lundi 11 janvier 2016



 
◊ Fondation 1 & 2
(Recueil de romand) Science-Fiction / Space Opera
AUTEUR :  Isaac ASIMOV (Usa)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 528 & 529, 10/2015 — 832 & 992  p., 14.90 € & 15.50 €
SERIE : Fondation Trilogy, 1963
TRADUCTION : Pierre Billon & Jean Rosenthal
COUVERTURE : Johann Goutard
Sommaire :
Fondation 1
Fondation
Fondation et Empire
Seconde Fondation
Fondation 2
Fondation foudroyée
Terre et Fondation
→ Chef d'œuvre incontesté de la SF, au même titre que des ouvrages tels que la série du Non A de Van Vogt ou les romans de Philip K. Dick, le cycle de Fondation bénéficie à présent d'une réédition dans l'agréable collection de semi poche des éditions Folio. C'est dans les pages du magazine Astounding Science Fiction de John W. Campbell que fut publiée la première nouvelle du cycle de Fondation. Mais ce n'est seulement qu'en 1961 lorsque Doubleday fit paraître l'ensemble des récits écrits dans Astounding par Asimov en un seul volume, que le succès se profila pour son auteur. Quelques années plus tard la prestigieuses collection Le Club du Livre de Science-Fiction des éditions Opta débuta avec sa publication et rencontra aussitôt l'adhésion du lectorat français. Ne sachant pas, au début, qu'il se lançait dans une véritable Histoire Asimov, Isaac Asimov, scientifique de formation, a construit l'ensemble de son cycle à partir d'un postulat stipulant que tout corps organisé détient en germe les sources de sa propre destruction, et a développé ce sujet en multiples ramifications à travers ce qui pourrait s'apparenter à 3 recueils de nouvelle (Fondation, Fondation et Empire et Seconde Fondation) et deux romans (Fondation foudroyée et Terre et Fondation).
Fondation regroupe 5 nouvelles qui mettent en scène Hari Seldon, savant universitaire et sorte de visionnaire du futur qui a développé une nouvelle science, la pyschohistoire, capable de prédire l’avenir au moyen de tout un réseau de statistiques. Hari Seldon vit quelque 22 000 ans dans le futur. La Terre a disparu des radars. Qu’à cela ne tienne, les hommes ont formé un Empire Galactique tout autour de la Voie Lactée avec pour capitale Trantor. Cependant, d’après la psychohistoire, cet Empire va sur son déclin. Une période de désagrégation devrait ouvrir sur 30 000 ans de barbarie, avant qu’un nouvel Empire ne jaillisse des cendres du premier. L’Humanité, c’est bien connu, est impatiente. Elle n’entend pas végéter si longtemps dans les Ténèbres. Or, Hari Seldon propose de raccourcir cette période à… 1 000 ans. Comment, en créant une Fondation, vaste réunion de scientifiques triés sur le volet chargé de créer une Encyclopédie Galactique regroupant tout le savoir de l’Humanité afin de  guider les hommes durant l’ère de la barbarie. L’Empire, qui ne voit pas d’un bon œil la création de cette Fondation, l’exile sur la lointaine planète Terminus. Guidés par l’hologramme de Hari Seldon, qui apparaît lors des périodes de crise, les membres de la Fondation finiront par s’émanciper et passeront par divers stades de luttes, d’intrigues et de complots incluant la création d’une nouvelle religion, et dont les principales étapes seront résumés en cinq grandes parties dominées, tour à tour par les Pyschohistoriens, les Encyclopédistes, les Maires, Les Marchand et les Princes Marchands
Fondation et Empire, second volet de la série repris dans ce 1er tome, comme la plupart des romans du cycle, se compose de plusieurs récits, trois en l'occurrence : Le Général, Le Mulet et Le Clown. Dans le premier nous suivons la trajectoire houleuse de Bel Riose, général plutôt entreprenant de l'Empire humain qui s'est mis en tête d'annexer une Fondation dont l'influence, pour lui, s'avère grandissante. Tout au fil des pages alternant intrigues et complots dans une ambiance de space opera, nous assisterons aux efforts de la Fondation pour discréditer le Général auprès de l'Empereur. Le second met en scène le futur personnage central du troisième tome du cycle (Seconde Fondation), le Mulet. Ce mutant à l'origine mystérieuse doté de pouvoirs psychiques impressionnants qui lui assurent la domination mentale des êtres qu'il côtoie et qui règne en despote sur la planète Kalgan mène pour ainsi dire une campagne à la Bonaparte lui procurant victoire après victoire dans le conflit qui l'oppose à la Fondation et à ses nouveaux alliés les Marchands Indépendants. L'enlèvement par la capitaine Pritcher, secondé par Toran Dralle et sa femme Bayla, membres des Marchands Indépendants,  de Magnifico, le clown du Mulet, dont les ravisseurs espèrent tirer des renseignements sur son maître énigmatique, donne un prétexte rêvé au Mulet pour fondre sur Terminus, le siège de la Fondation. Enfin, pour le troisième et dernier volet du roman, nous retrouvons justement le Clown qui fait cause commune avec les époux Dralle qui se sont rendus sur Trantor, siège d'une empereur devenu sénile, afin de retrouver la trace de la mystérieuse Seconde Fondation invoqué par Hari Seldon, dont les rangs comprendraient les seuls psychohoistoriens capables de s'opposer aux pouvoirs psychiques du Mulet. Un ennemi public déclaré de la Fondation qui dans les dernières pages du récit va se dévoiler et montrer qu'il peut faire preuve de sentiments humains tels que l'amour.
