa (Catherine Kalengula) et Les enquêtes d'Anatole Bristol (Sophie Laroche). On y retrouve toute la passion de l'auteur qui, tombé très tôt dans le chaudron du merveilleux, après avoir publié des nouvelles dans revues et fanzines, est passé au roman avec une prédilection pour le domaine de la jeunesse (Nathan, Casterman, Magnard, Hachette ou Flammarion). Il s'est associé ici à l'illustratrice Krystal Camprubi, largement influencée par l’univers de Tolkien et de la féerie, dont le travail offre une vision à la fois réaliste et pleine de couleur de ce monde hanté par le souvenir des dragons. De quoi attendre avec impatience la suite...

Charlotte Bousquet Bibliographie


BOUSQUET Charlotte (Fr)

Née en 1973, Charlotte Bouquées est un écrivain français passionnée de Mythologie et amoureuse de vampires. Après avoir soutenu en Sorbonne une thèse sur Les mondes imaginaires et publié de nombreux articles philosophiques, elle se lance dans l’écriture avec le cycle du « Cœur d’Aramantha » (Nestiveqnen, 2004). Auteur de nombreuses nouvelles, elle crée avec son mari, l’illustrateur Fabien Fernandez, la maison d’éditions CDS-éditions. Régulièrement au catalogue d’éditeurs tels que Argemmios, Le Calepin Jaune ou Mnémos, elle a participé au recueil « Reines et Dragons » publié par ce denrier éditeur avec la nouvelle « Azr’Khila »
BIBLIOGRAPHIE (évolutive)
Séries
L'archipel des Numinés (Mnémos)
1.Arachnae
2.Cytheriae
3.Matricia
Le coeur d'Aramantha (Nestiveqnen)
1.Les arcanes de la trahison
2.Les arcanes de la discorde
3.Les arcanes du jugement
La peau des rêves (L'Archipel)
1.Nuit tatouée
2.Nuit rêvée
Livres
Au miroir des sphinx (Argemmios) Recueil
Lettres aux ténèbres (Le Calepin Jaune / Black Coast Press) Recueil
Llorona on the rocks (Argemmios)
La marque de la Bête (Mango Jeunesse)
Prysmes (Le Calepin Jaune) Recueil
Venenum (Gulf Stream)
Nouvelles
Azr'Khila (in Reines et Dragons, Mnémos 2012)
Le chêne et le tilleul (in Les héritiers d'Homère de Nathalie Dau, Argémmios 2009)
Articles
« Interview de Charlotte Bousquet » par Ketty Steward sur le site www.actusf.com, 2/2010.

Justine Niogret Bibliographie


NIOGRET Justine (Fr)

Passionnée par la fantasy, le Moyen Age et les civilisations scandinaves Justine Niogret est une romancière française née en 1979. Nouvélliste accomplie, traductrice des romans de Trudi Canavan chez Bragelonne, elle passe avec brio au roman avec « Chien du Heaume » publié en 2009 aux éditions Mnémos, dont la suite « Mordre le bouclier » rencontrera également un franc succès. Chez ce même éidteur elle participe au recueil « Reines et Dragons » avec la nouvelle « La grande déesse de fer de la miséricorde »
BIBLIOGRAPHIE (évolutive)
Livres
Chien du Heaume (Mnémos, 2009)
Et toujours le bruit de l'orage (Le calepin jaune, 2008) Recueil
Mordre le bouclier (Mnémos, 2011)
Nouvelles
La grande déesse de fer de la miséricorde (in Reines et dragons, Mnémos 2012)

Anne Fakhouri Bibliographie


FAKHOURI Anne (Fr)

Passionnée par l’œuvre de Lewis Carroll ainsi que par la mythologie arthurienne vers laquelle elle orienta ses études, Anne Fakhouri, qui a participé à la création du site de chroniques sur la littérature de l’imaginaire Actusf, a trouvé le temps, en dépit de ses activités de professeur, de se lancer dans l’écriture, avec un premier diptyque destiné à la jeunesse, celui du « Claivoyage » où elle laisse libre cours à sa créativité débridée puis vers le thriller fantastique, avec « Narcogenèse », tous chez l’Atlante. Du côté de la Fantasy, elle a participé au recueil « Reines et Dragons » des éd. Mnémos avec la nouvelle « Au cœur du dragon »
BIBLIOGRAPHIE (évolutive)
Série
Le Clairvoyage (L'Atalante)
1.Le clairvoyage
2.La brume des jours
Livres
Au travers du labyrinthe (ActuSF, 2005) anthologiste
Fées dans ville (ActuSF, 2009) anthologiste
Fugues en ogre mineur (ActuSF) 2006) anthologiste
Narcogenès (L'Atalante, 2011)
Le petit livre à trimballer de la Fantasy (ActuSF, 200) Essai avec Pierre Demetz & Jérome Vincent
Nouvelles
Orphëa (in Reines et dragons, Mnémos 2012)
Articles
« Interview d’Anne Fakhouri » par Jean Rebillat sur le site www.actusf.com, 4/2009.
« Notre entretien avec Anne Fakhouri » par Zedd sur le site www.elbakin.net, 4/2009.

