lundi 23 septembre 2013

Histoires terribles
(Recueil) Fantastique
AUTEUR : Edgar Allan POE (Usa)
EDITEUR : Flammarion Jeunesse, 8/2013 — 254 p., 6,10 €
COUVERTURE : Aurélien police
SOMMAIRE :
Avant-propos : Danielle Martinigol
Poe précurseur du roman fantastique : Metzengerstein – William Wilson – Le chat noir – Le coeur révélateur – Bérénice – Ligeia – Le corbeau – La chute de la maison usher
Poe précurseur du roman policier : Double assassinat dans la rue Morgue – Le mystère de Marie Roger
Poe précurseur du roman d'aventures : Les aventures d'Arthur Gordon Pym de Nantucket
Poe précurseur du roman de science-fiction : Aventures sans pareille d'un certain hans Pfaall – Le canard au ballon
Poe auteur satirique, un aspect méconnu de son oeuvre : La semaine des trois dimanches – Le mille et deuxième conte de Schéhérazade
Conclusion : La genèse d'un poème - Ombre
→ Admirable idée que celle de Danielle Martinigol d'offrir aux jeune lecteurs un aperçu de l’œuvre de celui qui restera l'une des plus grandes gloires littéraires des Etats-Unis, méconnu dans son propre pays, mais largement diffusé en France aux traductions enthousiastes de Charles Baudelaire, pour les textes en prose, et de Mallarmé, pour les poèmes. Dans sa passionnante préface notre chère professeur de français aujourd'hui à la retraite et auteur de nombreux récits pour la jeunesse, s'efforce de dépoussiérer le mythe Poe de tout l'attirail sulfureux (drogue, alcool, jeux, etc...). De même, si elle ne manque pas de rappeler son enfance marquée par la perte très jeune de sa mère et de son père, tuberculose pour la première à 24 ans, et alcoolisme pour le second à 26, elle réfute l'étiquette d'écrivain maudit que Charles Baudelaire contribua à alimenter sur sa nature profonde. Reprenant les principales étapes de sa vie, Danielle Martinigol nous aide à comprendre ce qui a fait toute l'originalité de son œuvre, par cela, elle a pris le partie de nous présenter des extraits, soigneusement choisis de ses principales réalisations. Poe étant, avant tout, un auteur éclectique que les passerelles entre les genres étaient loin de rebuter, elle nous propose une approche par thématique afin de mieux appréhender toute la spécificité de son parcours. C'est ainsi que nous allons découvrir tour à tour un Poe précurseur du roman fantastique avec des extraits de Metzengerstein – William Wilson – Le chat noir – Le coerce révélateur – Bérénice – Ligeia – Le corbeau – La chute de la maison usher ; un Poe précurseur du roman policier avec Double assassinat dans la rue Morgue – Le mystère de Marie Roger ; un Poe précurseur du roman d'aventures avec Les aventures d'Arthur Gordon Pym de Nantucket ; un Poe précurseur du roman de science-fiction avec Aventures sans pareille d'un certain hans Pfaall – Le canard au ballon ; un Poe auteur satirique, avec un aspect méconnu de son oeuvre : La semaine des trois dimanches – Le mille et deuxième conte de Schéhérazade. En conclusion Danielle Martinigol nous propose de laisser la parole à Poe en personne pour nous conter la genèse d'un poème et finir sur un court texte, Ombre, qui, en une seule page, exprime toute la densité de l'écriture d'un auteur que l'on aura pris un immense plaisir à découvrir ou à redécouvrir à travers ce remarquable petit livre à la couverture signée Aurélien Police, également grand arpenteur des territoires de l'imaginaire.

mardi 17 septembre 2013

Capitaine Terra Wilder
(Roman) Légendaire arthurien / Magie
AUTEUR : Anne ROBILLARD (Qc)
EDITEUR : Michel Lafon,, 6/2013 — 544 p., 15,95 €
SERIE : Terra Wilder 2
Précédente publication : Mortagne, 10/2009 — 544 p., 29,95 €
Les autres titres de la série :
1.Qui est Terra Wilder ?
→ Quinze ans se sont écoulés depuis la dernière partie entre le magicien et le sorcier. La petite ville de Little Rock a changé son nom pour celui de Nouvelle-Camelot et s’est graduellement transformée en magnifique cité médiévale de l’époque de Templiers, connue dans le monde entier. Persuadés que le jeu ne reprendra que dans cent ans, Terra et Amy Wilder ont élevé leurs jumeaux en toute quiétude, les laissant développer leurs talents respectifs. Mais ils ont négligé un détail. N’ayant pas suivi la procédure d’abdication à la fin du match, Terra est toujours le chef de la Table Ronde. Pressé de devenir le maître du monde, le sorcier se sert de ce petit oubli pour revenir à la charge. Il sait très bien que le successeur du vieux magicien n’est pas tout à fait prêt à se mesurer à lui et qu’il pourra ainsi le vaincre sans difficulté. Et pour arriver à ses fins, il n’hésite pas à enlever des êtres qui lui sont chers. Ce qu’il ignore, cependant, c’est que la prépotence et la fourberie ne font pas le poids devant l’amitié et la loyauté. Cette aventure nous fait découvrir non seulement une tranche d’histoire ancienne, mais aussi la force du destin qui réunira deux frères. La suite d’une nouvelle série publiée par les éditions Mortagne qui furent à l’initiative de la parution des premiers tomes du cycle des Chevaliers d’Emeraude qui rendit Anne Robillard célèbre à travers le monde.

