mercredi 11 novembre 2015

Le prince déchu
(Roman) Heroic Fantasy
Auteur : Bernard SIMONAY (France)
Editeur : GALLIMARD-Folio SF 527, 9/2015 — 448 p., 8 €
Série : Les enfants de l’Atlantide
Auteur : Alain Brion
Précédentes publications :
● Rocher-Mondes Virtuels, 5/1994 — 336 p., 120 FF — Couverture de Jean-François Pénichoux
● In Les enfants de l’Atlantide, Rocher, 9/2005 — 470 p., 22.50 € — Couverture de Mark Harrison
● Points-Fantasy 1440, 3/2006 — 384 p., 6.50 € — Couverture de Guillaume Sorel
Les autres titres de la série :
2.L’archipel du soleil
3.Le crépuscule des géants
4.La Terre des morts
→ A l'époque où l'heroic fantasy commençait à pointer le bout de son nez en France, la mode était à l'influence anglo-saxonne avec les traductions des Conan de Howard, des Elric de Moorcock, du Sourcier de Leiber et, bien sûr… du Seigneur des Anneaux. Et pour cause, les auteurs hexagonaux étaient plutôt denrée rare, si l'on excepte le Halaguen de Jean-Pierre Fontana, la saga de Synge et de Brennan de Daniel Walther, ou des titres épisodiques tels que Sous l'araignée du sud de Charles Nightingale et Dominique Roche. Mais il y avait Bernard Simonay… S'inspirant de diverses périodes de l'Histoire de l'Humanité, cet auteur prolifique les à réécrites en les plongeant dans le bain de la Fantasy. Puisant son inspiration auprès de divers thématiques, tant mythologiques que assimilées à la théorie des Grands Anciens, puissante civilisation au niveau technologique avancé ayant jadis régné sur notre planète, il a développé une œuvre considérable qui a séduit tout un aréopage de lecteurs à travers des cycles tels que Phénix ou Les enfants de l'Atlantide C'est d'ailleurs au second nommé qu'appartient Le Prince déchu, dont il représente le tome d'ouverture. On y découvre Jehn, fils d'Aalthus, le chef du clan des Loups évoluant dans un monde du mégalithique, l'âge de l'érection des pierres levées de Carnac, il y a environ 6500 ans dans le golfe du Morbihan. Etre part parmi ses congénères, à la fois par son physique hors normes que par ses talents psychiques exceptionnels qui lui permettent de se transporter dans le corps d'un animal, le jeune homme est hanté par des rêves situés dans un décor apocalyptique où une ravissante femme aux yeux verts semble l'appeler à l'aide. Cependant sa quête de ses véritables origines devra être mise en suspens face à l'hostilité que lui témoigne Dravvyd, le kheung, entendez le chef, des tribus de la Petite Mer. Celui-ci, voyant en lui un dangereux rival, après avoir d'abord tenté de l'assassiner, pactise avec les Khress, ennemis héréditaires des hommes quasiment invincibles grâce à leurs armes de fer, pratiquant des razzias sanguinaires qui déciment périodiquement les populations de ces rivages. Ayant trouvé sont village dévasté, après avoir pleuré la mort de son père, Jehn règle ses comptes avec Dravyyd, puis accompagné d'un loup et d'une pouliche, part sur la piste de ceux qui ont enlevé Myria, sa jeune épouse. Pénétrant sur le territoire des Khress, il rencontrera la dangereuse princesse Ashdahyat, fille de Gordlonn, roi d'Ysthia, l'antique cité protégé de la mer par une immense digue, Incarnant malgré lui la Prophétie de l'Homme Rouge censé déclencher la fin de la civilisation Khress, Jehn sera également confronté à la haine de Brendaan, le frère de la princesse, mais aussi à l'étrange magnétisme que dégage Callisto, la prophétesse dont le destin paraît intimement lié au sien. Tirant habilement les ficelles de ses divers personnages, Bernard Simonay utilise à merveille son talent de conteur pour nous entraîner au sein d'un récit captivant où se bousculent les réminiscences d'anciennes légendes, telles que la submersion de la ville d'Ys, la Cavale de la Nuit ou de l'incontournable mythe de l'Atlantide, le tout sur fond de civilisation naissante où les passions humaines s'exacerbent et se dévoilent au fin de multiples péripéties empreintes de magie, de perversité et de cruauté, mais aussi de sentiments d'entraide et de prémices d'apprentissage de la gouvernance et d'un certain code de l'honneur.

dimanche 18 octobre 2015


Belle
(Roman) Merveilleux
AUTEUR : Robin McKINLLEY (Usa)
EDITEUR : POCKET-SF-Fantasy 7199, 6/2015 ─ 256 p., 7.30 €
To : Beauty, 1978
TRADUCTION : Sophie Dalle
Précédentes publications :
● Pocket-Science-Fiction/Fantasy 5489, 1/2013 — 192 p., 7.50 € — Couverture de Siudmak
● Mnémos-Dédales, 4/2011 — 240 p., 17 € — Couverture de Alain Brion
→ Depuis le chef d'œuvre de Jean Cocteau immortalisé par la prestation de Jean Marais au sommet de son art et de son ambiguïté, l'histoire imaginée par Mme d'Aulnoy de la rencontre de la beauté avec l'extrême laideur sublimée par le dépassement de l'amour n'a pas cessé d'enflammer l'imaginaire des romantiques de tous âges, allant même jusqu'à s'épingler au catalogue des productions Disney et des séries télévisées. S'inscrivant quelque peu en retrait de ses productions commerciales, l'adaptation que nous offre ici la romancière américaine Robin McKinley, déjà créditée chez nous du remarquable Casque de feu au Livre de poche Jeunesse (1987) et de Dragonhaven chez Mnémos, qui sort également en ce mois de juin 2015, nous propose une adaptation bien plus proche des domaines de la Fantasy que les précédentes productions plutôt centrées sur le domaine du merveilleux et, disons-le, pour certaines, du soap opera version infantile. Somme toute, l'histoire débute comme dans le conte. Belle est loin d’égaler la beauté de ses sœurs et se complait plus dans la lecture et sa passion des chevaux que dans l'ambiance des mondanités dont raffolent les jeunes filles de sa condition. Une condition revue à la baisse lorsqu’à la suite des revers de fortune de son père, toute la famille déménage pour une petite maison nichée au fond des bois. Là, le bonheur aurait put s'installer sous la forme d'une tranquille existence campagnarde si, un jour, leur père n'était pas revenu au foyer avec dans ses bagages l'histoire d'un château magique et de la promesse qu'il avait du faire à la terrible Bête pour l'occuper pour avoir la vie sauve. Dés lors, pleine d'abnégation, Belle devance les intentions de son père et s'auto-désigne pour partir affronter le monstre. C'est ainsi que commence son aventure. Ayant judicieusement choisi de nous narrer l'histoire à la première personne à travers le regard de Belle, l'auteur nous permet ainsi de mieux entrer dans l'intimité des personnages ainsi que dans la complexité des rapports émotionnels qui les font réagir. L'ensemble est donc rendu plus crédible, d'autant plus que la jeune héroïne est dépeinte d'une manière bien plus réaliste, sans clichés et mièvrerie particulières. S'attardant volontairement sur la vie érudite et parfaitement réaliste de Belle lors de son séjour à la ferme,  l'intrigue met encore mieux en valeur son existence au château de la Bête avec toute la magie qui l'entoure. Véritable roman initiatique centré sur le passage de l'adolescence à l'âge grâce à la découverte par l'héroïne d'une séduction personnelle qu'elle était loin de soupçonner, le récit suit les traces du conte, tout en s'échappant (pas trop cependant) des contraintes morales de l'époque où il a été écrit. Certains sont changements sont flagrants, comme la description des deux sœurs de Belle qui, contrairement à celles de Mme de Baumont, désagréables style celle de Cendrillon, sont deux créatures remarquables en beaucoup de points. Après la parution en grand format chez Mnémos, voici une relecture d’un conte qui méritait le détours.