Adrien Tomas Bibliographie


TOMAS Adrien (Fr)

Adrien Tomas est né en Picardie dans les années 80. Après avoir enchaîné divers boulots, il s’est tourné vers l’imaginaire encouragé par la lecture des œuvres de Tolkien, David Gemmell, David Eddings et Orson Scott Card. Revendiquant son appartenance à la communauté Geek (jeux de rôle, jeux vidéo, séries télévisées, informatique) il déboule en 2011 dans la Fantasy avec  « La geste du sixième royaume » (édi. Mnémos) un roman unanimement salué par la critique et participe au recueil Reine et Dragons de ce même éditeur avec la nouvelle « Orphëa »
BIBLIOGRAPHIE (évolutive)
Nouvelles
Orphëa (in Reines et dragons, Mnémos 2012)

Thomas Geha Bibliographie


GEHA Thomas (Fr)

Pseudo de Xavier Dollo
Thomas Geha est l’auteur d’une vingtaine de nouvelles publiées dans diverses revues et anthologies et de plusieurs romans. Inspirés par les œuvres de Jack Vance et surtout de Julia Verlanger, il est mebre du comité de rédaction de la revue Fiction des Moutons Electriques et a fondé avec son frère Mikaël la maison d’éditions Ad Astra. L’une de ses nouvelles, « Chuchoteurs du dragon » a été retenue pour le recueil Reines et Dragons paru aux éditions Mnémos
BIBLIOGRAPHIE (évolutive)
Séries
Alone (Black Coast Press)
1.A comme Alone, 2005
2.Alone contre Alone, 2008
Planète des pirates (Black Coast Press)
1.La guerre des chiffoneurs, 2011
Le sabre et le sang (Editions Critic)
1.Histoire de Tiric Sherna, 2009
2.Histoire de Kardelj Abaskar, 2011
Livres
Les créateurs (Critic, 2012)
Nouvelles
Chuchoteurs du dragon (in Reines et dragons, Mnémos 2012)

Chantal Robillard Bibliographie


ROBILLARD Chantal (Fr)

Née à Langeac, en Auvergne, Chantal Robillard a commencé sa carrière dans les Bibliothèques (Centre Georges Pompidou, Bibliothèque de Colmar, de Strasbourg). Nommée Chevalier des Arts et Lettres en 1999, elle a été critique de littérature enfantine, et intervient régulièrement au sein des milieux scolaires et universitaire pour faire partager ses œuvres et sa passion pour la lecture. Elle publie également de nombreuses nouvelles et poèmes, dont l’un « Le dit du Drégonjon et de son Elfrie » a été retenu au sommaire du recueil Reines et Dragons chez Mnémos
BIBLIOGRAPHIE (évolutive)
Nouvelles
Le dit du Drégonjon et de son Elfrie (in Reines et dragons, Mnémos 2012)

Sylvie Miller Bibliographie


MILLER Sylvie (Fr)