Sans âge
(Roman) Bit-Lit / Uchronie / Vampires / Loups-garous
AUTEUR : Gail GARRIGER (GB)
EDITEUR : Calmann Lévy-Orbit, 5/2013 — 333 p., 16,90 €
TO : The parasol protectorat 5.Timeless, Orbit, NY, 2012
TRADUCTION : Sylvie Denis
COUVERTURE : Iceberg & Laurent Panepinto
Critiques : www.phenixweb.net (Véronique de Laet)
Les autres titres de la série :
1.Sans âme
2.Sans forme
3.Sans honte
4.Sans coeur
Les femmes fortes made in Britannia, nous connaissons déjà avec le cortège de Emma Peel (Chapeau melon et bonnes de cuir) de Pamela Lyndon Travers (adaptée par Disney), sans compter les enquêtrices à la Miss Marple, etc… Pourtant, Alexia Tarabotti de Gail Carriger a su nous charmer avec son originalité puisée dans la fréquentation du fantastique qui baigne toute la série. Car Alexia est une sans âme, entendez une sorte de chaînon manquant, si l’on se réfère au darwinisme ambiant de cette Angleterre de l’époque victorienne où, depuis le règne d’Henry VII, et par décision de sa fille, la reine Elisabeth, les vampires et les loups-garous sont devenus des sujets respectés de Sa Gracieuse Majesté. Alexia a commencé par tueur un suceur de sang, puis elle s’est éprise du beau loup-garou, Lord Maccon, le responsable du BUR, le Bureau du registre des non-naturels, qu’elle a fini par épouser. Bien entendu ce couple pas comme les autres qui, au fil des pages, saute de galipettes en galipettes, a vécu de nombreuses aventures dans les quatre premiers tomes de cette série qui trouve ici sa conclusion. Deux ans se sont passés depuis l’histoire racontée dans le précédent tome, Sans cœur, et Lady Maccon passe des jours paisibles, quoi un peu ennuyeux, auprès de la meute Woosley dont son époux est l’alpha et le professeur Lyall le Bêta, ainsi que de Lord Alkedama, représentant le clan des vampires. En vérité, la plupart de ses journées sont occupées à apporter son aide pécuniaire à son ami Ivy et à rattraper les bourdes de sa fille Prudence, dotée de pouvoirs surnaturels qu’elle ne maîtrise pas vraiment. Aussi, lorsque la reine de la ruche d’Alexandrie, la plus vieille vampire de la Terre, la convoque en Egypte pour que lui soit présentée l’enfant née de l’union d’une sans âme et d’un loup-garou, elle s’empresse d’accepter cette invitation qu’elle n’a d’ailleurs guère l’aptitude de refuser. Et la voilà embarquée avec sa famille et de nombreux amis vers les lointains rivages du Nil. Gail Carriger va habilement profiter des multiples péripéties qu’elle fait vivre à son héroïne au cour de son voyage au pays des Pharaons, pour faire revenir sur le devant de la scène tous les personnages essentiels du cycle et pour apporter des réponses aux questions pas encore résolues sur le fond de l’histoire et son background délicieusement british. Ici, encore plus que dans les volumes précédents, la filiation avec l’Elizabeth Peters, l’archéologue collectionneuse d’ombrelles d’Amelia Peabody, est rendu encore plus flagrante par le conteste géographique dont l’auteur s’efforce à travers ses pages de nous restituer tout l’exotisme, senteur, chaleur et parfum de mystère, sans oublier de maintenir la touche victorienne salutaire pour toute bonne uchronie et une granulée d’humour qui affleure toujours à la surface d’une intrigue mâtinée d’un sans gêne souvent plus proche de la moiteur des alcôves des salons parisiens que du sacro-saint flegme britannique. La seule remarque désobligeant que l’on pourrait faire à l’auteur, c’est que ce roman marque la fin de la série. Une fin pas du tout cousue de fil blanc et aux rouages savamment articulés, mais une fin tout de même. A moins que les quelques mots tombés de lèvres de Gail Carriger aux dernières Utopiales de Nantes laissent présager que notre chère tueuse de vampires n’ait pas encore dit son dernier mot… Nul doute que les éditions Orbit se feront un plaisir de répondre à cette question lancinante dans les prochains mois, ce en quoi les innombrables fans de d’Alexia Maccon-Tarabotti leur en seront, j’en suis sûr, pour toujours reconnaissants.