Autres couvertures :







Kraken
(Roman) Cryptozoologie / Esotérisme
AUTEUR : China MIEVIELLE (Royaume-Uni)
EDITEUR : POCKET-Science-Fiction/Fantasy 7150, 10/2015 — 766 p., 9,80 €
TO : Kraken : An anatomy, 2010
TRADUCTION de Nathalie Mège
COUVERTURE de Galapagos Conservation Trust
Précédente publication : Fleuve Noir, 6/2013 — 564 p., 20,90 € — Couverture de Galapagos Conservation Trust
→ On a volé le kraken, un calmar géant qui trônait dans une salle du Musée d'Histoire Naturelle. Billy Harrow, guide-animateur au Musée et spécialiste des céphalopodes ne manque pas d'être interrogé par le commissaire Baron, le policier de la section antisecte londonienne chargé de l'enquête. D'autant plus que la disparition du kraken s'est doublée de celle de Dane Parnell, un gardien de la vénérable institution. Les soupçons pèsent sur les adorateurs du dieu Kraken dont le guide spirituel est un certain Teuthex. C'est cependant de la bande du Tatoué que vient le principal danger. Ce dernier est en fait un tatouage punk doté de la parole gravé sur le corps d'un certain Paul. Il a envoyé ses sbires, Gross et Subby, des êtres quasi immortels issus du passé, enlever Billy afin de lui faire avouer où se trouve le kraken. Heureusement, Dane Parnelle le délivre et l'emmène chez le Theutex qui le cache, tout en essayant de savoir quelle est la signification de ses rêves hantés par la présence du fameux kraken. Parti à la recherche du calmar géant avec Dane Parnell, Billy bénéficie des informations de Wati, un chaoubati (figurine égyptienne créée par les humains pour effectuer divers travaux), qui les conduit à Simon Shaw, un fan de Star Trek à l'origine du vol du kraken grâce à sa maîtrise des procédés de téléportation. Celui-ci agissait en vérité pour le compte de Fitch, le chef des londremanciens, des haruspices capables de prévoir l'avenir étroitement lié une prophétie sur l'apocalypse dont le céphalopode géant semble bien être l'une des pierres angulaires. Ajoutez à cela le gang de Grisamentum, un sorcier présumé mort, qui se nourrit d'encre et qui aussi s'emparer du kraken afin de fusionner avec lui, et vous aurez un plan large du background où se déroule cette histoire, mélange de polar ésotérique mâtiné d'un zeste de science-fiction et de fantastique. Les familiers du mythe de Cthulhu y découvriront quelques similitudes avec le panthéon lovecraftien et les adeptes de théorie du complot et de sociétés secrètes ne seront pas en reste dans ce gros livre, publié une première fois en France au Fleuve Noir, qui nous permet de retrouver un Chris Miéville toujours aussi habile à imbriquer les phrases et les mots et laissant ici libre cours à son imaginaire débridé dont les lecteurs français ont déjà eu un brillant aperçu à travers des titres du cycle de la Nouvelle-Crobuzon (Perdido Street Station T.1 & 2, Le concile de fer, Les scarifiés) ou d'autres dont Londres est le lieu d'action privilégié, tels que Le roi des rats et le remarquable Lombres
Autre couverture : 
Journal de nuit
AUTEUR : Jack WOMACK (Usa)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 524, 9/2015 — 392 p., 8 €
TO : Random act of senseless violence, 1993
TRADUCTION : Emmanuel Jouanne
COUVERTURE : Sam Van Offen
Précédente publication : Denoël-Présences du Futur 562, 10/1995 — 336 p., 9.50 € — Couverture de Gauckler
Publié en Angleterre, ce roman de l'auteur américain Jack Womack (Terraplane, L'Elvissée) n'avait pas su intéresser les éditeurs de son propre pays, et pour cause. Le sujet déjà sentait le souffre. Pensez, l'histoire d'une préadolescente bon chic bon genre qui tourne à la junkie lesbienne, voilà de quoi faire dresser les cheveux de l'Amérique bien pensante sans aller jusqu'aux membres du réactionnaire Tea Party. Et quand vous y ajoutez le background d'une civilisation du salut au drapeau et du hamburger roi sombrant lentement dans la déliquescence, vous comprenez pourquoi il a fallu que ces pages s'exilent tout d'abord chez la moins conventionnelle verte Albion avant d'arriver en France où, avouons-le, certains aiment bien les récits qui parlent du déclin de l'Empire Etasuniens. Et en plus, c'est un très bon roman. Mieux, c'est presque une tranche d'Histoire rendue très réaliste par le point de vue narratif utilisé par l'auteur, à savoir le journal intime. Ce dernier a été baptisé Anna (on fera un rapprochement facile avec celui d'une petite juive hollandaise) a été offert à Lola Hart lorsqu'elle a eu douze ans par des parents plutôt à l'aise avec une mère universitaire et un père scénariste. Mais ce que confie Lola aux pages de son ami intime, ce ne sont pas seulement les pérégrinations de sa vie quotidienne à l'école de fille où elle étudie, mais aussi par allusion à des comptes rendus de presse ou à des émissions télévisées, la lente agonie d'une société en perdition. Minée par des émeutes de plus en plus sanglantes et de plus en plus réprimées, par l'assassinat successif des Présidents en exercice, les Etats-Unis meurent de l'intérieur, sans qu'aucun ennemi, anciens russes ou nouveaux terroristes islamiste ne viennent apporter sa pierre à l'édifice. Tandis que sa mère perd son emploi, que son père essuie refus après refus pour placer ses manuscrits, Lola croise de plus en plus fréquemment sur sa route des SFD qui finissent en barbecue, voit sa meilleure copine internée dans un camp dont elle ressort lobotomisée et s'enfonce sans le savoir dans chaos ambiant qui rythme les chapitres de ce livre sans concession. Réduits au chômage les parents de Lola doivent déménager à Harlem, un quartier désormais en pointe au sein de la crise économique qui a déclenché le soulèvement progressif de la population. Mais, loin d'être dérangé par ce brusque changement de standing, Lola nous décrit avec une acuité mordante les transformations presque naturelles qui affecte sa vie d'adolescente, ses ennuis avec Boo, sa sœur cadette, qui en vient à la craindre, sa conclusion avec de nouvelles copines, black et hispano, bande des rues à elles seule chez qui n'existent plus les tabous tels que le sexe et la drogue. Prenant peu à peu conscience de son homosexualité, Lola découvrira aussi son goût pour la violence qui finira par s'exacerber sur M Mossbacher, ancien employeur esclavagiste de son père. Et tel un voyeur qui ne parvient pas à détacher son regard de cette vie à livre ouvert, le lecteur se trouve entraîne dans cette sorte de descente aux enfers qui résonne de pernicieux écho au sein de notre réalité quotidienne rythmée par les soubresauts du conflit israélo-palestiniens, la menace terroriste, et la déferlante de Daesh. Ecrit en 1993 ce roman recèle un avant-goût de prémonitoire qui fait froid dans le dos et qui le déplace du réducteur contexte de l'ouvrage de SF vers la palette bien plus représentative de l'ouvrage socio-culturel, miroir d'un monde qui est loin d'être encore parvenu à ses dernières convulsions.
