vendredi 8 mai 2015

Omale 2
(Recueil de romans & nouvelles) Science-Fiction
AUTEUR : Laurent GENEFORT (France)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 508, 2/2015 992 p., 9.99
COUVERTURE : Manchu
SOMMAIRE :
Introduction : Au sujet d’Omale
La muraille sainte Omale
Les omaliens
Aparanta
Un roseau contre le vent
La septième merveille d’Omale
L’affaire du Rochile
Croisées
Arbitrage
Patchwork
Lexique
Précédente publication : Denoël-Lunes dEncre, 10/2012 sous le titre « Omale, laire humaine tome 2 » 848 p., 29 Couverture de Manchu
→ Second recueil de la reprise de l’intégrale d’Omale chez Folio SF, ce livre nous propose d’abord le troisième roman de la série, La muraille saint Omale, précédemment paru dans la collection Millénaires de chez J’Ai Lu en 2004. On y retrouve l’univers particulier d’Omale dont les principaux protagonistes pensaient pouvoir jouir de quelques moments de tranquillité bien gagnés. Mais le ver était toujours dans le fruit, car une faille a été ouverte dans la Muraille Sainte, une gigantesque frontière de quatre-vingt mille kilomètres protégeant le territoire humain érigée mille ans plus tôt par des religieux profondément opposés à tout contact avec les Chiles et les Hodgqins. Désormais un flux ininterrompu de réfugiés se répand dans l’Aire Humaine mettant gravement en danger l’équilibre précaire entre les races qui y cohabitent. Bientôt, en de multiples points de cette frontière, la renaissance du phénomène de rejet et de xénophobie entraîne des troubles de plus en plus fréquents. Pour éviter que la paix précaire établie entre les trois espèces ne vole en éclats, une expédition scientifique est formée. Dirigée par Haka, un physicien chile, elle part étudier la fameuse brèche pénétrant ainsi dans des régions où aucun chile, aucun hodgqins, ni aucun humain de l’extérieur n’est jamais allé. Un périple dangereux qui les conduit aux sources d’un secret susceptible de remettre en cause toutes les hypothèses avancées sur les origines d’Omale, une coquille de matériaux inaltérables entourant l’étoile Héliale. Un nouvel épisode dans l’un cycles de prédilection de cet auteur qui a fait ses premières armes dans la science-fiction, réservant la fantasy à ses romans pour la jeunesse (notamment la série d’Alaet chez Degliame/Le Casdran Bleu). La deuxième partie du livre nous présente Les Omaliens, recueil de nouvelles dont l’action se déroule sur le ce monde bien particulier. A la lecture transparaît le plaisir que l’auteur a du éprouver en les rédigeant, tant il semble aimer retrouver ce back ground familier  où il évolue en parfait créateur d’univers, tirant les multiples ficelles des intrigues et des personnages qu’il a façonné. Ainsi, dans Aparanta, il raconte l’arrivée de trois rehs sur Omale, moment crucial appréhendé sous l’angle de vue de trois humains, un religieux, un capitaine de vaisseau spatial et un colon particulièrement intrépide. Un roseau contre le vent s’inscrit dans la veine voyages extraordinaires en nous proposant de suivre le parcours d’une expédition mixte rassemblant chiles, humains et hodgkins, dont le but, en s’enfonçant dans l’Inframonde, est de mettre à mal la théorie escopaliennes affirmant le caractère indigène des rehs. Bien entendu, les intégristes escopaliens n’entendent pas les laisser faire…La septième merveille d’Omale nous ramène a des préoccupations écologiques bien contemporaines en transportant une délégation commerciale humaine en quête de marchés juteux sur le lieu de construction d’un barrage chile fruit de la sueur et des efforts d’esclaves humains et de machines chiles. Or, des rebelles ont décidé de perturber cette mécanique bien huilée, un peu comme chez nous les contestataires du barrage de Sivens, mais d’une autre manière…L’affaire du Rochile est digne du Chien des Baskerville de Conan Doyle ou au mystère de la Bête du Gévaudan, car on mène l’enquête sur une Bête inconnue qui sème la terreur à proximité d’un village humain. Revenu d’un long séjour à l’armée, Ramin, se lance sur les traces de l’énigmatique monstre, nous faisant immanquablement penser au film Le pacte des loups de Christophe Gans. Croisées nous déroule en quelques pages des préceptes, des impressions, parlant de l’immortalité des dieux, de métaphysique et même… de recette des cuisine. Arbitrage, le texte qui suit, s’attache à la trajectoire d’Uzume le jar itinérant, sorte de médiateur chargé d’apaiser les tensions entre les groupes ou les individus. Sa