samedi 14 septembre 2013

Intégrale Z
(Roman) Postcataclysme / Zombies / Horreur
AUTEUR : Max BROOKS (Usa)
EDITEUR : Calmann Lévy-Orbit, 6/2013 — 815 p., 17.50 €
TRADUCTION : Patrick Imbert
COUVERTURE : Iceberg
ILLUSTRATIONS : Max Werner
SOMMAIRE :
World War Z (World War Z, Three River Press, NY 2006)
Closure, Limited et autres histories de zombies (Closure, Limited & other stories from the Zombie War, Duckworth Overlock, Londres 2012)
Guide de survie en territoire zombie (The Zombie survival guide, Three River Press, NY, 2003)
En ce moment les zombies ont le vent en poupe, que ce soit au cinéma, à la télévision ou en littérature. On est loin de la sortie confidentielle de La nuit des morts vivants de Romero dans les petites salles pour étudiants en noir et blanc. Cette intégrale correspond World War Z, film avec Brad Pitt sorti sur les écrans en juillet 2013..Elle comprend le roman World War Z, le recueil Closure, Limited et autres histoires de zombies et l’essai Guide de survie en territoire zombie, le tout dans une traduction de Patrick Imbert. Le roman World War Z est en fait un recueil d’interviews de personnes ayant vécu la guerre des zombies. Il est structuré en plusieurs parties : Les premiers symptômes – La faute – La grande panique – Retournement de situation – Première ligne – Autour du monde et ailleurs – Guerre totale et Adieux. Cette structure très scénaristique projette une éclairage direct sur le cheminement de l’action, intégrant le lecteur au cœur de la trame historique à travers un prisme de points de vue dont la diversité, allant des militaires au simples humains, permet une approche précise et multi-visions du début, du déroulement et de la fin de ce conflit sans précédent dans l’Histoire de l’Humanité. Le recueil de 4 nouvelles (Closure Limited, Steve et Fred, Le carnaval de l’extinction et La grande muraille) est une sorte de plat d’accompagnement servi à côté du plat de résistance que représente le roman proprement dit. On y découvre d’autres trajectoires incluses dans l’immense patchwork de ce drame à l’échelle planétaire, nouvelles variations de focus qui intensifie encore les angles d’approches dans le besoin de compréhension qui résulte de ce cataclysme mondial et du caractère profanateur de ces principaux protagonistes. Enfin Le guide de survie en territoire zombie, comme son nom l’indique, se lit à la manière d’un manuel où l’on apprend tout ce que l’on doit savoir pour échapper à ces prédateurs hors normes ou bien pour les traquer, à savoir : les Mythes et réalités sur les Morts-Vivants, les Armes et techniques de combat, les Moyens de Défense, les Fuites et Déplacements, la Chasse et le Nettoyage, ainsi que le témoignage, Vivre dans un monde envahi par les zombies et le listing détaillé des Epidémies recensées, l’ensemble accompagné de quelques dessins destinés à rendre ces conseils plus facilement assimilables. C’est dont un gros pavé qui se lit assez rapidement et que nous conseillerons à toutes les personnes qui appréhendent d’un jour se réveiller au sein d’un monde dévasté envahie par des hordes de morts-qui-marche avides de chairs fraîches, ainsi qu’à tous ceux qui ne croient pas à toutes ces idioties, mais qui n’aimeraient guère se retrouver en pleine nuit seul dans une cabane abandonnée avec une meute de dépouilles sanguinolentes en train de tambouriner sur des portes et des fenêtres trop vétustes pour résister jusqu’au petit matin…Né zn 1972 à New Yor, Max Brooks est le fils de Mel Brooks et de Anne Bancroft. Avec de tels parents, il n'a pas tardé à être tenté par le cinéma, jouant dans plusieurs séries télévisées et prêtant sa voix à des personnages d'animation. Il vit aujourd'hui à Los Angeles et continue de s'adonner à son autre passion, celle de l'écriture.

lundi 9 septembre 2013


Les lames du cardinal
(Roman) Aventures Fantasy / Fantasy Historique / Uchronie / Dragon
AUTEUR: Pierre PEVEL (Fr)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 444, 1/2013 — 397 p., 7.70 €
SERIE : Les lames du cardinal 1
COUVERTURE : Hervé Leblan (également proposé avec une jaquette couleur couverture pleine page)
NB : les 15 premières pages de roman ont fait l'objet d'un petit tirage publicitaire reprenant le format et la couverture du livre
Précédentes publications :
Bragelonne-Fantasy, 9/2007 —298 p., 20 € — Couv. : Julien Delval
Bragelonne-Fantasy, 6/2009 — 304 p., 20 € — Couv. : Didier Graffet, David Oghia & Anne-Claire Payet
In Les Lames du Cardinal – Intégrale, Bragelonne-Fantasy, 1/2012 — 768 p., 25 € — Couv. : Jon Sullivan
Critiques : Bifrost 49, 1/2009 (Nicolas Kandinsky) - www.elbakin.net (Gillosen-interview) - www.scifi-universe.com (Lucie M. avec interview)  - www.sfmag.net (Serge Perraud)
Les autres titres de la série :
2.L'alchimiste des ombres
3.Le dragon des arcanes
Après s’être aventuré dans le steampunk (Les enchantements d’Ambremer) Pierre Pevel revient aux romans de capes et d’épées teintés de fantastique dont il nous avait déjà offert un avant goût avec ce cycle de Wiestaldt et du chevalier Kantz. Hommage aux Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas ce livre nous propulse dans la France du 1633 sur laquelle règne Louis XIII, qui occupe le trône et délaisse le pouvoir en faveur du fameux cardinal Richelieu. Or celui-ci à fort à faire pour protéger la Couronne des multiples ennemis qui la menacent. Surtout depuis qu’il a du dissoudre les Lames, un groupe secret composé des meilleurs bretteurs de l’Europe pris au sein des Mousquetaires, après la trahison de l’un des leurs lors du siège de La Rochelle. Mais voilà qu’à présent une ombre terrifique se répand sur l’Europe qu’elle englobe de ses ailes sans pardon, car les dragons sont de retour parmi les hommes. Surgis de la nuit des temps, ils ont survécu en adoptant une apparence humaine, allant même jusqu’à se reproduire avec des femmes pour créer une race de sangs mêlés aux yeux reptiliens. Installés sur le trône d’Espagne, ils sont aux portes de la France qu’ils pourraient bien conquérir grâce au pouvoir de leur magie draconique héritée d’un lointain passé. Pour les contrer Richelieu n’a plus qu’une alternative : mander auprès de lui le capitaine La Fargue, un bretteur exceptionnel, mais aussi un officier dévoué que la trahison et le déshonneur n(ont pas épargné. Pourtant c’est à lui qu’il demande de reformer l’élite secrète qu’il commandait jadis, des hommes et des femmes qui savent manier l’épée mieux que quiconque, entièrement dévoués au service de la France et prêts à accomplir les plus périlleuses missions clandestines. Seront-ils de taille à lutter contre les Dragons, des ennemis bien plus démoniaques que tous les épéistes qu’ils ont jadis combattus et qui désormais disposent avec la Loge Noire d’un réseau d’agents dévoués répartis dans toute l’Europe ? Pierre Pevel se fait un plaisir de répondre à cette passionnante question dans ce roman pétri d’actions et de rebondissements qui nous introduit dans le quotidien d’une famille de guerriers aussi efficaces que délurés qui devront retrouver un gentilhomme espagnol en évitant de tomber entre les griffes des séides des dragons ancestraux. Un livre qui, outres des droits de traduction vendus en Russie, Allemagne, Espagne et à la République Tchèque, vient d’entrer au catalogue des éditions Gollancz sous le titre de The cardinal’s blade. Une réussite incontestable dont profite toute la Fantasy française quant, on le sait, le chemin de la traduction se fait, généralement, en sens inverse.
Autres couvertures :