Autre couverture :

dimanche 23 août 2015

Accrétion
(Roman) Science-Fiction
AUTEUR : Stephen BAXTER (Usa)
EDITEUR : Pocket SF 7172 — 629 p., 8.80 €
SERIE : Xeelee 4
TRADUCTION : Laurent Philibert-Caillat
COUVERTURE : Victor Habbick (phtotographie)
Précédente publication : Le Bélial, 2/2013 — 528 p., 24 € — Couverture de Manchu
Dans le précédent opus de la série, Singularité, nous avions appris comment la Terre avait été conquise par les Xeelees, des extraterrestres venus du futur. Dés lors l’humanité a construit le Nord, un gigantesque vaisseau spatial destiné à voyager vers l’avenir afin de découvrir le futur de notre planète. A bord, les scientifiques de toutes obédiences semblent avoir tout prévu pour ce voyage qui durera mile ans. Mais ils se trompaient… Dans la partie du roman que l’on peut rapprocher de Croisière sans escales de Brian Aldiss ou du Navire étoile de E.C. Tubb, nous assistons aux divers changements affectant l’équipage, dont une partie a régressé jusqu’à l’état primitif, tandis que d’autres répètent des taches répétitives et que certains son devenus immortels. Cependant, parvenu à destination, le Nord découvrira que le Soleil est devenu une géante rouge avant la date fatidique annoncée par les astronomes et ce, à cause d’une mystérieuse manipulation orchestrée par une non moins énigmatique forme de vie. Or c’est justement ce qu’à découvert Lieserl, un enfant créé par les hommes avec une existence de vie de 90 jours, en fait une Intelligence artificielle révolutionnaire qui, après avoir été débarrassé de son enveloppe physique, plongera dans le soleil par l’intermédiaire d’un trou de ver. Une Lieserl néanmoins émerveillée par ce qu’elle découvre et dont le nom fut aussi le prénom d’une fille naturelle d’Einstein, enfant handicapée qui mourut prématurément. Pour éviter cette fin programmée l’équipage du Nord n’a plus qu’une solution : retrouver les Xeelees, cet ennemi sans visage responsable de la disparition de l’humanité. Tisse-les-Cordes, l’un des personnages phares du roman est parvenu à contrôler l’un de leur vaisseau et, grâce à lui, à atteindre l’un des mondes des Xeelees. Là, paradoxalement, il sera peut-être en mesure de trouver les solutions qui permettront de sauver ses semblables et ce, grâce à ceux qui pourtant les ont conduit à leur perte. Un roman qui mélange avec bonheur la thématique de la hard-science chère aux auteurs anglo-saxons avec, par exemple cette fameuse accrétion, qui désigne la capture de matière par un astre sous l’effet de la gravitation, à des problématiques bien plus humaines que véhiculent des personnages ciselés tout en émotivité et dont on partage sans longueur les divers états d’âmes, le tout sur un background de mystère savamment entretenu par ces extraterrestres insaisissables entourés d’une aura de mystère que le lecteur rêvera de percer chaque fois qu’il tournera l’une des pages de ce roman. Un livre qui peut se lire indépendamment des autres volumes du cycle et qui apparaît incontestablement comme une vrai réussite littéraire saluée unanimement par les critiques outre-Atlantique.
Autre couverture :
Récits du Vieux Royaume
(Recueil) Heroic Fantasy
AUTEUR : Jean-Philippe JAWORSKI (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 520, 4/2015 — 1154 p., 15.90 €
SERIE : Récits du Vieux Royaumes 1 & 2
COUVERTURE : Hervé Leblan
SOMMAIRE :
JANUA VERA
(Recueil de nouvelles)
Sommaire :
Janua Vera
Montefellone
Mauvaise donne
Le  service des dames
Une offrande très précieuse
Le conte de Suzelle
Jour de guigne
Un amour dévorant
Comment Blandin fut perdu
Le confident
Précédentes publications :
● Les Moutons Electriques-Nouvelles et romans, 5/2007 — 320 p., 20 € — Couverture de Howard Pyle — illustrations de Joseph Clement Coll & Joseh G. Gould  (sans Montefellone, Un amour dévorant et Comment Blandin fut perdu)
● Les Moutons Electriques-La Bibliothèque Voltaïque 14, 4/2010 — 416 p., 26 € — Couverture de Howard Pyle — illustrations de Joseph Clement Coll & Joseh G. Gould
● Gallimard-Folio SF 332, 3/2009 — 496 p., 10 €— Couverture de Charles Hoffbauer (sans Montefellone et Comment Blandin fut perdu)
● Les Moutons Electriques-La Bibliothèque Voltaïque 14, 8/2014 — 688 p., 27 € — Tirage limité de 1500 exemplaires, couverture rigide, titre embossé, tranches peintes jaune vif, signet et tranche-fil noir.