nouvelle mission : arbitrer la fin d’une partie de fejij, un jeu chile sorte de jeu d’échec puissance dix, qui peut se dérouler sur plusieurs années et qui représente l’une des composantes fondamentales de l’existence chile. Enfin, Patchwork nous ramène du côté de l’enquête policière style profanateur de cadavres. On pénètre ainsi dans une morgue aux côtés d’un docteur hodgkins confronté à des cadavres affreusement mutilés et qui, à l’aide d’un ami policier, va mener l’enquête sur l’étrange secte responsable de ces horreurs. On le voit, la thématique brasse large, allant des descriptions méticuleuses de mœurs et coutumes à la Jack Vance aux explorations dignes des romans de Jules Verne. De quoi susciter le plaisir de tous les fans de ce cycle et de cet auteur, tout en invitant de nouveaux lecteurs à la découvrir, sans oublier que le nouvel opus de la série Les vaisseaux d’Omale est sorti en mars 2014 chez Denoël Lunes D’Encre, envoyant une expédition omalienne en direction des étoiles pour percer le secret des lunes captives.
Autre couverture :

Omale 1
(Recueil de romans) Science-Fiction
AUTEUR : Laurent GENEFORT (France)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 507, 2/2015 1056p., 9.99
COUVERTURE : Manchu
SOMMAIRE :
Introduction : Au sujet d’Omale
Omale
Les conquérants d’Omale
Précédente publication : Denoël-Lunes dEncre, 10/2012 sous le titre « Omale, laire humaine tome 1 » 880 p., 30 Couverture de Manchu
→ Reprenant dans un volumineux format poche le titre de la collection Lunes d’Encre de Denoël, les éditions Folio nous propose d’entamer notre immersion dans le riche univers d’Omale, ce monde plat situé dans un lointain futur et habité par trois races, les Humains les Chiles et les Hodgqins qui, après une guerre de seize siècle, croyaient enfin pouvoir savourer un paix enfin retrouvée. Avec Omale, premier volet des Chroniques d’Omale, Laurent Genefort peut enfin donner toute la mesure à son imagination débordante. Dans ce roman il nous transporte sur Omale, planète où cohabitent trois races différentes, les Humains, les Chiles et les Hodgquins. Parmi eux, six individus trouvent un bris de coquille d’oeuf d’omale portant une inscription qui les conduit à se lancer dans une sorte de quête initiatique. Leurs chemins convergents les conduit vers Yyalter, un dirigeable au long cours, sur lequel ils embarquent. Attaqué par des pirates leur vaisseau devient une épave dérivante. Seuls survivants ils s’affrontent dans le fejij, le complexe Jeu des Relations chile, afin de désigner leur chef. Les perdants doivent raconter aux autres comment ils ont réussi à se procurer un fragment d’oeuf. Une manière habile pour l’auteur de nous retracer l’histoire d’Omale sans jamais se montrer ennuyeux. Une splendide invitation à l’aventure et au voyage à travers laquelle Laurent Genefort développe tout à loisir son talent de concepteur de mondes et sa verve d’ethnologue découvreur de civilisations extraterrestres. Une édition définitive revue par l’auteur, qui comporte quelques modifications au regard de la première publication chez J’Ai Lu/Millénaires, en 2001. Le deuxième titre du recueil, Les conquérants d’Omale, paru pour la première fois dans la collection Millénaire de J’Ai Lu en 2002, revient sur la problématique des Vangk. Qui sont-ils réellement ? Par quels moyens ont-ils fabriqués l’artefact démesuré d’Omale, et dans quel dessein cosmique ? Telles sont quelques unes des questions fondamentales qui reviennent en ces Ages Obscurs tandis que la guerre, qui s’est généralisée sur les zones frontières ou Bordures, n’épargne que l’Aire Tripartie située à l’intersection des trois Aires, celle des Humains, celle des Chiles et celle des Hodgquins. Pourtant cet endroit réputé neutre, où se nouent les transactions diplomatiques entre les trois espèces, est à présent miné par un complot. Plus loin, à l’ouest, le front opposant Chiles et Humains s’étend sur prés de vingt mille kilomètres, mobilisant des millions de soldats, alors qu’une mission périlleuse s’élabore en secret, capable à elle seule de changer la face du conflit. Et comme si les malheurs de la guerre ne suffisaient pas, la menace d’une mystérieuse nappe d’obscurité qui avance inexorablement, plonge les terres traversées dans un hiver polaire invivable. C’est dans cette ambiance de fin de monde que trois destins s’entrecroisent conférant à cette fresque épique toute la saveur d’une intrigue aux personnages profondément humains.