 
 

dimanche 8 septembre 2013

L’alchimiste des ombres
(Roman) Aventures Fantasy / Fantasy Historique / Uchronie / Dragon
AUTEUR : Pierre PEVEL (Fr)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 460, 8/2013 — 402 p., 7.70 €
SERIE : Les lames du Cardinal 2
COUVERTURE : Hervé Leblan (également proposé avec une jaquette couleur couverture pleine page)
Précédentes publications :
● Bragelonne-Fantasy, 5/2009 — 336 p., 20 € — Couv. : Didier Graffet, David Oghia & Anne-Claire Payet
● in Les Lames du Cardinal – Intégrale, Bragelonne-Fantasy, 1/2012 — 768 p., 25 € — Couv. : Jon Sullivan
Critiques : www.elbakin.net (Gillosen) - www.phenixweb.net (Véronique de Laet) – www.yozone.fr (Nicolas Soffray)
Les autres titres de la série :
1.Les lames du Cardinal
2.Le dragon des arcanes
La France de 1633 n’en a pas fini avec la menace des dragons, ces êtres surgis de la nuit des temps qui, usant de sorcellerie, ont pris forme humaine et conspirent secrètement pour restaurer leur règne de pouvoir absolu à l’aide d’une société secrète Baptisée la Griffe Noire. C’est contre eux que ce sont battus dans le premier épisode de cette série les Lames du Cardinal, ce corps d’élite créé par Richelieu pour traiter d’affaires délicates dans lesquelles la survie et l’honneur de la couronne sont engagés. Ainsi le mystérieux Capitaine La Fargue, la belle Agnès, le jeune Laincourt, Marciac le gascon, le puissant Ballardieu, Almadès l'espagnol, l'invincible Leprat et le sang-mêlé Saint-Lucq vont de nouveau être mis à contribution pour déjouer un complot visant la ruine du trône de France. C’est une belle espionne italienne qui prétends détenir les preuves concernant cette dangereuse menace. Or, sa tête est mise à prix dans le Royaume. Dés lors, comment avoir directement recours à elle, sinon par le truchement des Lames qui excellent dans ces besognes de l’ombre. Cela tombe bien pour Lafargue et ses compagnons désormais en disgrâce car l’institagateur de ce complot n’est autre que l’Alchimiste des Ombres, un Dragon Noir faisant parti de la Griffe Noire, qui a tué l’un des leurs lors du siège de La Rochelle, tout en jetant le discrédit sur leur compagnie. Voilà pourquoi nos épéistes se lancent avec fougue dans l’aventure, traquant désormais les dracs, ces dragons déguisés en hommes, dans le premier épisode de ce livre intitulé l’Italienne, une espionne qui sait habilement tire en vérité les ficelles, tout en laissant croire qu’elle a mordu à l’hameçon. Quant à second, titré L’affaire de Chevreuse, il nous ramène à la cour du roi Louis XIII, et plus exactement lors d’un bal que doit donner la duchesse de Chevreuse, ennemie jurée du monarque, durant lequel ce dernier compte bien étouffer le complot dans l’œuf, bien que cela entraînera la chute de hauts personnages directement situés dans son proche entourage. Réécriture libre et magistrale du chef d’oeuvre d’Alexandre Dumas, Les trois mousquetaire, cette série nous plonge dans une France uchronique finement dépeinte grâce aux remarquables connaissances historiques de l’auteur, comme il a déjà su brillamment le faire pour son cycle du Chevalier de Wielstadt, l’Allemagne remplaçant alors la France. Complots et aventures alternent à travers une intrigue qui utilise à la fois les rebondissements successifs des romans-feuilletons et la découpe particulière des épisodes télévisuels. Sans jamais vraiment dévoiler les dessous d’une affaire aux multiples ramifications, Pierre Pével cultive avec brio son élément magique en la personne des dragons, désormais capables de prendre forme humaine (il rejoint en cela d’autres écrivains comme Shana Abe et sa Reine des dragons), mais il sait également donner une notable épaisseur psychologique à ses personnages qui n’ont rien des fiers à bras aux certitudes inébranlables. Au fil des aventures et des expériences accumulées, heureuses ou malheureuses, ils évoluent, tandis que des voiles ses lèvent peu à peu sur leur passé souvent tourmenté. Certains ainsi quitteront les Lames, mais d’autres viendront les rejoindre, maintenant ainsi cette compagnie à la tête de la lutte contre les dragons menés conjointement avec les sœurs blanches, des moniales qui ont voué leur vie à la chasse de ces êtres intemporels. Un second tome qui, après le prologue des Lames du Cardinal, déroule au fil de dialogues, tantôt volontairement châtiés, tantôt plein de dynamisme, le fil d’un récit pétrie de faux-semblants et de fausses pistes qui s’enfoncent dans un Paris de 1633 décrit avec une minutie de chroniqueur historique. Assurément une réussite dans un genre encore peu exploité en France et dont pourrait trouver l’équivalent du côté des traductions anglo-saxonne, façon roman de cape et d’épée, avec A la pointe de l’épée de Ellen Kushner publié en 2008 par les éditions Calmann-Lévy ou dans le domaine de la Fantasy avec le cycle des Lames du roi de Dave Duncan, également chez Bragelonne.
Autres couvertures :