● Gallimard-Folio SF 332, 2/2015 — 496 p., 10 €— Couverture de Hervé Leblan (sans Montefellone et Comment Blandin fut perdu)
Critiques : actusf.com (Jérôme Vincent-Interview) - actusf.com (Clément Bourgoin) – Bifrost 48, 11/2007 (Laurent Leleu) - cafardcosmique.com (Mr.C-Interview) - forgesonge.org (Anonyme) -  noosfere.com (Bruno Para) -  yozone.fr (Henri Bademoude)
→ Né du rêve d'un conquérant, le Vieux Royaume n'est plus que le souvenir de sa grandeur passée... Une poussière de fiefs, de bourgs et de cités a fleuri parmi ses ruines, une société féodale et chamarrée où des héros nobles ou humbles, brutaux ou érudits, se dressent contre leur destin. Ainsi Benvenuto l'assassin trempe dans un complot dont il risque d'être la première victime, AEdan le chevalier défend l'honneur des dames, Cecht le guerrier affronte ses fantômes au milieu des tueries... Ils plongent dans les intrigues, les cultes et les guerres du Vieux Royaume. Et dans ses mystères, dont les clefs se nichent au plus profond du cœur humain... Tiré de l’expression latine qui signifie « la vraie porte » et qui a donné notre mois de janvier, Janua Vera met en scène Leodegar le Resplendissant, un conquérant autoproclamé Dieu, qui a fondé le royaume de Leomance, et qui, troublé par un rêve récurrent, néglige désormais les affaires de son royaume.  Mauvaise donne nous narre la première aventure de Benvenuto Gesufal, patronyme emprunté au Jours des rois de Victor Hugo. Un personnage sans scrupule, mais néanmoins attachant que l’auteur développe dans son roman Gagner la guerre (Moutons Electriques, 2009). Au service des dames nous renvoi à l’univers des romans de chevalerie, tandis que Une offrande très précieuse nous parle du déferlement de hordes barbares. Le conte de Suzelle revisite l’histoire du prince charmant et Jour de guigne joue dans la catégorie humour avec le portrait d’un fonctionnaire objet d’une malédiction plutôt rare. Et alors que Le confident nous plonge dans l’horreur d’un membre du clergé du Desséché qui se fait enterrer vivant pour vivre plus intensément son culte,  Un amour dévorant la nouvelle inédite présentée dans la réédition en poche, aborde la thématique de l’intrigue policière appréhendées à l’aune du merveilleux. Passionné d’Histoire Médiévale Jean-Philippe Jaworski créa tout d’abord des jeux de rôles amateurs médiévaux dans sa jeunesse, avant d’être l’auteur de jeux plus sophistiqués, Tiers Age et Te Deum pour un massacre, devenus des valeurs sûres de l’univers roliste, puis de se lancer aujourd’hui dans l’écriture avec ce premier recueil de nouvelles. Dans ces récits à la langue raffinée, où il est capable d’emprunter toute une panoplie de styles allant de Chrétien de Troyes à Terry Pratchett, Jean-Philippe Jaworski s’est d’abord servi du back ground du Vieux Royaume, destiné à être un univers de jeu avant de devenir un univers de fiction. Puis il y a fait évoluer des personnages archétypes du médiéval-fantastique l’assassin, le barbare, le paladin, le prêtre. Cependant, il a arrêté la comparaison, en s’efforçant de déstructurer ces héros préconstruits, en détournant les intrigues et en les extirpant du carcan bipolaire et manichéen où les enserrent bon nombre de récits de fantasy. Tout le reste se coule avec bonheur dans la précision d’une peinture médiévale apportant un profond réalise aux histoires ainsi contées et ramenant l’intérêt du lecteur au cœur de cités impossibles, à travers des batailles et des complots sordides, pour se rapprocher le plus possible des gens du peuple, paysannes, soldats abandonnés, rufians des quai, « tout ceux qui vivent vraiment dans le monde et qui ont toujours plus à perdre qu’à gagner » comme le dit si justement Laurent Kloetzer en quatrième de couverture. Puisant ses influences dans un large panel qui inclus bien sûr Tolkien, mais aussi Borges, Aloysius Bertrand, Gustave Flaubert, Victor Hugo, Robert Holdstock ou Guy Gavriel Kay, pour revenir à des écrivains contemporains, Jean-Philippe Jaworski nous offre 7 textes ciselés comme des petits diamants qui dépeignent des parcours initiatiques retraçant des récits d’aventures, même si certaines sont intérieures, des récits qui contiennent une confrontation réelle ou symbolique avec la mort et la destruction, en somme avec le pathos de la souffrance fidèle à l’esprit des héros des romans de chevalerie tels que Tristan et Iseut ou Lancelot et Guenièvre, et dont l’une des meilleurs représentants en ces pages est AEdan, le chevalier incorruptible, qui revient dans deux nouvelles. Le tout confère à ce recueil une atmosphère sombre voulue par l’auteur qui confesse faire reposer son esthétique sur les contrastes, les clairs-obscurs, rendant ainsi encore plus enivrant le jaillissement de lumière exhumée du plus profond de l’obscurité. A noter que trois de ces nouvelles, Jour de guigne, Une offrande très précieuse et Mauvaise donne ont déjà été publiée sur le site http://couroberon.free signées sous le pseudonyme d’Usher.
GAGNER LA GUERRE
(Roman)
Précédentes publications :
● Les Moutons Electriques- La Bibliothèque Voltaïque 9, 2/2009 —  688 p., 28 €  — Couverture de Arnaud Cremet
● Les Moutons Electriques-La Bibliothèque Voltaïque 9, 5/2010 —  672 p., 50 € —  Couverture de Sébastien Hayez —  Tirage spécial et numéroté à 70 exemplaires reliés sous couverture toilée rigide signes par l'auteur
● Les Moutons Electriques-La Bibliothèque Voltaïque 9, 8/2013 —  688 p., 29 € —  Couverture de Sébastien Hayez —  Tirage à 2000 exemplaires sous couverture nouvelle couverture fabrication luxueuse
● Gallimard-Folio SF 388, 2/2011 — 982 p., 12 €  — Couverture de Hervé Leblan
● Gallimard-Folio SF 388, 2/20151 — 982 p., 12 €  — Couverture de Hervé Leblan (présentation différente)
Critiquesactusf.com (Jérôme Vincent) - Bifrost 55, 7/2009 (Bertrand Bonnet) - cafardcosmique.com (K2R2) - noosfere.com (Jean-François Seignol)

→ Ceux qui ont eut le plaisir de faire la connaissance de Bienvenue Gesufal, le spadassin de la ligue des chuchoteurs, dans la nouvelle Mauvaise donne incluse dans le précédent recueil de Jean-Philippe Jaworski Janua Vera (Moutons Electriques et Folio) le retrouveront avec bonheur dans ce roman en tant que maître espion au service du Podestat Leonide Ducatore, le plus haut magistrat de la République de Ciudalia. Une République en position de force puisqu'elle vient de remporter une bataille navale décisive contre son ennemi de toujours, l'Empire de Ressine pour qui il n'est plus question que de défaite honorable. Désormais c'est l'heure du butin et, dans l'univers tourmenté du Vieux Royaume, ce n'est pas forcément le meilleur moment pour relever sa garde. C'est ce que pense justement le Podestat qui charge Benvenuto de réaliser bon nombre de ses basses œuvres et de ses missions sécrètes. Car, bien que paré des atours de la démocratie, alors que le reste du monde se soumet à des potentats locaux, monarques ou empereurs, la République et sa capitale Ciudalia, est minée par des conflits perpétuels entre les sénateurs qui la dirigent et par toutes sortes d'intrigues politiques. Dés lors, pour conserver intacte son influence le Podestat n'hésite pas à charger Benvenuto de traiter secrètement avec le Cha de Ressine. Malheureusement pour lui, son ambassade ne se déroulera pas comme prévue et il aura maintes fois l'occasion de faire preuve de ses talents de bretteur, voire d'assassin, hérité des bas fonds de Ciudalia, puis de son passage dans l'armée et les légions les plus dures, sans toutefois se départir de son caractère gouailleur et truculent, et surtout de sa capacité quasi féline à toujours retomber sur ses pattes quelles que soient les situations où il se trouve. Mélange de Venise, Naples, Florence et Rome du début de la Renaissance en ce qui concerne Ciudalia, parfait condensé d'une perle méditerranéenne dont on découvre avec ravissement les tortueux méandres et les splendides palais, et de vague Empire Ottoman pour l'Empire de Ressine, le récit plonge également ses racines dans la fantasy plus conventionnelle à travers les région septentrionales marquées du sceau du médiéval-fantastique avec elfes, nains et bon nombre de créatures surnaturelles. Accentuant la crédibilité du roman par un arrière-plan politico-historique qui s'articule parfois sur des références à notre propre Histoire sans véritable copie-coller, Jean-Philippe Jaworski crée avec la minutie d'un fan de jeu de rôle un univers passionnant traversé par une fascinante galerie de personnages, avec à leur tête un anti-héros narrateur pas épargné par les vicissitudes qui nous entraîne de rebondissements en rebondissements sans que la minutie des détail ne viennent affaiblir le souffle de l'aventure. Un réel grand roman qui démontre, si besoin était, que la Fantasy française sait se hisser au niveau de son homologue britannique lorsque des écrivains talentueux manient la plume et qu'ils réussissent à gagner la confiance de leurs éditeurs n'hésitant pas à prendre des risques commerciaux pour mieux diffuser leurs œuvres. Deux derniers détails à noter en ce qui concerne ce livre, d'abord que Libération a proposé sur son site un extrait lu par l'auteur enregistré par Frédérique Roussel aux Imaginales d'Epinal en mai 2009, et que les éditions Folio offraient lors de la première publication une petite plaquette de 14 pages reprenant un extrait du livre dans la même présentation que le reste de la collection et avec la même couverture que le roman.