Seconde Fondation est essentiellement basé sur le personnage du Mulet, un mutant capable de contrôler et d'orienter les pensées des autres, voire de masses toutes entières. Grâce à ses pouvoirs il est parvenu à s'emparer du royaume militaire de Kalgan en influençant les pensées de son roi, puis à  conquérir la Fondation dont la capitale est située sur Terminus qu'il transforme en Empire baptisé l'Union des Mondes. Dés lors il peut se consacrer à sa principale motivation : traquer les membres de la Seconde Fondation. Cette organisation secrète basée à l'autre bout de la galaxie dans un lieu non identifié nommé Star's End est composée de psychohistoriens  dotés de pouvoirs psychiques semblables au Mulet qui ont été chargés par Hari Sheldon de réparer les éventuelles déviations affectant la première Fondation. La première partie du roman, La Quête du Mulet, nous montre comment ce dernier, cherchant à démasque les traitres convertis à la cause de la Seconde Fondation,  organise la traque des non convertis tels que Bail Chanis, et finit par anéantir la planète Tazenda où il pensait que se situait le siège des conspirateurs avant d'être à son tour influencé de manière à penser que la Seconde Fondation est un mythe. La seconde partie, La quête de Fondation, nous ramène sur Terminus où, parmi un certains groupe de personnage influents, la méfiance est aussi de mise au sujet des pouvoirs dérangeants de la Seconde Fondation conçue en secret par Hari Seldon. Le Dr Darell en est l'un des principaux activistes. Ces derniers décident de s'intéresser de prés au Mulet qui semble en avoir appris beaucoup sur l'existence de cette autre Fondation. Arkady, la fille de Darell, se rend au palais du Mulet sur la planète Kalgan afin de mener une délicate mission d'espionnage. Nous la suivrons dans son parcours tourmenté qui finira par nous ramener vers la planète Trantor.
Fondation Foudroyée, qui ouvre le second tome de cette intégrale, marque la reprise par Asimov, sollicité par ses fans et ses éditeurs, du cycle qui l'a fait connaître du grand public. On y découvre le personnage de Golan Trevize, un habitant de Terminus, qui pense que la Seconde Fondation n'a pas disparue comme elle voulait le faire croire. Exilé de Terminus, il est désormais chargé de trouver la Terre des Origines accompagné par le chercheur Janov Pelorat,  pour lui un moyen détourné de partir en quête de la Seconde Fondation. Pendant ce temps sur Trantor, le siège de cette dernière le jeune Orateur Stor Gendiba, porté par ses ambitions politiques, se fait le porte-parole d'une théorie mettant en lumière les défauts du plan Seldon et la présence d'une micro-psychohistoire composé d'anti-Mulets qui travaillent en secret pour prendre le pouvoir. Golan Trevize, de son côté a fait la connaissance de Joie, une sorte de robot anthropomorphe, fragment de Gaïa, surperorganisme avec qui elle communique de manière télépathique. Lorsque se conclut ce quatrième roman trois voies s'ouvre pour l'avenir de l’Humanité : la reconstitution de l'Empire matérialiste de la Première Fondation, l'Empire mentaliste de la Seconde, ou Galaxia, super-organisme à l'échelle galactique qui bouleverserait les plans de Hari Seldon. C'est vers  cette troisième option que se tourne Trevize.