Loar
(Roman) Space Opera
AUTEUR : Loïc HENRY (Fr)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 446, 2/2013 — 634 p., 9.80 €
COUVERTURE : Benjamin Carré
Précédente publication : Griffe d’Encre-Roman 5, 5/2011 — 638 p., 25 € — Couv. : Alexandre Dainche
Critiques : www.actusf.com (Tony Sanchez + Interview) – Bifrost 65 (Erwann Perchoc) –www.noosfere.com (Bruno Para)
→ Né en 1971 Loïc Henry est un écrivain français d’origine bretonne qui n’avait, jusque là, que publié une poignée de nouvelles, notamment chez des éditeurs comme Nestiveqnen et l’Oxymore. Le roman qu’il a fait paraître aux éditions Griffe d’Encre, repris ici en poche chez Gallimard Folio SF, nous montre une œuvre d’une bien plus grande envergure digne des univers makers anglo-saxons. Celle-ci met en scène Loar, une planète appartenant au monde des Neuf Royaumes, dont le souverain, le jeune Emrodes, dispose désormais de six jours pour répondre à l’ultimatum lancé par Asbjorn, le régent du puissant système de Melen qui rêve de revanche après la défait de sa précédente causée en grande partie par les troupes du père d’Emrodes aujourd’hui décédé. Mais cette fois, les données ont changé var, comme l’a prouvée l’explosion de la planète Bletz, Asbjorn dispose à présent d’une arme terrible capable d’éradiquer un monde, et il compte bien l’utiliser pour parvenir à la domination de l’ensemble de l’univers connu. C’est justement sur cette menace qu’Emrodes espère s’appuyer pour rallier autour de lui tous les dirigeants des Neuf Royaumes en dépit de leurs profondes différences. Au sein de ce gigantesque échiquier céleste, d’autres puissances viennent s’ajouter aux forces en présence , les mystérieux royaumes périphériques, experts en science génétique, et qui préparent un contact imminent ; les peuples inconnus des Planètes Ardentes ; les prêtres de Kreis, de la planète Sainte, dont le clergé dirigé par l’archiprêtre Evzek, l’a assuré de son aide tout en manigançant pour s’approprier le triomphe de Melen. Afin de mener à bien cet ambitieux projet le monarque de Loar va devoir aussi prendre en considération les critères essentiels que sont l’espionnage ; la connaissance des nœuds spass, des sortes de trous de ver multio-directionnels dont on ne maîtrise pas la complexité, si bien que l’on entre part sans savoir où l’on va ressortir ; l’appui des capitaines Latars, des mercenaires issus d’une étrange planète guerrière passés maîtres dans l’art militaire ; les conseils des spols, des experts politiques qui distillent à leur gré leurs précieux service. Cependant Emrodes va soudain disposer d’une aide inattendu en la personne d’une jeune étudiant d’une université de Loar qui, en devenant spol, a fait une découverte cruciale dans le domaine des mathématiques, découverte permettant de créer une parade à l’arme de Melen. Toutefois, le temps est trop court pour faire vérifier son hypothèse par les éminences grises de la planète, et il faudra dés lors faire confiance à son travail sans preuve réelle de sa justesse. Parallèlement, au sein des profondeurs océanes de Loar, les daofined, une espèce apparemment indifférente aux rivalités humaines, entament leur cantilène, un chant qui pourrait bien augurer les prémices de nouveaux désordres. Basant en grande partie son travail sur les développements de la génétique mais aussi sur le domaine de l’Héraldique, Loïc Henry attache un soin particulier à brosser un tableau réaliste des mondes décrits avec leurs particularités géographiques et géologiques, leurs  sociétés contrastées, leurs rituels, les interactions entre chacun d’entre eux. Et pour animer ce décor grandiose il l’a peuplé d’une foule de personnages, souverains des divers royaumes avec leur entourage, dont les plus importants sont les Latars et les Spols, faisant évoluer ses personnages au sein d’un vaste canevas tissé par des moments héroïques, des tractations et des intrigues de palais, des décisions stratégiques et des moments beaucoup plus intimes, le tout entrecoupé d’intenses batailles spatiales. Marqué par sa comparaison avec le Dune de Frank Herbert ou Les guerriers du silence de Pierre Bordage, ce roman est avant tout une œuvre originale remise au goût du jour par Folio SF, car la parution chez Griffe d’Encre, éditeur auto diffusé, n’aurait pas pu permettre, quelle que soit la qualité de l’œuvre, de toucher une large lectorat. Un récit auquel est venu maintenant s’adjoindre une novella, Eros et Thanatos, se déroulant dans l’univers de Loar et également paru chez Griffe d’Encre.
Autre couverture :
 