Enseignante et traductrice en anglais et espagnol, Sylvie Miller s’est lancée dans l’écriture tout en travaillant à entretenir des contacts avec la SF française et espagnole, publiant deux anthologies sur la SF hispanique « Dimension Espagne » et « Dimension Latino » aux éditions Rivière Noire. Auteur de plusieurs nouvelles et passionnée de Fantasy, elle s’est associée à Lionel Davoust pour mettre sur pied le recueil « Reines et Dragons » aux éditions Mnémos
BIBLIOGRAPHIE (évolutive)
Livres
Le chant de Montségur (Cylibris, 2001) avec Philippe Ward
Dimension Espagne (Black Coast Press, 2006) anthologiste
Dimension Latino (Black Coast Press, 2007) anthologiste
Noir duo (Black Coast Press, 2007) avec Philippe Ward
Reines et dragons (Mnémos) Recueil avec Lionel Davoust
Reines et dragons
(Recueil)
AUTEUR : Sylvie MILLER & Lionel DAVOUST (Fr)
EDITEUR : MNEMOS-Fantasy, 6/2012 — 204 p., 18 €
COUVERTURE : Kerem Beyit
Sommaire :
Préface : Sylvie Miller & Lionel Davoust
Chantal Robillard : Le dit du Drégonjon et de son Elfrie
Thomas Geha : Chuchoteurs du dragon
Adrien Tomas : Ophëa
Anne Fakhouri : Au cœur du Dragon
Justine Niogret : La grande déesse de fer de la miséricorde
Pierre Bordage : Morflam
Charlotte Bousquet : Azr’Khila
Vincent Gessler : Où vont les reines
Erik Wietzel : Le monstre de Westerham
Mathieu Gaborit : Under a Lilac Tree
Nathalie Dau : Cet œil brillant qui la fixait
Mélanie Fazi : Les Sœurs de la Tarasque
Critiques : www.elbakin.net (Gillossen)
De la passionnante préface des concepteurs de cette anthologie, Sylvie Miller et Lionel Davoust, nous tirerons certains extraits auxquels nous adhérons totalement. D’abord cette définition de la Fantasy en tant que littérature ouvrant vers le rêve, l’enchantement du monde et le domaine merveilleux des désirs enfouis. Puis leur approche de l’une de ses figures les plus emblématiques, le dragon, en tant que symbole du chaos primordiale, celui que les anciens cartographes utilisaient à travers la formule Hic sunt dracones (ici, il y a des dragons) pour désigner des territoires inexplorés générateurs de légendes et propices à toutes sortes d’aventures. Enfin cette idée remarquable d’opposer les augustes cracheurs de feu à un symbole aussi ancien, celui d’un archétype féminin par excellence, la reine, souveraine d’un nation (Cléopâtre, Victoria) ou de territoires invisibles (Titania, Reine de Cœur d’Alice au pays des merveilles, etc..) qu’il affronte, subjugue, ou finit par dévorer. Douze confrontations de ces figures mythiques sont présentées au sein de ce recueil à travers six femmes et six hommes, ou, si l’ont veut, six reines et six dragons. Des approches multiples et diversifiées qui empruntent aux voies labyrinthiques du dense univers de la Fantasy. Le conte, tout d’abord, avec Le dit du Drégonjon et de son Elfrie de Chantal Robillard, variation de Riquet à la Houppe (ici Riquet le Huppé) déclinée en forme de poésie. Chuchoteurs de dragon de Thomas Geha offre un regard un peu moins conventionnel avec une jeune reine choisie par un dieu dragon invisible, grâce à l’Enflamme apparue sur son corps, et forcée d’obéir à ses directives confiées lors de ses rêves. Une reine qui, par amour pour Malwenn le maître d’armes va s’opposer au terrible ordre des Chuchoteurs qui entretiennent des relations de maître à esclaves avec le dragon, mais pas dans le sens qu’on le présume. Ophëa de Adrien Tomas nous renvoie vers un classicisme plus médiéval avec un affrontement classique entre des chevaliers et un dragon pour la conquête d'une reine, qui débouche cependant sur une fin plutôt inattendue. Avec Au cœur du dragon Anne Fakhouri déroule un récit initiatique plein d'amour et de passion que nous suivons à travers les yeux, les peurs et les émois de Jil, la jeune apprentie grimpeuse. Justine Niogret, à travers La grande déesse de fer de la miséricorde, nous parle de l'étrange chasse à la grosse baleine que mène Reine et son compagnon le Dragon blanc dans un port aux teintes de fin de monde, le tout chargé d'une écriture sensuelle et percutante que l'on a déjà pu découvrir dans son roman Chien de Heaume (éditions Mnémos) qui a reçu le prix Imaginales et le Grand Prix de l’Imaginaire. Pierre Bordage n'est plus à présenter, son cycle de Rohel ou la série des Guerriers du Silence, pour ne citer qu'eux, on suffit à asseoir son image de talent reconnu des écrivains français tournées vers les territoires de l'imaginaire. Morflam nous invite à suivre le voyage épique de Hoguilde, la reine vierge, parti combattre le dragon qui ravageait son pays et destinée à apprendre de fascinantes révélations sur elle-même qui la conduiront à un victoire acquise sans verser de sang. Azr'Khila offre l'exemple de l'une des multiples facettes du talent de Charlotte Bousquet à qui nous devons de brillants cycles de Fantasy (Le cœur d'Aramantha chez Nestiveqnen, L’Archipel des Numinées chez Mnémos) et nous plonge dans un univers barbare de razzias et de pillages d'où émerge la sanglante magie de Yaaza l'aïeule gardienne de chèvre. Où vont les reines du jeune auteur suisse Vincent Gessler nous laisse pénétrer sur la pointe des pieds au cœur de la vallée des dragons sur la traces d'un étrange symbiose entre les reines d'Akhit et ces êtres légendaires, si puissants et vulnérables à la fois. Avec Le monstre de Wersterham, Eric Wietzel, bien connu des amateurs de Fantasy grâce à sa trilogie d'Elamia paru chez Bragelonne nous renseigne sur la candeur de certains dragons et sur la perversité de l'espace humaine, souveraine comprise. Under a Lilac Tree de Mathieu Gaborit, l'auteur de nombreux cycles majeurs de la fantasy francophone (Les chroniques des Féals, Abyme, Les chroniques crépusculaire) nous convie dans le monde de la Fantasy urbaine sur les traces d'une Eveilleuse et dans le Paris de Belleville où le Dragon cherche éternellement une muse pour en faire sa Reine. Natalie Dau, la créatrices des envoûtants Contes myalgiques (Editions Griffes d'Encre) nous ouvre avec Cet oeil brillant qui la fixait les portes d'un monde de métamorphoses à travers l'histoire de la troublante Gwendolyne et de Tiainrug, le dragon sentimental, englués dans un conflit où chaque camp disposait de sa Créature pour gagner les batailles sous fond d'envolée lyriques avec dragon céleste, homme-lune et femme-soleil. Enfin Les soeurs de la Tarasque confirme le talent de Mélanie Fazi (Trois pépins de fruits morts, Arlis et les forains, ed. Nestiveqnen) pour tremper sa plume dans un fantastique empreint d’émotionnel et pulsions charnelles pour nous inviter à pénétrer dans le huis clos d'un couvent où de jeunes novices découvrent peu à peu quel sera leur sort, elles qui doivent servir un Dieu Dragon avec qui les habitants de leur île ont signé jadis un pacte pour finir livrée à son Avatar humain vers qui doit se tourner leur adoration, à moins que certaines d'entre elles en décident autrement. En tout un recueil réussit qui s'inscrit en droite ligne des précédents opus (Rois & Capitaines, Magiciennes & Sorciers, Victimes & Bourreaux, également publiés chez Mnémos) démontrant toute la richesse thématique de l'univers de la Fantasy qui n'a pas finit de nous révéler toutes ses surprises et toute sa capacité d'émerveillement.