Nous le retrouvons dans Terre et Fondation,  dernier roman du cycle écrit en 1986. Plus indécis que jamais, il commence à regretter le choix de Galaxia, qui prive les individus de leur indépendance. Persuadé qu'en poursuivant sa quête de la Terre originelle il trouvera les réponses à ses questionnements, il repart avec Janov Pelovat, fortement opposé à l'option Gaïa et Joie, totalement acquise à l'option super-organisme, d'où les inévitables frictions dans le groupe. Leur enquête les conduit d'abord sur Comporellon, une vieille planète où ils rencontreront le chercheur Vasil Deniador qui les mettra sur la piste des spatiens, vague de premiers colons à avoir quitté la Terre. Tour à tour, ils visitent trois mondes que ces derniers ont colonisés : Aurora, Solaria et Melpomenia. Après avoir récupéré Fallom, l'enfant de l'hermaphrodite Sarton Ksander capable de canaliser l'énergie de toute une planète, et échappé à toutes sortes d'attaques, ils finissent par trouver enfin la Terre. Mais celle-ci est radioactive. Avides de réponses, ils explorent la lune où ils rencontrent le robot humaniforme R. Daneelk Olivaw, qui est à l'origine de la création de Gaïa composée en fait d'habitants qui obéissent aux fameuses Trois Lois de la robotique chère à Asimov dans son autre cycle phare des Robots. Avec lui ils doivent opter pour l'avenir de l'Humanité : celui du Plan Seldon ou celui de Galaxia, La prise en compte d'un nouvel élément leur fait envisager la solution sur un autre angle, celui de la spécificité de l'espèce humaine, seule occupante de la Galaxie, et de sa vulnérabilité face à un agresseur extraterrestre surgie d'une autre galaxie à travers l'hyperespace. Un danger que seule l'union totale prôné par Galaxia serait à même d'endiguer. Mais, le ver n'est-il pas déjà dans le fruit en la personne de Fallom, assez différent des êtres humains pour s'apparenter à l'avant-garde d'envahisseurs venus d'au-delà les étoiles connus…

Une fin qui pourraient être en vérité un recommencement et qui a permis à Asimov, à travers ce dernier tome, de faire allusion à l'ensemble de son œuvre. Dans La petite histoire de Fondation qui fut rédigé après la parution du dernier tome, il explique que si le cycle lui a pris quarante années de sa vie environ, sa longévité est essentiellement due à la pugnacité de ses lecteurs et de ses éditeurs, qui l'ont poussé à poursuivre l'aventure plus avant. Asimov ajoutera plus tard deux préquelles à la série : Prélude à Fondation et L'aube de Fondation. On peut noter également qu’après la mort de l'auteur, certains romanciers s'approprièrent et firent office continuateurs avec, Fondation en péril de Gregory Benford, puis Fondation et Chaos  de Greg Bear et Le triomphe de Fondation de David Brin. Des auteurs efficaces et déjà reconnus qui apportèrent un second souffle à cette œuvre gigantesque

samedi 2 janvier 2016

La forêt de cristal
(Roman) Science-Fiction / Apocalypse
AUTEUR :  James Graham BALLARD (Royaume Uni)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 530, 10/2015 — 272 p., 8.40 €
TO : The crystal world, 1966
TRADUCTION : Michel Pagel
COUVERTURE : Johann Bodin
Précédentes publications :
● Denoël-Présence du Futur 98, 2/1967 — Traduction de Claude Saunier (plusieurs fois réédité avec des couvertures légèrement différentes)
● J’Ai Lu-Science-Fiction 2652, 8/1989 — Traduction de Claude Saunier
● Denoël-Lunes d’Encre, 10/2008 — Traduction de Michel Pagel