Zen City
(Roman) Thriller Futuriste
AUTEUR : Grégoire HERVIER (Fr)
EDITEUR : Pocket-Science-Fiction 7085, 3/2013 — 346 p., 7.60 €
COUVERTURE : Getty Images (photo)
Précédente publication : Au Diable Vauvert, 1/2009 — 364 p., 19 € — Couv. : Olivier Fontvieille
Critiques : www.actusf.com (Ketty Steward) – Bifrost 54 (Jean-Pierre Lion) – www.cafardcosmique.com (Pégase) – www.noosfere.com (Noé Gaillard)
→ Il fut un temps où les paradis technologiques avaient le vent en poupe au sein de l’univers des chercheurs en prospective qui voyaient dans le développement des sciences et des techniques le remède à tous les maux qui affligeaient l’Humanité du XX° siècle. Puis, ce fut la période de désillusion où les utopies se transformèrent en dystopies bien plus proches de 1984 d’Orwell et des visions urbaines à la Ballard que des lendemains qui chantent à la sauce Soviet Suprême. Avec Zen City Grégoire Hervier emprunte cette voie, en la modernisant d’un vernis de postcyberpunk où la réalité virtuelle devient partie prenante de l’histoire. Il nous offre ainsi le récit témoignage de Dominique Dubois, l’un des rares rescapés de ce que les médias ont appelé la « Tragédie de Zen City ». Tout commence pour ce statisticien trentenaire avec la perte brutale de son emploi, puis par son intégration, après avoir passé toute une batterie de tests, dans la société Global Life qui a installé au cœur de l’Ariège la cité novatrice de Zen City où il occupera le poste très lucratif de statisticien et analyste de données en marketing. Là il découvre un paradis du consommering où les cadres peuvent enfin travailler sereinement débarrassés des tracasseries du quotidien par le révolutionnaire Perfectphone, un Smartphone multimédia muni d’un GPS et d’une caméra vidéo. Grâce à la puce d’identification par radiofréquence implantée sous la peau de leur main, ils sont toujours sous surveillance et assuré d’une sécurité de tous les instants, tandis que le Zen Marché à leur disposition, un hypermarché futuriste, dont le magasin physique est dépourvu de stock, leur permet d’être livrés à domicile après de simples clics sur les produits désirés. Toute se passe donc pour Dominique dans le meilleur des mondes possible, jusqu’à ce que Natouchka, sa nouvelle compagne lithuanienne, soit assassinée chez elle sous le regard impuissant de tous les systèmes de sécurité. De plus Dominique, qui n’a pas pu se dépouiller entièrement de son ancienne vie, a conservé un vieil ampli de guitare qui, lorsqu’il l’a branché, à fait disjoncter toute la domotique de son immeuble. De quoi attirer l’attention d’un mystérieux réseau de hacker dont le chef, Cypher, va le rencontrer et l’impliquer plus ou moins de force au sein de leur organisation clandestine qui vise à la déstabilisation de la Ville Transparence. Un récit épistolaire raconté par le blog en ligne de Dominique dans lequel il nous livre le pathétique de son quotidien sans intérêt, comme tant d’autres bloggeurs le font aujourd’hui, mais aussi tous ses petits secrets. Un, roman qui s’inscrit dans la tradition des cités utopiques qui outre des classiques tels que Ile de Huxley, Une utopie moderne de Wells, La nuit des temps de Barjavel ou Le Candide de Voltaire, nous a offert Le jeu des perles de verre de Hermann Hesse et, plus récemment, La possibilité d’une île de Houellebecq. Une satire sociale sous la forme d’une extrapolation du futur malheureusement très plausible où l’on retrouve des thématiques affirmées de notre monde actuel : besoin de consommation poussé et entretenu à l’extrême, obsession sécuritaire, contrôle accru des individus avec l’avènement de l’homme-robotique. De quoi nous donner froid dans le dos, en dépit du ton parfois drôle qui accompagne l’intrigue dont nous pouvons mieux appréhender les multiples ramifications en allant visiter le site de l’auteur sur http://zencity.fr. Un titre préalablement paru chez l’éditeur Au Diable Vauvert, en 2009 ainsi que le précédent roman de Gégroire Hervier, Scream Test, en 2006.
Autre couverture :