Elric Intégrale 3
(Recueil) Dark Fantasy
AUTEUR : Michael MOORCOCK (Gb)
EDITEUR : Pocket SF/Fantasy 7140 — 629 p., 11.20 €
SERIE : Elric
COUVERTURE : Jean Bastide
Sommaire :
L’épée noire (traduction de Frank Straschitz)
Stormbringer (traduction de Frank Straschitz)
Elric à la fin des temps (traduction de E.C.L. Meistermann)
Avec cet omnibus les éditions Pocket poursuivent leur réédition du cycle complet consacré aux récits mettant en scène le héros sombre de Michael Moorcock, Elric l’albinos, prince de Melniboné. L’ouvrage comprend deux romans fondamentaux du cycle, L’épée Noire et Stormbringer, ainsi qu’un recueil de différents récits, Elric à la fin des temps. Le premier opus débute par Le voleur d’âmes où nous retrouvons le prince maudit toujours à la poursuite de Theleb K’aarna, le maléfique sorcier de Pan Tang qui a retrouvé sa place d’amant auprès de Yishana, la reine de Jharkor, qu’Elric avait abandonné pour partir à la poursuite du sorcier. Afin d’atteindre Theleb K’aarna, désormais au service de Nikorn  d’Ilmar, le plus riche négociant de la cité de Bakshaa, Elric accepte l’offre de trois négociants jaloux qui veulent assassiner ce concurrent trop encombrant. Cependant, afin de pénétrer dans le palais forteresse de Nikorn, il doit s’allier à une troupe de melnibonéens dirigés par l’un de ses anciens amis, Dyvim Tvar, naguère Seigneur de la Cavernes des Dragons de Melniboné. Ayant réussi à s’introduire dans la forteresse, Elric est fait prisonnier par le sorcier de Pan Tang qui n’a pas hésité à faire appel à des entités démoniaques pour se protéger. Le prince albinos devra donc encore une fois recourir à l’aide du Chaos et assouvir les noirs instincts de Stormbringer, son épée buveuse d’âme, pour parvenir à ses fins. Le récit suivant, Les rois oubliés, propulse Elric et son fidèle compagnon Tristelune au sein de la forêt de Troos, un lieu hanté par de sinistres créatures bordant les frontières d’Org, contrée de Nécromancie et de maléfices en voie de décomposition. Etant parvenu à échapper aux marchands de Nadsokor, la Ville des Mendiants, ils ont secouru Zarozinia, belle et jeune aristocrate, fille de l’un des principaux sénateurs de Kaarlak, la cité des Tours de Jade situé près du Désert de Larmes au-delà d’Ilmiora. Mais, ce faisant, ils tombent entre les mains des orgiens, les survivants du Peuple Condamné qui avait jadis osé contester la réalité des dieux. Pour sauver Zarozinia promise au sacrifice, Elric devra affronter la terrible réincarnation du Roi de la Colline et ses troupes de morts-vivants. Les porteurs de flammes s’inscrit à la suite de cette aventure. L’albinos maudit désormais aux côtés de Zarozinia dont il s’est épris, a décidé de se séparer de Stormbringer, son épée maudite, et vit des jours paisibles dans la cité de Kaarlak. Mais son destin ne tarde pas à le rattraper sous la forme de Terarn Gashtek, le Porteur de Flammes, dont les hordes dévastent tout sur leur passage et viennent ainsi de faire périr la famille de Tristelune. Pour l’aider dans ses conquêtes l’homme dispose de la magie de Drinij Bara, un sorcier qui a eu l’imprudence de cacher son âme dans le corps d’un chat désormais détenu par Terarn Gasthek. Alors que la horde marche sur Kaalak, Elric, assisté par son cousin Dyvim Slorm et ses féroces dragons, doit se résoudre à reprendre Stormbringer et part dans le camp des envahisseurs avec Tristelune afin de tenter de délivrer Drinij Bara des griffes du Porteur de Flammes qui se retrouvera ainsi privé de toute alliance magique. Ce premier roman ce conclut avec Sauver Tanelorn, une histoire dont Rackhir l’Archer Rouge, qu’Elric rencontrera plus tard, est le héros. Pour sauver Tanelorn, la cité tranquille refuge des vagabonds affichant sa neutralité dans le conflit opposant la Lumière au Chaos, et menacée par l’armée des gueux levée à Nadsokor par Narjhan, l’un des Seigneurs du Chaos, il devra franchir différentes portes conduisant aux Seigneurs Gris, qui seuls pourraient permettre à Tanelorn de conjurer ce péril. Le second roman, Stormbinger, s’inscrit comme une sorte de Ragnarok pour la série, un crépuscule des dieux qui voit les lignes directrices du cycle trouver leur sinistre conclusion. Le livre I, Le retour du dieu noir, nous permet d’assister à l’enlèvement de Zarozinia par des séides du Chaos. Avant de la retrouver, alors que les forces du Chaos et de la Loi se préparent pour l’affrontement final, il doit cependant rejoindre Ysihana, la reine de Jharkor accompagné de son cousin Dyvim Slorm et des hommes ailés de Myyrrhn et livrer bataille au roi Sarostro de Dharijor et à son sinistre allié Jagreen Lern, le Théocrate de Pan Tang. Vaincu, Elric doit s’enfuir avec Dyvin Slorm et quelques survivants avant de tomber sur Seîriz, l’un des Dix Endormis sous la Montagne de Feu, les Serviteurs du Destin qui remet Mournblade, la secondé épée du chaos, au cousin d’Elric et  lui apprend que c’est Darnizhaan, l’un des des Dieux Morts revenus sur Terre, qui a enlevé Zarozinia et qui réclame les deux épées maléfiques en échange de sa liberté. Dans le Livre II, Les Frères de l’Epée Noire, Elric se rend dans l’Ile aux sorciers pour essayer de trouver une parade contre les forces de Jagreen Lern. Il y découvre que pour vaincre le redoutable Théocrate, il devra affronter ses alliés démoniaques, les Ducs de l’Enfer. Il lui faudra ensuite récupérer Le bouclier du Géant Triste, titre du Livre III de ce roman, et s’allier au Roi de la Mer pour tenter de conjurer la menace des Navires du Chaos, cette flotte de trépassés remontée des profondeurs pour engloutir les vivants. Enfin le Livre IV, Le trépas du seigneur condamné le voit retourner à la Cité qui Rêve et partir à travers le temps pour retrouver le cor de Roland de Roncevaux seul capable de réveiller les dragons endormis dans leur caverne. Puis ce sera l’ultime combat qui devra décider du sort du monde d’Elric et des Jeunes Royaumes ayant prospéré après la chute de Melniboné. Une bataille où Stormbringer finira par dévoiler sa véritable nature. Le recueil Elric à la fin des temps, qui clôt se volume, renferme plusieurs histoires dont deux mettent encore en scène le prince albinos. Elric à la fin des temps l’envoie dans les méandres temporels à la rencontre d’autres héros du multivers, les fameux Danseurs tels que Werther de Goethe, le Duc de Queens, Maîtresse Christia, Una Persson et lord Jagged des Canaries. Le dernier enchantement se veut la dernière nouvelle d’Elric où le prince albinos est condamné à distraire les Seigneurs du Chaos. Sojan représente le premier récit de Fantasy publié par Moorcock et met en scène un guerrier barbare parti délivrer une belle princesse et préfigure, avec ses dirigeables, la série Oswald Bastable. En, La chose dans la pierre est une nouvelle fantastique, sorte de parodie de Corum écrite en réponse à une demande d’Eric Bentcliffe, le rédacteur en chef du fanzine Triode. Les fans d’Elric oublieront facilement la troisième partie de cet ouvrage, mais se délecteront assurément des deux premiers romans qui représentent les pierres angulaires sur lesquelles repose l’ensemble du cycle, deux œuvres qui furent pour la première fois publiées dans le mythique Elric le nécromancien, volume de la collection Aventures Fantastiques des éditions Opta, en 1969, avec les fantastiques illustrations de Philippe Druillet.