Autre couverture :
Juana Vera : Récits du Vieux Royaume
(Recueilde nouvelles) Heroic Fantasy
AUTEUR : Jean-Philippe JAWORSKI (France)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 332, 2/2015 496 p., 10.90
COUVERTURE : Récits du vieux royaume 1
COUVERTURE : Hervé Leblan
SOMMAIRE :
Janua Vera
Mauvaise donne
Le service des dames
Une offrande très précieuse
Le Conte de Suzelle
Jour de guigne
Un amour dévorant
Le confident
Précédentes publications :
● Les Moutons Electriques-Nouvelles et Romans, 4/2007 — 320 p., 15 € — Couverture de Howard Pyle
● Gallimard-Folio SF 332, 2/2009 — 496 p., 10.90 € — Couverture de Charles Hoffbauer
● Les Moutons Electriques-La Bibliothèque Voltaïque 14, 5/2010 (Tirage lmimité 70 exemplaires signés par l’auteur) — 404 p., 50 € — Couverture de Sébastien Hayez
● Les Moutons Electriques-La Bibliothèque Voltaïque 14, 8/2014 (Tirage lmimité à 1500 exemplaires) — 688 p., 27 € — Couverture de Sébastien Hayez (différente de celle de l’édition 2010)
Critiques : actusf.com Clément Bourgoin) - Bifrost 48, 12/2008 (Laurent Leleu)   noosfere.com (Bruno Para)
→ Passionné d’Histoire Médiévale Jean-Philippe Jaworski créa tout d’abord des jeux de rôles amateurs médiévaux dans sa jeunesse, avant d’être l’auteur de jeux plus sophistiqués, Tiers Age et Te Deum pour un massacre, devenus des valeurs sûres de l’univers roliste, puis de se lancer aujourd’hui dans l’écriture avec ce premier recueil de nouvelles. Dans ces récits à la langue raffinée, où il est capable d’emprunter toute une panoplie de styles allant de Chrétien de Troyes à Terry Pratchett, Jean-Philippe Jaworski s’est d’abord servi du back ground du Vieux Royaume, destiné à être un univers de jeu avant de devenir un univers de fiction. Puis il y a fait évoluer des personnages archétypes du médiéval-fantastique l’assassin, le barbare, le paladin, le prêtre. Cependant, il a arrêté la comparaison, en s’efforçant de déstructurer ces héros préconstruits, en détournant les intrigues et en les extirpant du carcan bipolaire et manichéen où les enserrent bon nombre de récits de fantasy. Tout le reste se coule avec bonheur dans la précision d’une peinture médiévale apportant un profond réalise aux histoires ainsi contées et ramenant l’intérêt du lecteur au cœur de cités impossibles, à travers des batailles et des complots sordides, pour se rapprocher le plus possible des gens du peuple, paysannes, soldats abandonnés, rufians des quai, « tout ceux qui vivent vraiment dans le monde et qui ont toujours plus à perdre qu’à gagner » comme le dit si justement Laurent Kloetzer en quatrième de couverture. Puisant ses influences dans un large panel qui inclus bien sûr Tolkien, mais aussi Borges, Aloysius Bertrand, Gustave Flaubert, Victor Hugo, Robert Holdstock ou Guy Gavriel Kay, pour revenir à des écrivains contemporains, Jean-Philippe Jaworski nous offre 7 textes ciselés comme des petits diamants qui dépeignent des parcours initiatiques retraçant des récits d’aventures, même si certaines sont intérieures, des récits qui contiennent une confrontation réelle ou symbolique avec la mort et la destruction, en somme avec le pathos de la souffrance fidèle à l’esprit des héros des romans de chevalerie tels que Tristan et Iseut ou Lancelot et Guenièvre, et dont l’une