→ Développé à partir d'un texte publié dans le Magazine of Fantasy and Science Fiction (The illumainted Man) ce roman appartient àla veine catastrophique de J.-G. Ballard mise en lumière par des textes comme Le monde englouti, La vent de nulle part et Sécheresse, qui s'inscrivaient dans le cadre apocalyptique des écrivains britanniques tels que John Wyndham et John Christopher. Toutefois, il s'en démarque totalement par la puissance évocatrice des images qu'il véhicule. L'intrigue, assez banale, nous entraîne sur la piste du Dr Edward Sanders, directeur adjoint d'une léproserie, qui part à la recherche de son confrère Max Clair, et de son épouse, Suzanne, accessoirement son ancienne maîtresse, disparu au sein de la mystérieuse forêt qui borde la ville camerounaise de Port Matarre. Entouré d'une faune humaine digne des romans d'Hemingway, avec le singulier Père Balthus, la séduisante journaliste française Louise Péret, Ventress, l'image parfaite du dandy décadent, ou Thorensen, le directeur de la mine de diamant, le Dr Sanders va faire une découverte fascinante en se trouvant confronté à un forêt en train de lentement se cristalliser. Une envoûtante apocalypse qui se propage aussi bien à travers la faune et la flore, donnant naissance à d'étranges bibelots de cristal vendus sur les marchés des villages environnants, mais qui peut aussi affecter les humains. Cependant, ces derniers, tels des brebis expiatrices en transit au purgatoire, ne semblent pas profondément affectés par l'imminence de la menace qui se répand dans d'autres parties du monde, Russie, Californie, présageant un engloutissement global. Mieux, comme le Dr Sanders, parcouru par des pulsions de repos éternel et de repli foecal (le livre a été écrit alm)ors que l'auteur venait de perdre sa femme atteinte d'une pneumonie) ils pariassent se désintéresser du sort qui les attends, cherchant même à atteindre cette cristallisation qui ne tue pas, mais qui fige, et qu'ils admirent d'un regard extatique. Face aux pitoyables agissements de groupes d'individus guère préoccupés par le destin d'un Humanité sans avenir, mais obéissant à leurs aspirations égoïstes, le roman nous laisse progressivement oublier l'intrigue pour nous  rediriger vers le véritable sujet du livre : le paysage de la forêt cristallisée qui nbrille de mille feux à travers une atmosphère crépusculaire au temps délicieusement fuyant qui assoupi les âmes autant que les douleurs. Dés lors, les simples explications, science-fictives (ce mal étrange serait causé par une sorte de fuite temporelle issue du fin fond de l'espace) ou calquées sur les délires du père Balthus, qui considère cette cristallisation comme la forme finale de l'eucharistie, liassent la place au désir fou du Dr Sanders cherchant à rejoindre dans ce paysange hors du temps façonné par le cristal l'icône immortelle de Suzanne dans une ultime transfiguration. C'est ainsi qu'au fil des pages et des deux principaux chapitres, Equinoxe et L'homme illuminé, ce livre nous offre un voyage loin du bruit et de la fureur du monde du dehors, le notre, pour une plongée au sein d'un univers de miroirs qui emprunte aux paysages de L'île des morts de Böcklin, aussi bien qu'aux débordements visuels de Max Ernst, concrétisant la première vraie oeuvre picturale de J.-G. Ballard à travers la description d'un monde devenant peu à peu un chatoyant joyau, ou plutôt "un véritable domaine de pierres précieuses", comme l'exprime si bien Suzanne dans la lettre qui a décidé Sanders à  partir à sa recherche. Un réédition que les éditions Folio nous proposent dans la nouvelle et plus fidèle traduction de Michel pagel lors de la reprise du titre dans la collection Lunes d'Encre des éditions Denoël.