lundi 24 septembre 2012

Sam Sykes Bibliographie


SYKES Sam (Usa) 1986

Ecrivain américain né en 1986 et vivant en Arizona, fils de Diana Gabaldon, romancière américaine auteur de la célèbre série fantastico-historique du « Chardon et du tartan ». Il a débuté sa carrière avec le cycle de « La porte des Eons » traduisant une fantasy volontairement ironique à l'action endiablée reflet de son activité débordante sur les rseaux sociaux où il anime un blog des plus corrosifs
BIBLIOGRAPHIE (évolutive)
Séries
La porte des Eons (Fleuve Noir)
1.Le livre des abysses
2.La couronne du chaos
3.L'ombre de l'abîme
Articles
« Interview » par Gillossen sur le site www.elbakin.net, 11/2011.
Le livre des Abysses
(Roman) Aventures Fantasy
AUTEUR : Sam SYKES (Usa)
Ecrivain américain né en 1986 et vivant en Arizona, fils de Diana Gabaldon, romancière américaine auteur de la célèbre série fantastico-historique du « Chardon et du tartan ». Il a débuté sa carrière avec le cycle de « La porte des Eons » traduisant une fantasy volontairement ironique à l'action endiablée reflet de son activité débordante sur les rseaux sociaux où il anime un blog des plus corrosifs
EDITEUR : Fleuve Noir 9/2011 — 554 p., 24 €
TO : The Aeon's gate 1. Tome of the Undergate, Gollancz , 4/20010
TRADUCTEUR : Emmanuel Chastellière
COUVERTURE  : Jean-Sébastien Rossbach
Critiques : www.elbakin.net (Gillossen-Interview) ; www.scifi-universe.com (Manu B.)
Si le premier roman de Sam Sykes, Le livre des abysses, premier volet de la trilogie de La portes des Eons n’obéit pas aux lois de la tragédie classique française, unité de lieue, de temps (un jour) et d’action (un conflit central), il s’en rapproche cependant. En effet, l’objectif est unique : retrouver le Codex de l’Outremonde, un livre magique capable de libérer Ulbecetonth, la reine Kraken prisonnière des abysses et se déroule seulement dans trois décors différents : un navire, une île et une tour. Plus raisonnablement, il s’apparente plus à une quête digne d’un scénario de jeu de rôle et met d’ailleurs en scène un groupe d’aventurier avec des caractéristiques bien établies très prisées au sein des univers ludiques : Lenk, le jeune chef aux cheveux argentés qui a autant de mal à diriger sa troupe hétéroclyte qu’à juguler la voix intérieure le poussant au crime, Kataria la schicte émule de Robin des Bois dont la haine des humains n’a pour égal que son extrême puanteur, Gariath, l’homme-dragon, à la force colossale qu’il utilise au gré de son bon vouloir et surtout dans le but de massacrer des hommes, la race à laquelle il voue le plus profond mépris ; Denaos, un voleur sans scrupules peu enclin aux affrontements ; Dreadaeleon, le magicien de service qui, bien que semblant à peine sorti de l’adolescente, n’en manie pas moins des pouvoirs terrifiants ; Asperune prêtresse du dieu Talanas doté de talent de guérisseuse et Quillian, une femme qui ne passe pas inaperçue, notamment grâce à ses talents de paladin . Des êtres embarqués dans la même galère, c’est le cas de le dire puisque, embarqués sur un navire ils assurent la protection d’un éminent Saint Emissaire, qui, quand il ne passent pas leur temps à s’invectiver, ne manquent pas d’en découvre avec toutes sortes de créatures en voulant à leur vie, dont de féroces pirates, le tout marqué du sceau d’un ennemi commun aux nets relents démoniaque et inséré dans une canevas qui inclus une féroce bataille navale s’étendant sur prés de 150 pages. Si, bien sûr, les amateurs de grande littérature, ne pourront pas se contenter de cette intrigue basique et linéaire, on pourra toutefois concéder à ce jeune auteur de 26 ans la parfaite maîtrise d’une plume énergique implicitement traduite par une entrée en matière qui plonge immédiatement le lecteur au cœur de l’aventure sans s’appesantir sur le passé de protagonistes que la vivacité de l’action ne nous laisse guère le temps de découvrir. Car la caractéristique principale de ce livre c’est le dynamisme de l’action favorisé par de nombreux dialogues, le plus souvent exacerbés. Dés lors, le fait de rester sur sa faim en ce qui concerne le background entourant cette expédition ainsi que ses principaux protagonistes peut inciter le lecteur à attendre une suite où il trouvera les réponses aux multiples questions que soulève ce premier opus. Et puis on notera avec intérêt le ton volontairement empreint d’humour sarcastique qui prédomine au fil des pages, une ambiance symbolisée par le petit avant-propos reproduit ici : « "Contrairement à ce qu'affirment toutes les histoires et autres chansons consacrées au sujet, un homme ne peut accomplir grand-chose de respectable une épée à la main. Pour commencer, il peut la reposer et faire autre chose; c'est le chois de ceux qui possèdent des talents plus remarquables...". Fils de Diana Gabaldon, une romancière américaine d’origine mexicaine et anglaise, bien connu des amateurs de littérature de l’imaginaire notamment pour son cycle du Chardon et du tartan, une série mélangeant l’Histoire et la science-fiction, Sam Sykes entame ici une carrière prometteuse enfilant le costume d'une Aventure Fantasy dont les pages fourmillent d'actions et de batailles. Et pour en savoir plus sur cet auteur on peut se reporte à l'interview qu'il a donné à Gillossen sur le site www.elbakin.net. Enfin, en ce qui concerne la filiation de ce livre au domaine des dragons, elle se fait par l'entremise de Gariath, le puissant homme-dragon, un être colossal qui voue aux humains une haine féroce et un mépris total. Il possède une tête cornue ornée d'une collerette qui surplomble deux ailes tannées. De son long museau peuvent jaillir des flammes capables de transformer en torche vivant n'importe quel être vivant.
Les autres titres de la série :
1.Le livre des abysses
2.La couronne du chaos