samedi 7 septembre 2013

Elric – Intégrale 1
(Recueil) Dark Fantasy
AUTEUR : Michael MOORCOCK (GB)
EDITEUR : Pocket-Fantasy 7137, 5/2013 — 601 p., 12,80 €
COUVERTURE : Jean Bastide
SOMMAIRE :
« Prince blanc, épée noire », préface de Jean-Luc Fromental
Elric des dragons (Elric of Melnibone, 1972 Traduction : Daphné Halin)
La forteresse de la perle (The fortress of the pearl, 1989 — Traduction : Gérard Lebec)
Le navigateur sur les mers du destin (The sailor of the seas of fate, 1976 — Traduction : Georges W. Barlow)
Les autres titres de la série :
4.Elric le nécromancien
5.la sorcière dormante
6.La revanche de la Rose
7.L'Epée Noire
8.Stormbringer
9.Elric à la fin des temps
Comme il l'a fait récemment avec la Romance de Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley, cet éditeur nous propose aujourd'hui de redécouvrir dans un agréable format semi poche facilitant la lecture l'un des plus célèbres cycles de l'heroic fantasy, celui d'Elric, le prince albinos du fabuleux empire de Melniboné. Dans sa passionnante préface Jean-Luc Fromental nous explique comment Michael Moorcock en vint à donner vie à ce premier véritable anti-héros d'un genre qui était encore balbutiante en France où les rivages littéraires à peine baignés par les vagues de la SF n'avaient reçu que quelques embruns du Conan de Robert Howard et n'étaient pas encore submergés par la déferlante Tolkien sévissant depuis de nombreuses années de l'autre côté de l'Atlantique. Pour ceux qui, comme moi, avaient découvert Elric à travers le somptueux ouvrage illustré par Philippe Druillet du CLA Aventures Fantastiques des éditions Opta, L'Elric des Dragons repris comme premier tome de cette intégrale qui suit enfin le rythme chronologique de l'histoire, faisait un peu office de séance de rattrapage pour un auteur qui avait eu la maladresse de tuer la poule aux oeufs d'or en faisant mourir trop tôt un héros appelé à devenir mythique au sein du paysage de la Fantasy. Cependant, Michael Moorcock n'est pas n'importe quel écrivain, et il a su donner à ce récit toute l'intensité nécessaire afin de rendre palpitante cette sorte de préquelle qui s'avère dés lors indispensable à la compréhension de l'ensemble du cycle. En effet, à travers Elric des dragons, nous sommes invités à appréhender l'origine du mal être profond qui gangrène Elric, cet empereur maladif siégeant sur le trône de rubis nourris de drogues et d’élixirs qui le maintiennent tout juste en vie au sein de l'Empire de Melniboné sur son déclin. Nous partageons sa passion pour sa cousine Cymoril et nous assistons au combat magique l'opposant à son cousin Yyrkoon, tenant de l'ancienne orthodoxie des princes melnibonéens. Une lutte qui le conduira à devenir l'un des Serviteurs du Chaos et à lier son sort à Stormbringer, l'épée ensorcelée grande buveuse d'âmes, l'entraînant sur la pente d'un destin aussi inéluctable que funeste. A ses côtés nous suivrons les efforts de l'Empire moribond pour repousser les assaut d'une puissante flotte venue des Jeunes Royaumes dans le but de piller ses inestimables trésors et nous pénètrerons pour la première fois dans le fabuleux multivers imaginé par un Moorcock en plein délire de merveilleux. Un multivers qui prend encore plus consistance dans le second roman de l'anthologie, La Forteresse de la perle où nous retrouvons un prince albinos qui s'est volontairement condamné à l'exil et qui erre désormais dans les étendues désertiques des Jeunes Royaumes, poussant ses pérégrinations jusqu'à la mythique cité de Quarzhasaat qui, après un règne glorieux, s'était évanouie au sein d'une vaste mer de sable pour avoir impunément défié la puissance melnibonéenne. Se faisant passer pour un maître voleur, Elric, sur le point de succomber par manque de drogues, est forcé d'entrer au service du seigneur Gho Fhazzi, puissant personnage de Quarzhasaat qui rêve de s'emparer de la Perle au Coeur du monde, un joyau enfermé dans la Forteresse de la Perle située sur un autre plan d'univers, qui lui permettrait d'obtenir une place au sein du Conseil des Six, l'organisme dirigeant la cité d'une main de fer. Au cour de sa périlleuse mission Elric rencontre Alnac Kreb, le voleur de songes, puis Raik Na Seem, le vénérable chef du clan Baraudim de l'oasis de la Fleur d'Argent, qui lui demande de briser le sortilège lancé sur Varada, la sainte Fille du clan, symbole de tous leurs idéaux et sa propre enfant. Une entreprise délicate que Elric mènera à bien avec l'aide de Oone, une autre voleuse de songes avec qui il se rendra à la Forteresse de la perle afin de dérober le Rêve qui retient la Sainte Fille prisonnière. Après avoir survécu à ce voyage au milieu des Rêves et avoir déchaîné le courroux de Stormbinger sur Quarzhasaat et son Conseil des Six, le prince albinos se réveille sur un rivage perdu prélude au troisième et dernier récit de ce volume, Le navigateur sur les mers du destin. Là, Elric est sauvé de la mort par un navire surgit de nulle part et commandé par un capitaine aveugle. A son bord, il fait la connaissance de trois autres incarnations du Champion Eternel, Erekosë, Corum et Hawkmoon, convoqués comme lui par les Seigneurs de l'Ordre et du Chaos afin d'affronter Agak et Gagak, deux sorciers libérés lors des récentes ébranlements dans la structure des mondes, qui ont la capacité de s'emparer de toute la puissance contenue dans l'univers et contre lesquels ils sont les seuls à pouvoir combattre et surtout, à espérer triompher. Autant dire que cette nouvelle aventure nous propulsera un peu plus dans les méandres vertigineux de l'imaginaire moorcockien, développant une intrigue emplie d'une magie sombre et épique qui reste la marque de fabrique de ce génial romancier britannique ayant envoûté toute une génération de lecteurs au rythme de sa prose poétique ouvrant toute grande les portes qui conduisent vers les territoires inexplorés du merveilleux.