des meilleurs représentants en ces pages est AEdan, le chevalier incorruptible, qui revient dans deux nouvelles. Le tout confère à ce recueil une atmosphère sombre voulue par l’auteur qui confesse faire reposer son esthétique sur les contrastes, les clairs-obscurs, rendant ainsi encore plus enivrant le jaillissement de lumière exhumée du plus profond de l’obscurité. Un coup de maître donc pour ce professeur de français dont on lira avec profit la longue interview publié sur le site www.cafardcosmique.com.
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La horde du contrevent
(Roman) SF / Hard science
AUTEUR : Alain DAMASIO (France)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 271, 2/2015 736 p., 10.90
COUVERTURE : Nicolas Fructus
Précédente publication :
● La Volte, 10/2004 — 544 p., 28 € — Couverture de Miss Apa & Betty B.
● Gallimard-Folio SF 271, 6/2007 — 736 p., 10.90 € — Couverture de Boris Joly-Erard
Critiques actusf.com (Eric Holstein) - Epok du 11/04/2004 (Francis Mizio-A couper le souffle) Le Monde du 5/11/2004 (Jacques Baudou) noosfere.com (Pascal Patoz)
Imaginez une Terre poncée avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable. Vous penserez à un univers à la Mad Max, mais vous vous tromperez, car l’imagination de l’auteur va bien plus loin que la simple description d’un monde post cataclysmique. En effet, Alain Damasio est de la race des « univers makers », comme Philip Jose Farmer, Jack Vance ou Frank Herbert. Dés lors vous ne serez pas prêt d’oublier l’histoire qu’il vous raconte, celle de la 34 ème Horde dont les membres, rafale en gueule, toute leur vie durant, s’efforce d’atteindre l’inaccessible Extrême-Amont. Qui sont-ils ? Sov Strochnis le scribe, Caracole le troubadour, Oroshi Melicerte l’aéromaître, Golgoth, le traceur de Horde, Arval l’éclaireur. Et ils forment la Horde du Contrevent, un bloc d’élite d’une vingtaine d’enfants aptes à remonter depuis l’Extrême-Aval les étendues de ce monde désolé balayé par un vent féroce qui en rince la surface, ne laissant subsister que des grappes de villages avec leurs maisons en gouttes d’eau qui s’accrochent désespérément aux restes d’un sol tourmenté, ses chars à voiles qui strient son territoire dépenaillé, ses arpailleurs debout en plein flot résistant aux bourrasques démentes. Chacun des 23 membres qui composent ce groupe hors du commun sculpté dans la glaise des héros et destinés à affronter des épreuves surhumaines raconte une partie de l’histoire à la première personne, aidant ainsi le lecteur à partager l’angoisse des différents protagonistes au fur et à mesure de leur progression vers le but ultime de leur existence qui vaut tous les sacrifices. Faisant preuve d’une inventivité explosive, tant dans le choix des mots, que dans la création de cet univers atypique, Alain Damasio signe avec ce deuxième roman l’une des révélations de la SF française de ces dernières années. Qu’ajoutez à cela, sinon que dans sa parution originale aux éditions La Volte, en 2004, ce livre-univers était accompagné d’un disque proposant une partition musicale œuvre d’Arno Alyvan, et que, pour prolonger le bonheur de la lecture, le site < www.lahordeducontrevent.org > offrait 60 dessins de Boris Joly-Erard qui illustrent à merveille le livre.