lundi 17 septembre 2012



Les chroniques des elfes. Intégrale
(Recueil) High Fantasy
AUTEUR : Jean-Louis FETJAINE (Fr)
Né en 1956 et diplômé de philosophie et d’histoire médiévale, c ejournaliste a fait une entrée fracassante de le domaine de la fantasy avec sa « Trilogie des elfes » publiée à partir de 1998 aux éditions Belfond. Depuis, il n’a pas quitté le domaine du merveilleux où il a même créé un collection portant son nom éditant de remarquables ouvrages centrées sur les paysages et les peuples de la féerie.
EDITEUR : Pocket-Fantasy 7121, 8/2012 — 648 p., 13,90 € — Couv. : Jessica Jung
SOMMAIRE :
Llane
Précédentes publications : Fleuve Noir-Hors collection, 5/2008 — 265 p., 19 € — Ser. : Les chroniques des elfes 1 — Couv.: Sandrine et Jean-Baptiste Rabouan & PocketFantasy 5991, 4/2009 — 320 p., 8 € — Couv. : John William Waterhouse
Critiques : www.elbakin.net (Gillossen-Interview) ; Khimaira 15 (Christophe Sambre) : Lanfeust 110 (Dometoff, Gaspérini & Cie)
L'elfe des Terres Noires
Précédentes publications : Fleuve Noir-Hors Collection, 4/2009 — 264 p., 19 € — Ser. : Les chroniques des elfes 2 — Couv.: Sandrine et Jean-Baptiste Rabouan & PocketFantasy 7021, 4/2010 — 256 p., 7 € — Couv. : John Simmons & John William Waterhouse
Critiques : www.elbakin.net (Alethia-Interview) ; www.noosfere.com (Lucie Chenu) ; www.yozone.fr (François Schnebelen)
Le sang des elfes
Précédentes publications : Fleuve Noir-Hors Collection, 4/2010 — 300 p., 19 € — Ser. : Les chroniques des elfes 3 — Couv.: Sandrine et Jean-Baptiste Rabouan & PocketFantasy 7063, 5/2011 — 268 p., 7,40 € — Couv. : John William Waterhouse
Critiques :www.elbakin.net(Vermithrax) ;  www.yozone.fr(François Schnebelen)
→ Une intégrale qui reprend les trois opus de la série Chroniques des elfes, retraçant les événements s'étant produits avant la fameuse Trilogie des elfes qui a déboulé dans le domaine de la Fantasy francophone comme un Ovni littéraire encensé par la critique, permettant à son auteur, Jean-Louis Fetjaine, d'être reconnu comme l’un des meilleurs représentants du genre et de toucher un innombrable public. Le premier tome, intitulé llane, nous ramène à une époque où les hommes avaient oublié les anciens dieux et vénéraient un être supplicié sur une croix frère Edern et ses ouailles s’aventurèrent dans la Forêt, le domaine séculaire du peuple de Dana. Les archers elfes les massacrèrent. Mais Maheolas, un jeune moine, échappa à la tuerie. Après une pénible errance dans ces bois Eliande, il est capturé par les elfes de Cill Dara et placé sous la garde du druide Gwydion. Dirigée par Arianwen, la reine des elfes, le conseil du peuple de Dana aurait décidé sa mort, si Gwydion ne s’y était pas opposé. En effet, en jetant les runes, il a découvert que le destin de Maheolas est étroitement lié à celui de Llane, la propre fille de la reine, et que de leur sort dépendra l’avenir du monde. Un monde où résonnent désormais les rumeurs de guerre. Et pour les elfes la principale menace ne représente plus désormais l’avancée des hommes guidés par leur nouvelle religion, mais plutôt d’énormes loups noirs qui attaquent leurs clans de chasse. Car ceux-ci sont guidés par les kobolds, les hommes-chiens, maîtres des grands loups de guerre. Ames noires des loups, ces derniers sont la voix de Celui-qui-ne-peut-être-nommé, et leur réapparition en grand nombre annonce le retour de cette créature de l’En-Dessous désireuse de plonger le monde dans d’insondables ténèbres. Bientôt des hordes de monstres, loups, kobolds, orcs et autres créatures démoniaques se répandent à travers les bois en une intarissable armée contre laquelle les humains sont impuissants. Le prince Pellehun les combat sans merci dans le bourg de Bassecombe envahi et ravagé. Tandis qu’il attend avec appréhension les renforts venus de Loth avec à sa tête son père le roi Kern, qui se dirige tout droit dans le piège tendu par les monstres, il envoie les derniers survivants de sa troupe dans les montagnes, afin de rejoindre Seuil-des-Roches, le village des barbares des Marches. Pendant ce temps les elfes d’Ellande, conduits par le roi Morvryn et la reine Arianwen, livrent une féroce bataille contre l’armée des Terres Noires. Mais Lliane disparaît au cours de l’affrontement, ainsi que le moine Maheolas, qui s’est échappé et qui, capturé par les orcs, a fini par s’agenouiller devant Celui-qui-ne-peut-être nommé. Le second volet, L'elfe des Terres Noires, nous invite à retrouver Llane, princesse héritière des elfes d’Eliande. Retenue prisonnière au sein des Terres Noirs, chasse gardé de Celui-qui-ne-peut-être-nommé, elle doit se familiariser avec les mœurs cruelles de ses habitants, si elle veut survivre. Mais elle fait mieux, elle découvre peu à peu un d’humanité dans les orcs et les gobelins. Créatures réelles, et non uniquement êtres magiques surgis du néant, ils naissent, grandissent, se nourrissent, dorment au sein d’une organisation sociale qui leur est propre, avec des villes, comme la ténébreuse cité d’Omkünz où la princesse héritière est détenue en même temps que le moine novice Maheolas. Au fil des rencontres de Llane, on apprend que ces créatures maléfiques peuvent également éprouver des sentiments. C’est donc sur certains d’entre eux qu’elle s’appuiera pour préparer son évasion afin de rejoindre un monde où le contexte belliqueux se durcit car les hommes et les elfes s’apprêtent à y livrer une nouvelle bataille. Un