vendredi 1 janvier 2016

Adamas Maître du jeu
AUTEUR :  Laurent LADOUARI (France)
EDITEUR : Pocket 16035, 1/2016 — 622 p., 8.40 €
SERIE : Volution 1
COUVERTURE : Christophe Evans
Précédente publication : HC Editions, 1/2014 sous le titre Cosplay — 408 p., 22 € — Couverture de Lorenze Petrantoni
→ Dans leur texte de présentation de l’auteur les éditions Pocket qui viennent de reprendre en poche le premier tome de la série Volution nous parle de Laurent Ladouari comme d’un écrivain prometteur né à Marseille et vivant à Paris, familier des milieux des grands groupes de médias et des cabinets ministériels où il a travaillé après ses brillantes études de diplômé de l’école Polytechnique et de l’école des Mines, qui a voulu transposer sa passion de la culture pop, de la peinture et de la Méditerranée en proposant une histoire écrite à la manière d’Alexandre Dumas et Jules Verne, mais remise au goût du jour pour les lecteurs de la saga Harry Potter. Personnellement, après avoir refermé ce livre captivant, j’y ajouterai des références science-fictives en rapprochant le récit de la série du Monde du Fleuve de Philip José Farmer. Le roman nous projette dans un proche futur où après la terrible Guerre du Pacifique,  la peau de chagrin du monde s’est rétrécie sur un seul continent coupé en deux par un Mur gigantesque qui sépare une capitale dominé par des oligarques sans pitié d’un monde extérieur à la misère croissante. L’histoire raconte l’OPA dévastatrice conduite par le Mystérieux Adamas, milliardaire objet de l’opprobre de la plupart de ses contemporains surnommé le gitan, qui a bâti un immense empire financier à l’origine notamment de la singulière école où sont formés les Nonpareils, des coupeurs de têtes puissance mille, choisis pour leurs capacités exceptionnelles et entraînés à développer des capacités psychiques hors du commun telle que l’art subtil de la suggestion. L’opa vise la société 1T, ancienne gloire de la fabrication de microprocesseurs, acculé à la faillite par des concurrents dynamiques tels que la redoutable Sinind installée en plein désert. L’intriguant dans tout cela c’est que le but avoué d’Adamas dans le rachat de 1T consiste à la détruire de l’intérieur. Pour cela il a décidé de faire participer l’ensemble de son personnel à un jeu obligatoire, le Cosplay. Et c’est là qu’intervient mon parallèle avec la série de Philip Jose Farmer racontant la résurrection dans une sorte d’univers parallèle de personnages historiques ou connus tels que Mark Twain, Richard Burton ou Herman Göring, amenés à y survivre de toutes les manières possibles. Or, dans le Cosplay, les joueurs sont invités à porter masques dissimulant leur véritable identité et empruntant celles de personnages célèbres et hétéroclites comme Madonna, Périclès, Jules César, Karl Max, etc… et même celui du fondateur de 1T, le mythique Nikola Protéus, ancien professeur de physique à l’école des Nonpareils. Dans la peau de ces sortes d’avatars les joueurs de Cosplay, où tous les coups sont bien sûr permis, utilisations d’armes comprises, dévoileront leurs véritables visages et leurs profondes rancœurs sur un fond de conflits de complots et de trahisons en tous genres précipitant l’entreprise dans le chaos, ce qui est justement le but du jeu. Mais parmi ces joueurs, Katie Dûma, pupille de la fondation Phénix créée par Adamas, toute jeune embauché de 1T, va utiliser toutes les ressources de son jeune talent pour s’opposer à la destruction programmée de la société de Proteus. A cet effet, elle remettre au goût du jour avec d’autres l’idée de conception d’une intelligence artificielle qui permettrait de modifier la donne en présence. Alternant les chapitres de narration pure et ceux nous introduisant au cœur même du jeu sous formes de dialogues entre joueurs, Laurent Ladouari nous concocte une galerie de personnages  tout a fait représentatifs d’un océan de  démocratie en décomposition dans lequel nagent des requins bien décidés à à se tailler la part du lion au sein du monde nouveau qui pourrait bien émerger de ces restes de civilisation allant droit dans le mur. Tancrède Malatesta devenu le bras droit d’Adamas après avoir hérité du fabuleux empire mafieux de son père, alors que son frère Julien a refusé ce legs nauséabond et vit en parfait anonyme dans la maison du père de Kathy Dûma. Franz Cabral, président de la Financière Ca’d’Oro, et meilleur ami d’Adamas. Ayako Miyazaki, maître de jeu experte dans le domaine du Cosplay ou Natacha Bolkonkskaïa, nonpareille devenue une tueuse accomplie, sans oublier Morad Aftani, simple voiturier de 1T aux capacités insoupçonnables ou Tycko Tartessov, directeur de l’information de la même 1T et génial inventeur qui a participé à l’essor de cette société aux côté du génial Protéus. Le tout débouche sur un roman protéiforme à la fois récit d’aventure et d’anticipation nous plongeant en pleine ambiance culture geeks avec des zestes de références orientales pour un voyage en eaux troubles au sein d’un univers rongés par les soubresauts d’un capitalisme débridé qui, par certains côtés peut nous rappeler quelques péripéties de notre propre quotidien et dont nous suivrons les prochains développement dans L’or des Malastesta, 2ème épisode de la série prévu aux éditions HC en mas 2016.
Autre couverture :