dimanche 26 juillet 2015

La princesse disparue
(Roman) Jeunesse / Dragon Saga
AUTEUR : Tui T. SUTHERLAND (Usa)
EDITEURGALLIMARD JEUNESSE-Hors Collection, 1/2015 ─ 367 p., 16 €
SERIE : Les royaumes de feu 2
TO : Wings of Fire. The lost heir, Scholastic, 2012
Traduction de Vanessa Rubio-Barreau
Couverture de Joy Ang
→ Après les difficiles épreuves vécues lors de leur emprisonnement dans le royaume du ciel où règne l’impitoyable Scarlet, et la déconvenu qu’à entraîné leur visite chez les Ailes de Boue où Apris a appris que sa mère l’a vendue, Tsunami et ses amis n’ont qu’une hâte : rejoindre le Royaume de le Royaume de la Mer où la jeune dragonne espère bien trouver un peu de réconfort auprès de sa mère, la reine de Corail. Mais rien ne se passe comme prévue. En effet, elle s’aperçoit vite qu’en tant que princesse et héritière en titre, elle se retrouve au centre des multiples intrigues qui gangrènent le palais de ce fabuleux monde aquatique. Et elle ne tarde pas à se faire un ennemi mortel parmi ses congénères Ailes de Mer. Heureusement, elle peut toujours compter sur l’aide de ses amis, les Dragonnets du destin, qui l’aideront à éviter les divers pièges tendus sur sa route. Cependant, du fait des alliances passées et de la guerre perpétuelle faisant rage entre les diverses race des dragons, ceux-ci sont considérés de prime abord comme des ennemis. Multipliant les fautes de protocoles du fait de son élevage loin des siens, irritant par là même l’entourage proche de la reine, elle doit convaincre cette dernière que les Dragonnets qui l’accompagnent ne sont pas des adversaires potentiels, tout en composant avec la naissance d’une petit sœur, Anémone, très jolie dragonette aux ressources insoupçonnées. Mais le plus dangereux reste l’attention de plus en plus malveillante que leur portent les trois prétendantes au trône du royaume de Pirrha. En effet ces dernières savent que, selon la prophétie, c’est eux qui seront amenés à désigner celle qui règnera sur l’ensemble des peuples dragons et instaurer ainsi une véritable ère de paix. Une mission qui, au fil de leurs découvertes, apparaîtra au jeunes Dragons du Destin de plus en plus délicates face aux extrémités auxquelles pourraient se résoudre les trois rivales prêtes à tout pour conquérir le pouvoir. De quoi faire peser sur les jeunes dragonnets un poids de responsabilités pour lesquelles ils n’étaient vraiment pas préparés, les entraînant désormais à faire preuve de courage, d’inventivité mais aussi d’un indispensable sens de la solidarité. Un deuxième tome qui étoffe l’intrigue, tout en ménageant le suspens et en conduisant brillamment les jeunes lecteurs sur les traces de personnages pétris d’émotions et devant, au fil des pages, de véritable aimant à sympathie.
La prophétie
(Roman) Jeunesse / Dragon Saga
AUTEUR : Tui T. SUTHERLAND (Usa)
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE-Hors Collection, 1/2015 382 p., 16
SERIE : Les royaumes de feu 1
To : Wings of Fire. The dragonet prophecy, Scholastic, 2012
TRADUCTION : Vanessa Rubio-Barreau
COUVERTURE : Joy Ang
Critiques : La Nouvelle république du 5/02/2015 (Anonyme)
→ L’univers de Ptrrhia est dominé par les dragons. Mais ceux-ci se livrent une guerre féroce et interminable qui déciment leur rang. Tandis que des alliance se nouent pour soutenir l’une des trois prétendantes au trône, une mystérieuse prophétie propagée par les Serres de Paix, une organisation qui milite contre la fin de toute guerre, annonce que l’élection d’une nouvelle reine pourrait ramener la paix au sein de ce monde tourmenté. Cinq jeunes dragons issus de chacune des principales espèces, boue, nuit, mer, sable et pluie, et nés lors de la Nuit-la-plus-Claire en seraient les acteurs principaux. Soustraits à leur famille dés leur plus jeune âge, et élevé Dune, Crécelle et Palm,  des gardiens qui ne leur montre aucune bienveillance particulière, les Dragons du Destins ne rêvent que d’échapper cette surveillance afin de retrouver leurs parents respectifs. Argil, membre des ailes de boue pleine d’initiative, parvient à les faire réaliser ce vœu. Mais, sitôt dehors, ils tombent entre les griffes de Scarlet, la reine des ailes du ciel, qui les oblige à se combattre entre eux dans son arène du Palais du ciel. Bien qu’animés par des motivations différents et pas tous résolus à accepter leur destin de sauveur du monde, ils vont devoir affronter diverses épreuves qui mettront parfois leur amitié à mal, mais qui, en fin de compte, leur prouveront que leur seul chance de survie réside dans leur faculté à s’entraider et à tirer partie de leurs talents respectifs. Aidée par Péril, la championne de la reine Scarlet mais aussi la fille de Crécelle, ils s’efforceront d’éviter le sort funeste que leur réserve la terrible reine du Ciel. Le premier roman d’une série que son auteur, qui a particiép avec Erin Hunter à l’élaboration de la série La guerre des clans a commencé à rédiger à la naissance de son premier enfant. D’où l’importance dans ce récit de l’instinct familial et du déterminisme qui permet aux Dragonnet, bien qu’ils soient formatés pour une tache bien précise, de choisir ce qu’ils vont faire de leurs vies. Un roman où l’on découvrira les dragons sous un nouveau jour, pas seulement batailleurs et cracheurs de feu, mais aussi tournés vers l’amour et les sentiments fraternels, le tout sans oublier une bonne dose d’humour et une primordiale pincée de suspens pour saupoudrer l’ensemble d’un savant parfum d’aventures aux multiples rebondissements. A noter que pour accompagner le lancement du livre Gallimard Jeunesse propose des cartes à collectionner représentant les 7 clans de dragons de Pyrrhia et que le dossier de presse comporte une interview inédite de l’auteur qui présente la série.