monde où Dubricius, l’évêque de Logres, cherche à engager Pellehun, le fils du roi Ker, dans sa croisade fanatique contres les hérétiques, incluant les elfes, sensé détenir le graal, dans le même panier que les créatures du ténébreux royaume de Lug. Alors que Celui-qui-ne-peut-pas-être-nommé semble posséder un esprit d’ouverture qui pourrait rallier à sa cause des elfes et même des hommes. Un seul peuple pour un seul dieu, la doctrine prônée par Lug s’apparente à celle d’Hitler et de ses Nazis qui, avant de déferler sur l’Europe, avait su séduire les foules par des arguments autres que la violence pure (égalité sociale, justice territoriale, etc…). De son côté l’Evêque brandit l’étendard d’une croisade destinée à éradiquer toute forme de survivance païenne et tout foyer d’hérésie en devenir, incluant l’extermination des humains réfractaires et des elfes, bien entendu. Unifier les peuples et soumettre le monde dans la douleur et le sang, tel est le but avoué des adorateurs de Lug. Un objectif que partage le Prince des Hommes et les plus hautes autorités de l’Eglise, chacun d’entre eux étant prêt à toutes les bassesses, à toutes les trahisons et à toutes les ignominies pour y parvenir. Les plus improbables alliances naîtront donc dans le second tome de cette série dont l’intrigue se déroule telle une judicieuse partie d’échec traversées par des personnages en devenir du prochain triptyque et par d’autres qui n’apparaîtront pas dans la Trilogie des elfes, et qui vivent ici des histoires parallèles. Enfin, Le sang des elfes, vient conclure cette nouvelle et remarquable trilogie. Évadée des Terres Noires, Lliane a été recueillie par les Nains. Chez eux elle a rencontré le roi Troïn qu’elle s’est efforcée de convaincre que seule un alliance des peuples en périls pourrait permettre de contrer les projets d’invasion de Celui-qui-ne-peut-être-nommé, d’autant plus que ces derniers seront en première ligne lorsque les troupes d’orcs et de gobelins déferleront sur le monde. De retour chez les siens, Lliane, devient logiquement la reine des elfes. L’alliance des trois peuple semble en bonne voie, mais la mort subite du roi Ker, compromet sa réalisation, car son fils Pellehun qui l’a remplacé à la tête du royaume de Logres, doit beaucoup à Dubricius, le puissant évêque qui prône une hégémonie des hommes sur les autres races. Désormais c’est sur les épaules de Lliane que repose la survie de cette primordiale coalition. Et le temps presse, car les hordes démoniaques sont passées à l’attaque. Déjà elles déferlent sur la forteresse d’Agor-Dôl où les nains leur offrent une héroïque résistance se sacrifiant ainsi pour le salut des hommes des plaines et des elfes de la forêt d’Eliande. Ce sont ensuite les elfes qui subiront le second assaut. Galvanisés par la mort de leur souveraine Arianwen, ils plient mais ne rompent pas face à la furia des troupes démoniaques. Fascinés par leur courage et persuadés avec patience et diplomatie par l’active nouvelle reine, les hommes finiront par se joindre à eux afin de combattre leurs mortels ennemis, bientôt rejoint dans cette bataille de la dernière chance par les valeureux nains de Torïn. Complétant à merveille son tour horizon des divers peuples de son monde, agrandissant sa galerie de personnages et apportant la dernière touche aux intrigues nouées dans les précédents tomes, Jean-Louis Fetjaine, en conteur émérite, nous délivre un récit épique qui plante les bases de son fascinant univers déjà exploité dans sa célèbre Trilogie des elfes. Un peu à la manière d’un érudit découvrant sur les rayonnages de la bibliothèque d’un monastère un vieux manuscrit aux pages poussiéreuses, nous plongeons dans ce livre qui nous entraîne aux racines d’une histoire légendaire dont les soubresauts n’ont pas encore fini d’agiter les mondes des elfes, des hommes et des nains et dont certaine pages ne sont pas sans entretenir un rapport étroit avec des morceaux de notre propre Histoire encombrée par tout un lot de tombereaux d’horreur. Nullement gêné par le fait de décrire un monde dont la fin a déjà été abordée dans la série précédente, Jean-Louis Fetjaine prend un malin plaisir non à raconter comment les personnages meurent, mais comment ils deviennent des acteurs-clés du récit. En cela il rejoint la longue liste des créateurs de préquelles, Elric des dragons pour l’Elric des Moorcock, les préquelles au Larmes d’Artamon de Sarah Ash, celles des Chroniques de Dragonlance de Weis et Hickman, ou de Robin Hobb avec Retour au pays pour les cycles de L’Assassin Royal et des Aventuriers de la mer pour ne citer qu’eux…, et nous confirme, une fois de plus, son immense talent d’écrivain.
Les séries de l'auteur :
La Trilogie des elfes
1.Le crépuscule des elfes
2.La nuit des elfes
3.L'heure des elfes
Les chroniques des elfes
1.Lliane
2.L'elfe des Terres Noires
3.Le sang des elfes
A lire pour en savoir plus :
► « Jean-Louis Fetjaine, l’ami des elfes. Rencontre avec l’auteur de la trilogie des Chroniques des elfes  » par Christophe Van de Poseele, sur le site www.khimaira-magazine.com , 5/2009.
► « Interview » par Alethia à propos de la parution de L’Elfe des Terres Noires sur le site www.elbakin.net, 4/2009.
► « Interview » par Gillossen à propos de la parution de Lliane sur le site www.elbakin.net, 5/2008.
► « Interview de Jean-Louis Fetjaine pour ses séries sur les elfes » par Kobold sur le site http://peuple-feerique.com, 5/2009.