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mercredi 6 mai 2015


Player One
(Roman) SF / Jeu Vidéo / Réalité Virtuelle
AUTEUR : Ernest CLINE (Usa)
EDITEUR : Pocket-Science-Fiction/Fantasy 15666, 3/2015 624 p., 9.80
TO : Ready Player One, 2015
TRADUCTION : Arnaud Regnauld
COUVERTURE : Marion Tigréat
Précédente publication : Michel Lafon, 1/2013 400 p., 17.95 Couverture de Gilles Legleye
Critiques : Ernest Cline, geek et nostalgique, par Chatal Guy (in www.lapresse.ca) Technophobes sabstenir, par Amélie Puzalat (in LExpress du 19/01/2013)
Wade Watts est un geek, mais un geek de 2044, c'est-à-dire un type qui ne passe pas que tout son temps dans son univers virtuel, mais un être qui a totalement décroché de la réalité, il est vrai peu attirante où une grande partie de l’Humanité victime d’une crise de l’énergie qui avait portant été annoncée végète dans des prairies de caravanes-bidonvilles . Seul échappatoire pour ces glandus de l’avenir, l’Oasis. Entendez une sorte de Second Life puissance cent créé par le génial James Halliday. Un gourou du net qui, avant de mourir, dans une ultime pied  de nez à la toile a annoncé sur le web qu’il lèguerait son immense fortune à celui qui serait capable d’accomplir une périlleuse mission truffé d’embûches en tous genres , d’énigmes, d’épreuves vidéoludiques, de tests cinématographiques, et j’en passe…Wayne, alias Parzifal, hacker orphelin rivé jours et nuits à son écran pense qu’il a les épaules assez solides pour tenter l’aventure. Dés lors commence pour lui une formidable chasse trésor dont le back-ground quelque peu nostalgique nous ramène aux bon vieux jeux vidéo des années 80, Pac man, Donkey Kong, Frogger, pour ne citer qu’eux, sans oublier des références cinématographiques marqués du sceau des Monthy Pythons et de Ladyhawke. Et Wayne connaît sur le bout des ongles les fameuses lubies de Halliday qui permettent de découvrir les clés qu’il a dissimulées dans chaque jeu culte. Après avoir trouvé la première, le voilà soudain propulsé sur le devant d’une scène qu’il aurait mieux fait de ne jamais fouler. Pour lui qui n’établissait de contacts avec le genre humain qu’à travers les avatars d’Oasis, la découverte des Sixters, ces sortes de mercenaires à la solde d’une entreprise prête à tout pour faire main basse sur le fabuleux héritage, le transformera en cible vivante susceptible de perdre plus que sa connexion, c'est-à-dire la vie. Heureusement, dans sa quête interactive, Wayne se fera quelques amis virtuels, et notamment l’envoûtante Art3 mis, une joueuse qui, pour la première fois, lui donnera envie de quitter ce monde parallèle afin de découvrir le véritable amour, charnel et tout en prime. Est-ce que les geeks français qui découvriront le livre deux ans après sa parution aux USA seront d’accord pour envisager cette possibilité de revanche du réel sur le virtuel ? En tous cas ils ne seront pas du tout dépaysés par la lecture de ce roman qui prend parfois des allures de scénario de jeu de rôle, chaque chapitre correspondant à de  niveaux à franchir, et qui les entraîne au sein d’un univers techno qu’ils pratiquent quotidiennement, tout en faisant jouer la fibre nostalgique chez des joueurs plus âgés retrouvant les premiers amours qui leur ont donné des cornes sous le bout des pouces. De quoi déclencher l’enthousiasme des futuristes de tous poils qui trembleront d’excitation en apprenant que la Warner Brothers a acheté les droits d’exploitation de ce livre et que Universal Pictures s’est positionné sur le prochain, Armada, un autre roman de science-fiction.