 Tui Sutherland est une écrivaine américaine née en juillet 1978 à Caracas, au Vénézuela. Elle a écrit sous divers noms d eplume (Erin Hunter, Rob Kidd, Heather Williams, T. T. Sutherland et Tamara Summers). Eelle est l'auteur de plusieurs livres et séries et à notamment participé à lécriture de  La guerre des clans, série sur les chats sauvages traduite en français et publiée chez Hachette Jeunesse
Le secret interdit
(Roman) Esotérisme / Atlantide
AUTEUR : Bernard SIMONAY (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 519, 5/2015 — 576 p., 9 €
COUVERTURE : Benjamin Carré
Précédente publication : Rocher, 10/2001 — 432 p., 20 € — Couverture de Séverine Pineaux
→ Des survivants inexpliqués du crash d’un avion dans les Rocheuses servent de point de départ à ce roman d’aventure qui surfe sur la vague des phénomènes inexpliqués, comme aimait les travailler le fameux Robert Charroux de la collection les Enigmes de l’univers chez Laffont ou le René Barjavel du Grand secret. Kevin Kramer, romancier américain épris de bougeotte à la Ernest Hemingway et Alexandre, jeune étudiante française en Histoire seront les vecteurs d’un intrigues qui les entraîneront, par le biais des réminescences de leurs vies antérieures, à tenter de déchiffrer l’énigme posée par un secret millénaire qui explique à la fois le passé, le présent et le devenir de l’Humanité. Un secret interdit qui, en alternant les trames temporelles, invite le lecteur à revisiter les plus grandes énigmes de notre temps, des sables de l’Egypte Antique aux Loges des Templiers, en passant par l’énigme du moine explorateur St Breban, les tribunaux secrets allemands du XIIème siècle, les palais turcs de Soliman le Magnifique, ou le Tibet et ses lieux inaccessibles, le tout pour découvrir une clé qui ouvre de fascinantes perspectives sur les origines mêmes de notre monde. Bien qu’écrit avant les l’attentat des Twin Towers de 2001 (première parution aux éditions du Rocher en 2001) ce roman fait la part belle à la théorie du complot planétaire, mettant en place une organisation secrète dont le but ultime est la domination du monde. Pour cela, disposant d’une puissance démesurée, ils ont, au fil des époques, ils utiliseront tous les moyens à leur disposition sans s’embarrasser de scrupules ou d’une quelconque pitié. Face à eux se dressera cependant un contre-pouvoir bien décidé à faire échouer leurs plans machiavéliques. Habile constructeur d’intrigues, Bernard Simonay dont les lecteurs ont pu découvrir tout la richesse imaginative à travers le cycle de fantasy Phénix, mêle ici harmonieusement fantastique et Histoire et tissant un remarquable fil conducteur entre les grandes énigmes qui ont enflammés les passions depuis le 19ème siècles, poussant même le luxe de nous fournir en annexe des explications détaillées sur les principales énigmes auxquelles les héros ont participés, le tout sur fond conspirationnel ancestral, mais aussi terriblement présent à travers des officines telles que le FBI, la CIA, ou la NSA, sans oublier la fin puisant dans la thématique de l’énigme de Roswell et permettant à l’auteur de faire la liaison avec son autre cycle majeurs, celui des Enfants de l’Atlantide, qui nous renvoie au mystère si souvent exploré de la disparition de la civilisation Atlante et nous permet de recouper les préoccupation humaniste d’un auteur épris d’écologie et s’insurgeant contre toutes formes de fanatisme religieux.