vendredi 6 septembre 2013


Frontière barbare
(Roman) Science-Fiction
AUTEUR : Serge BRUSSOLO (Fr)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 450, 3/2013 — 430 p., 7,70 €
COUVERTURE : Georges Clarenko
Du fantastique à la SF, il n'y a qu'un pas, et lorsque s'est Serge Brussolo qui vous guide pour franchir le gué, autant dire que les limites entre les genres deviennent de plus en plus floues. Indubitamblent, quand cet auteur reprend la plume on peut être sur que l’ennui ne sera pas au rendez-vous et que les images les plus invraissemblables vont de nouveau envahir les pages offertes à notre lecture. Frontière barbare paru dans la collection Folio SF des éditions Gallimard en est un parfait exemple en nous peignant un proche futur où l’Humanité s’est répandue à travers les étoiles. Elle y a rencontré les exomorphes, les occupants de certains mondes découverts, que l’Organisation des Planètes Unies a formellement interdit de supprimer sans qu’une commission d’enquête ait préalablement statué sur leur potentiel destructif. Et c’est là qu’intervient David Serella, l’anti-héros de ce roman, exovétérinaire de son état, c'est-à-dire chargé de courir de mondes en mondes avec pour mission de pacifier et de réhabiliter les exormoprhes belliqueux à l’aide de tout un arsenal plus ou moins thérapeutique à sa disposition. A peine sorti indemne d’une RUCA, entendez des zones de conflits souterraines où, depuis que les guerres ont été bannies de la surface de la Terre, les belligérents choisissent de s’affronter par champions interposés à l’intérieur d’un champ clos et d’une enceinte sécurisée, David est envoyé sur Mémoriana où un cessé est sur le point d’être négocié avec des exomorphes particulièrement dangereux. Là il retrouve le sergent Bram Carmody, qui l’a accompagné dans sa dernière virée au sein d’une RUCA, mais aussi frère Akenôn, membre éminent de l’Eglise du Pardon Universel, une congrégation possédant de puissants moyens et dont les membres fanatisés s’opposent à toutes tentatives de manipulations physiques ou psychiques sur les exomorphes. Et tandis qu’il doit apprend à encore plus se méfier de ce dangereux illuminé, il lui faut faire face aux débordements incontrôlables de sa femme Ula que ses gènes extraterrestres transforment en redoutable machine de combat avide de sang et de mort. La mort de cette dernière entraînera David dans une profonde dépression, mais aussi dans une formidable aventure parmi les paysages dantesques de Mémoriana, l’amenant à pénétrer de plus en plus au sein des méandres de l’Eglise du Pardon Universel, à se soumettre à un extraordinaire rajeunissement et à accepter sans sourciller les voies choisies par ses propres enfants, July et Kevin, l’une voués corps et âmes aux religieux fanatisés et l’autre devenu l’un de leurs plus farouches opposants, le tout sur fond de clonage et de vie éternelle. Bientôt son propre destin se nouera dans le bastion de l’Eglise, une forteresse imprenable située sur une île artificielle au large de la Bass-Californie sur laquelle plane l’ombre du fabuleux secret d’Ozataxa. Du Brussolo pur cru qui fera le bonheur des fans d'un auteur reconnu comme l'une des voix les plus originales de la SF francophone.

Le secret des glaces
(Roman) Thriller Fantastique
AUTEUR : Philip CARTER (Usa)
EDITEUR : Robert Laffont-Best-Sellers, 6/2013 — 526 p., 22 €
TO : Altar of Bones, 2011
TRADUCTION : Dominique Haas
COUVERTURE : David Pairé
Cette histoire étrange débute en février 1937 en Sibérie dans le camp de prisonnier de Norilsk. Là, la jeune infirmière Lena Ordova réussit à s'enfuir en portant son bébé dans le ventre. Afin de sauver le père de son enfant, le zek Nikolaï Popov, blessé lors de leur évasion, Lena va se résoudre à le conduire vers une grotte mystérieuse dont elle est la seule à connaître l'existence, trahissant ainsi un fabuleux secret. Puis l'intrigue se téléporte dans le San franciso actuel, pour se focaliser sur Zoé Dmitroff, dont la mère est l’un des chefs de la mafia russe. Une Zoé qui découvre avec stupeur que la grand-mère qu’elle croyait morte depuis très longtemps vient d’être assassinée. Elle va bientôt s'apercevoir que cette dernière lui laissé de mystérieuses instructions relatives à son rôle de « gardienne » pour un non moins mystérieux « autel d’ossements». Très vite ces révélations vont aller de pair avec la mise à sac de son appartement et une tentative de meurtre sur sa personne. Pendant ce temps le jeune Ry O’Malley, un agent surentraîné, vient de perdre son père qui, avant de mourir s’est confessé à Michael, son autre fils ordonné comme prêtre. Ce faisant, il a causé sa perte, car le fabuleux secret qu’il lui a confié entraîne des tueurs sans pitié sur la trace de l’éclésiastique devenu dés lors leur vitime. Michael, parvient de son côté à échapper aux assassins et sa route va croiser celle de Zoé accaparée comme lui à fuir pour survivre. Liant désormais leurs destins ils vont se lancer sur les traces du fabuleux autel suivant les indices que l’aïeule de Zoé a semé aux quatre coins du monde, traqués par des hommes déterminés à les tuer coûte que coûte car le secret que détenait le père de Ry touche à l’une des rêves les plus fous de l’Humanité, celui de l’immortalité. Un livre qui se lit d’une seule traite au fil d’une action qui rebondit à tous les instants et qui semble tout à fait convenir à une éventuelle adaptation cinématographique mélangeant habilement thriller et fantastique.