Autre couverture :


Tau Zero
(Roman) SF / Hard science
AUTEUR : Poul ANDERSON (Usa)
EDITEUR : Pocket-SF 7160, 1/2015 350 p., 7.90
To : Tau Zero, 1970
TRADUCTION : Jean-Daniel Brèque
COUVERTURE : Manchu
Précédente publication : Le Bélial, 5/2012  304 p., 20
Critiques : actufs.com (Marie Marquez) Bifrost 68, 10/2012 (Jean-Pierre Lion) noosfere.com (Bruno Para)
Publié pour la première fois au Bélial après 40 ans d'oubli, ce roman est aujourd'hui repris en poche chez Pocket. L'occasion pour un large public de découvrir ou de redécouvrir Poul Anderson, l'un des monstres sacrés de l'âge d'or de la SF américaine. Les vieux lecteurs de Fiction et de la collection SF des éditions Marabout verseront une larme nostalgique en se rappelant les fameuses pages de La patrouille du temps, véritable pierre angulaire des récits de divergences temporelles, ou de Opération Chaos, narrant les aventures rocambolesques d'un loup-garou et d'une sorcière, sans oublier dans le domaine de la Fantasy l'inoubliable Peuple du ciel, puis la saga de Hrolf Kraki chez Garancière et le dynamique Dominic Flandry, héros de space opera de la série Agent de l'Empire terrien aux éditions Opta. Liste loin d'être exhaustive, tant cet auteur avait pris l'habitude de cultiver le célèbre sens of wonder anglo-saxon sous ses meilleurs auspices. Ici, il nous revient dans un roman se revendiquant de la hard SF moderne dont la thématique s'inspire des voyages intergalactiques et des Navire étoile à la E.C. Tubb. Nous voici donc embarqués sur le Leonora Christina avec une équipe d'une cinquantaine de scientifiques et de membres d'équipage triés sur le volet afin de rejoindre la lointaine étoile Beta Virginis pour tenter de découvrir une planète où la vie humaine pourrait prospérer. Forcé d'avoisiner la vitesse de la lumière pour parcourir ces incommensurables distances, le navire doit constamment accélérer (d'où la variable Tau du titre). Tandis que l'auteur s'attache à nous décrire les rapports humains complexes qui s'établissent au sein de cette coquille d'humanité en miniature, une panne du système de freinage pousse l'astronef à accélérer à l'infini avec, pour conséquence, l'impossibilité d'atteindre la cible tant recherché par cette première expédition interstellaire. Flirtant sans vergogne avec les paradoxes (on peut aller plus vite que la vitesse de la lumière qui est en soit indépassable!!) Poul Anderson nous propose un cours de physique loin d'être rébarbatif que vient habilement compléter la passionnante postface de l'astrophysicien Roland Lehoucq. Bien entendu, outre l'aspect scientifique proprement dit, l'intérêt du roman porte également sur les rapports humains finement décrits entre des personnages confrontés à un voyage sans retour où, besoin de croisements génétiques oblige, ils devront apprendre à faire tomber pas mal de tabous, comme par exemple la pérennité du couple. Des péripéties bien marquantes des œuvres de la fin des années 60 qui me rappellent un film où les survivants mâles de l'Humanité réfugiés dans une base polaire après une catastrophe atomique devaient se passer tour à tour les rares femmes restants afin de perpétrer l'avenir de l'espèce et d'assurer l'équilibre psychologique du groupe. Cependant, il ne faut pas croire pour autant que le roman est mal vieilli. Ce serait mal connaître le talent d'écriture de cet auteur qui, mieux que quiconque a su insuffler à cette aventure supra-humaine un incontestable souffle poétique comblant les attentes d'un lecteur qui tout au long de ces 350 pages n'aura pas vu passer le temps, autre sujet fondamental du roman. A lire donc pour tous les amoureux de la SF qui ne pourront que se féliciter la découverte tardive de cette perle dont la mise en français a été assurée par le méticuleux Jean-Daniel Brèque, auteur également de la préface du livre.
Autre couverture :