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vendredi 8 mai 2015

Omale 2
(Recueil de romans & nouvelles) Science-Fiction
AUTEUR : Laurent GENEFORT (France)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 508, 2/2015 992 p., 9.99
COUVERTURE : Manchu
SOMMAIRE :
Introduction : Au sujet d’Omale
La muraille sainte Omale
Les omaliens
Aparanta
Un roseau contre le vent
La septième merveille d’Omale
L’affaire du Rochile
Croisées
Arbitrage
Patchwork
Lexique
Précédente publication : Denoël-Lunes dEncre, 10/2012 sous le titre « Omale, laire humaine tome 2 » 848 p., 29 Couverture de Manchu
→ Second recueil de la reprise de l’intégrale d’Omale chez Folio SF, ce livre nous propose d’abord le troisième roman de la série, La muraille saint Omale, précédemment paru dans la collection Millénaires de chez J’Ai Lu en 2004. On y retrouve l’univers particulier d’Omale dont les principaux protagonistes pensaient pouvoir jouir de quelques moments de tranquillité bien gagnés. Mais le ver était toujours dans le fruit, car une faille a été ouverte dans la Muraille Sainte, une gigantesque frontière de quatre-vingt mille kilomètres protégeant le territoire humain érigée mille ans plus tôt par des religieux profondément opposés à tout contact avec les Chiles et les Hodgqins. Désormais un flux ininterrompu de réfugiés se répand dans l’Aire Humaine mettant gravement en danger l’équilibre précaire entre les races qui y cohabitent. Bientôt, en de multiples points de cette frontière, la renaissance du phénomène de rejet et de xénophobie entraîne des troubles de plus en plus fréquents. Pour éviter que la paix précaire établie entre les trois espèces ne vole en éclats, une expédition scientifique est formée. Dirigée par Haka, un physicien chile, elle part étudier la fameuse brèche pénétrant ainsi dans des régions où aucun chile, aucun hodgqins, ni aucun humain de l’extérieur n’est jamais allé. Un périple dangereux qui les conduit aux sources d’un secret susceptible de remettre en cause toutes les hypothèses avancées sur les origines d’Omale, une coquille de matériaux inaltérables entourant l’étoile Héliale. Un nouvel épisode dans l’un cycles de prédilection de cet auteur qui a fait ses premières armes dans la science-fiction, réservant la fantasy à ses romans pour la jeunesse (notamment la série d’Alaet chez Degliame/Le Casdran Bleu). La deuxième partie du livre nous présente Les Omaliens, recueil de nouvelles dont l’action se déroule sur le ce monde bien particulier. A la lecture transparaît le plaisir que l’auteur a du éprouver en les rédigeant, tant il semble aimer retrouver ce back ground familier  où il évolue en parfait créateur d’univers, tirant les multiples ficelles des intrigues et des personnages qu’il a façonné. Ainsi, dans Aparanta, il raconte l’arrivée de trois rehs sur Omale, moment crucial appréhendé sous l’angle de vue de trois humains, un religieux, un capitaine de vaisseau spatial et un colon particulièrement intrépide. Un roseau contre le vent s’inscrit dans la veine voyages extraordinaires en nous proposant de suivre le parcours d’une expédition mixte rassemblant chiles, humains et hodgkins, dont le but, en s’enfonçant dans l’Inframonde, est de mettre à mal la théorie escopaliennes affirmant le caractère indigène des rehs. Bien entendu, les intégristes escopaliens n’entendent pas les laisser faire…La septième merveille d’Omale nous ramène a des préoccupations écologiques bien contemporaines en transportant une délégation commerciale humaine en quête de marchés juteux sur le lieu de construction d’un barrage chile fruit de la sueur et des efforts d’esclaves humains et de machines chiles. Or, des rebelles ont décidé de perturber cette mécanique bien huilée, un peu comme chez nous les contestataires du barrage de Sivens, mais d’une autre manière…L’affaire du Rochile est digne du Chien des Baskerville de Conan Doyle ou au mystère de la Bête du Gévaudan, car on mène l’enquête sur une Bête inconnue qui sème la terreur à proximité d’un village humain. Revenu d’un long séjour à l’armée, Ramin, se lance sur les traces de l’énigmatique monstre, nous faisant immanquablement penser au film Le pacte des loups de Christophe Gans. Croisées nous déroule en quelques pages des préceptes, des impressions, parlant de l’immortalité des dieux, de métaphysique et même… de recette des cuisine. Arbitrage, le texte qui suit, s’attache à la trajectoire d’Uzume le jar itinérant, sorte de médiateur chargé d’apaiser les tensions entre les groupes ou les individus. Sa nouvelle mission : arbitrer la fin d’une partie de fejij, un jeu chile sorte de jeu d’échec puissance dix, qui peut se dérouler sur plusieurs années et qui représente l’une des composantes fondamentales de l’existence chile. Enfin, Patchwork nous ramène du côté de l’enquête policière style profanateur de cadavres. On pénètre ainsi dans une morgue aux côtés d’un docteur hodgkins confronté à des cadavres affreusement mutilés et qui, à l’aide d’un ami policier, va mener l’enquête sur l’étrange secte responsable de ces horreurs. On le voit, la thématique brasse large, allant des descriptions méticuleuses de mœurs et coutumes à la Jack Vance aux explorations dignes des romans de Jules Verne. De quoi susciter le plaisir de tous les fans de ce cycle et de cet auteur, tout en invitant de nouveaux lecteurs à la découvrir, sans oublier que le nouvel opus de la série Les vaisseaux d’Omale est sorti en mars 2014 chez Denoël Lunes D’Encre, envoyant une expédition omalienne en direction des étoiles pour percer le secret des lunes captives.
Autre couverture :

Omale 1
(Recueil de romans) Science-Fiction
AUTEUR : Laurent GENEFORT (France)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 507, 2/2015 1056p., 9.99
COUVERTURE : Manchu
SOMMAIRE :
Introduction : Au sujet d’Omale
Omale
Les conquérants d’Omale
Précédente publication : Denoël-Lunes dEncre, 10/2012 sous le titre « Omale, laire humaine tome 1 » 880 p., 30 Couverture de Manchu
→ Reprenant dans un volumineux format poche le titre de la collection Lunes d’Encre de Denoël, les éditions Folio nous propose d’entamer notre immersion dans le riche univers d’Omale, ce monde plat situé dans un lointain futur et habité par trois races, les Humains les Chiles et les Hodgqins qui, après une guerre de seize siècle, croyaient enfin pouvoir savourer un paix enfin retrouvée. Avec Omale, premier volet des Chroniques d’Omale, Laurent Genefort peut enfin donner toute la mesure à son imagination débordante. Dans ce roman il nous transporte sur Omale, planète où cohabitent trois races différentes, les Humains, les Chiles et les Hodgquins. Parmi eux, six individus trouvent un bris de coquille d’oeuf d’omale portant une inscription qui les conduit à se lancer dans une sorte de quête initiatique. Leurs chemins convergents les conduit vers Yyalter, un dirigeable au long cours, sur lequel ils embarquent. Attaqué par des pirates leur vaisseau devient une épave dérivante. Seuls survivants ils s’affrontent dans le fejij, le complexe Jeu des Relations chile, afin de désigner leur chef. Les perdants doivent raconter aux autres comment ils ont réussi à se procurer un fragment d’oeuf. Une manière habile pour l’auteur de nous retracer l’histoire d’Omale sans jamais se montrer ennuyeux. Une splendide invitation à l’aventure et au voyage à travers laquelle Laurent Genefort développe tout à loisir son talent de concepteur de mondes et sa verve d’ethnologue découvreur de civilisations extraterrestres. Une édition définitive revue par l’auteur, qui comporte quelques modifications au regard de la première publication chez J’Ai Lu/Millénaires, en 2001. Le deuxième titre du recueil, Les conquérants d’Omale, paru pour la première fois dans la collection Millénaire de J’Ai Lu en 2002, revient sur la problématique des Vangk. Qui sont-ils réellement ? Par quels moyens ont-ils fabriqués l’artefact démesuré d’Omale, et dans quel dessein cosmique ? Telles sont quelques unes des questions fondamentales qui reviennent en ces Ages Obscurs tandis que la guerre, qui s’est généralisée sur les zones frontières ou Bordures, n’épargne que l’Aire Tripartie située à l’intersection des trois Aires, celle des Humains, celle des Chiles et celle des Hodgquins. Pourtant cet endroit réputé neutre, où se nouent les transactions diplomatiques entre les trois espèces, est à présent miné par un complot. Plus loin, à l’ouest, le front opposant Chiles et Humains s’étend sur prés de vingt mille kilomètres, mobilisant des millions de soldats, alors qu’une mission périlleuse s’élabore en secret, capable à elle seule de changer la face du conflit. Et comme si les malheurs de la guerre ne suffisaient pas, la menace d’une mystérieuse nappe d’obscurité qui avance inexorablement, plonge les terres traversées dans un hiver polaire invivable. C’est dans cette ambiance de fin de monde que trois destins s’entrecroisent conférant à cette fresque épique toute la saveur d’une intrigue aux personnages profondément humains.
Autre couverture :