Le dragon en Bretagne
(Essai)
AUTEUR : Claire ARLAUX (Fr)
EDITEUR : Keltia Graphics, 8/2000 —104 p., 14 €
Gueule de bois ou cœur de pierre, le dragon est une figure familière des sanctuaires. Nourri de l’imaginaire des hommes, il porte en lui de nombreux symboles. Après un tour d’horizon des civilisations qui l’ont divinisé ou diabolisé, ce livre abondamment illustré invite à découvrir les images du dragon sur les routes de Bretagne. De manoir en chapelle, mais aussi sur les traces du roi Arthur, fils d’Uther Pendragon et des saints celtiques, ermites ou évêques qui se sont disputé l’honneur de terrasser la bête… Dressé en sentinelle sur les toits, tapi dans les feuilles de vigne des porches ou piétiné par saint Michel, Pol, Armel et les autres, c’est l’animal le plus mystérieux du bestiaire légendaire.

dimanche 16 septembre 2012


Le dragon de poche
(Roman) Jeunesse
EDITEUR : Corley BYRNE (Canada)
EDITEUR : Rageot-Bilbiothèque Rouge et Or 45, 1/1990
TO : The princess and the dragon-hamster, J.M. Dent, 1985
TRADUCTION : Marie-José Lamorlette
COUVERTURE & ILLUSTRATIONS : Philippe Matter
La princesse Pétra, courageuse et débrouillarde, décide d'aider ses parents, le roi et la reine de Bombolie. Tombés dans la pauvreté, ils ont été obligés de vendre leur royaume au sinistre baron de Brutonie. Pétra veut apprendre le métier de magicienne afin de faire fortune. Mais, quand elle lance son premier sort pour soigner Ernest, un gros dragon malade, elle se trompe et le transforme en hamster. Avec son dragon-hamster, Pétra part dans le vaste monde afin de trouver de l'argent pour remettre ses parents sur le trône.

samedi 1 septembre 2012


Bitterblue
(Roman)
AUTEUR : Kristin CASHORE (Usa)
EDITEUR : Calmann Lévy-Orbit, 5/2012 — 489 p., 20,50 €
TO : Bitterblue, Dial Books, 2012
TRAD  : Alexandra Maillard
COUVERTURE : Larry Rostand
→ Au cours des deux précédents romans de la série, Graceling et Rouge, nous avons déjà appris à connaître les noms des 7 Royaumes se partageant la carte de ce monde : Nander, Lienid, Estill, Wester, Sunder, Dells et Monsea. C'est au sein du dernier cité que se focalise l'action de ce troisième opus mettant en scène la toute jeune reine Bitterblue. Elle a à peine 10 ans, quand son père, le terrible et sadique Leck est assassiné après avoir tué sa propre femme, la mère de Bitterblue. Désormais le règne de ce tyran pervers, qui fondait son pouvoir sur le contrôle des esprits, devrait disparaître dans les brumes du passé. Et pourtant, il continue d'empoisonner les rues de la cité où Bitterblue, devenue une jeune fille, se promène en secret la nuit afin d'échapper à la montagne de paperasses sous laquelle l'ensevelissent ses proches conseillers, Thiel, Darby, Runnemood et Rood, des Gracelings comme elle, c'est à dire des êtres dotés d'un talent magique particulier. Durant ses escapades nocturnes Bitterblue fait la connaissance de deux voleurs avec qui elle se lie d'amitié. L'un, Teddy, collectionne les mots et détient la clé permettant de démêler les mystères entourant l'abominable règne de Leck. L'autre, Saf, un autre Graceling, nanti d'un pouvoir exceptionnel dont il ignore lui-même la teneur, a trouvé le chemin de son cœur. S'efforçant de remettre en place les pièces d'un puzzle de plus en plus compliqué, la jeune souveraine pourra compter sur l'aide de ses amis Gracelings, dont Kasta la redoutable guerrière, de son cousin Po, de Madlen la guérisseuse et de Death le bibliothécaire, capable de dévorer les livres à une vitesse surhumaine et de mémoriser tout ce qu'il a lu, qui lui permettra d'échapper à plusieurs tentatives d'assassinat et de faire la découverte de l'énigmatique royaume de Dells. Emportée dans un fantastique tourbillon d'événements, les uns plus dangereux que les autres, elle apprendra peu à peu la vérité sur son père et sur ceux qui l'ont servi et qui font dorénavant parti de son très proche entourage, ainsi que sur sa propre nature. Tout en faisant le dur apprentissage du métier de reine, elle puisera au plus profond d'elle-même afin d'utiliser des ressources insoupçonnées qui trouveront leur expression à travers toute une palette de sentiments. En suivant son douloureux et patient cheminent le lecteur pénètrera alors dans une fantasy intilmiste, bien loin des bruits de sabre et des clameurs barbares des habituelles productions du genre. Un roman qui nous captive peu à peu en mettant à nue les peines, les angoisses, les interrogations, les colères et les passions d'une jeune fille engloutie dans une monde où la magie de pouvoirs hors du commun lui confère son lot de richesse, mais aussi son fardeau d'horreurs. Glossaire et cartes accompagne ce livre venu asseoir encore un peu plus la notoriété en France de cette jeune romancière américaine qui a très vitre acquis un renom international grâce à la publication de sa trilogie Graceling.

Roi du matin, reine du jour
(Roman)
EDITEUR : Ian McDONALD (Gb)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 432, 9/2012 — 585 p., 9,10 €
TO : King of morning, Queen of Day,Bantam, 2/1991
TRAD  : Jean-Pierre Pugi
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédente publication : Denoël-Lunes d'Encre, 1/2009 — 504 p., 25 € — Couv. : Michel Koch
Critiques : www.actusf.com (Arkady Night) ; Bifrost 54 (David Legendre) ; www.cafardcosmique.com (Ubik) ; www.noosfere.com (Bruno Para & Alexandre Ferrando) ; www.scifi.universe.com (Manu B) ; www.yozone.fr (Antoine Chalet)
→ Peu connu en France, si ce n’est par ses deux romans Désolation road et Nécroville (Robert Laffont et J'Ai Lu) et son recueil Etat de rêve (Robert Laffont), Ian Mc Donal est cependant une valeur sûre de la littérature de SF anglo-saxonne. Le livre que rééditent aujourd’hui les éditions Folio SF permettra aux lecteurs français de mieux connaître cet écrivain qui mérite amplement le détour. L’ouvrage se décompose en trois novella, et un court intermède, centrés sur le destin de jeunes femmes irlandaises observées à différentes époques ; Dans cette sorte de Voyage de Simon Morley la Jack Finney (Denoël Lunes d’Encre) Ian Mc Donald s’efforce d’immerger totalement ses lecteurs au sein des époques où se déroule l’histoire en nous peignant des personnages aux mœurs criant de vérité. Le premier texte, Craigdarragh, s’exprime sous la forme d’un roman épistolaire fort utilisé dans le genre fantastique, en particulier dans le Dracula de Bram Stoker. On y suit les émois juvéniles d’Emily Desmond qui se complait dans la croyance à une vie fantasmée l’entraînant à batifoler dans les bois proches de sa demeure victorienne avec des créatures issues d’un monde de Féerie qu’elle a baptisé l’Outremonde et dont elle finira par découvrir la surprenant et véritable origine issue de ses propres frustrations sexuelles. Une originalité qui, somme toute, se comprend lorsque l’on apprend à connaître son père, le Dr Edward Garrett Desmond, éminent astronome qui a fini par se persuader que la comète qu’il observe est en fait un vaisseau extraterrestre en provenance d’Altaïr. Mis au banc de la communauté scientifique, il n’hésitera pas à dilapider la fortune familiale afin de construire un appareil destiné à permettre le contact avec ces êtres venus des étoiles. Un récit qui est en fait le prolongement de la novella Roi du matin, reine du jour, éditée dans le recueil Etat de rêve. La seconde partie du livre, Le front des mythes, introduit la figure de Jessica Caldwell, jeune dublinoise des années trente, fille cachée du précédent docteur Desmond. Bien loin du langage quelque peu suranné utilisé par Emily, qui approchait parfois les envolés lyriques du poète Yeats, Jessica s’exprime à travers un discours plein de gouaille et d’humour où transparaissent ses pulsions sexuelles récemment découvertes. Une frénésie qui l’entraîne sur les traces des origines de sa mère naturelle dont elle a hérité les fascinants pouvoirs de création au cœur de cee fabuleux Craigdarrah, émanation de l’Irlande profonde, le tout accompagnée de son psychanalyste, de son père adoptif et de deux clochards, Gonzague et Tirésias, qui semblent tout droit sortie du En attendant Godo de Samuel Beckett. Enfin la troisième et dernière partie du livre, Shekinah, s’attache au pas de Enye MacColl, jeune femme solitaire publiciste dans le Dublin de la fin des années 80, l’époque où l’auteur à écrit ce livre. Véritable volet de fantasy urbaine, le récit nous propose de suivre le combat que cette dernière va mener à coups de katana contre des ectoplasmes monstrueux hérités de ses lointains ancêtres qui viennent continuellement hanter ses nuits. On le voit, chaque partie du roman possède son propre style, mais, miracle du talent, mises bout à bout, elles finissent par constituer une fantastique peinture d’une Irlande intemporelle et mythique où la réalité se confronte perpétuellement au légendaire. On retrouve dans ses pages des accents à la China Mièville de Perdido Street Station, parenté symbolisé par la ville de Dublin en tant que lieu du récit devenant le héros de l’action. Des similitudes avec La forêt des Mytagos de Robert Holdstock se retrouvent pareillement à travers un surnaturel faisant irruption au sein d’un cadre réaliste datable, construisant ainsi un fantastique légitimé d’où émergent les figures des Archétypes générés par l’inconscient humain, le tout s’en éloignant cependant par un ancrage du récit moins primitif et plus ancré dans son époque que la prose Holdstochienne. Une ressemblance que l’on pourrait également retrouver dans Le parlement des fées de John Crowley où perdure cette omniprésence des forces mythiques si chères aux traditions et au folklore irlandais. Mais ce roman est avant tout une œuvre très personnelle d’un écrivain qui précise avoir voulu, avec ce livre, se réapproprier les mythes de son pays souvent accaparés par les écrivains du monde entier, et des Etats-Unis en particulier. Un roman qui sort en tous cas des sentiers battus de la Fantasy et qui, après avoir reçu le Prix de l’Imaginaire 2010 aux Utopiales de Nantes, semble avoir fait l’unanimité chez les critiques francophones comme l’on peut s’en rendre compte en parcourant les lignes qui lui sont dévolues sur des sites tels que actuSF, Le Cafard Cosmique, Noosfere, Yozone et autres SFuniverse.
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