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dimanche 5 avril 2020



VANCE Jack (Usa) Pseudo de John Hollbrook Vance - Pseudo = Peter Held, John Hobrook, John Van Seen, Alan Wade, Ellery Queen Né en 1916 à San Francisco et décédé en 2013, Jack Vance est un auteur américain qui a fait ses études à l'université de Berkeley en Californie. Intégré dans la marine marchande en 1942, Jack Vance voit sa première nouvelle publiée dans le magazine Thrilling Wonder Stories en 1945. Auteurs de nombreux romans de il s'est également illustré dans ke domaine de la Fantasy avec des cycles tels que celui de « La Terre mourante » ou de « Lyonesse », ainsi que du planet opera avec « Le cycle de Tschaï » et celui de « La planète géante ». Récompensé par de nombreux prix il a exercé une profonde influence sur les auteurs contemporains par son approche originale des thématiques exotiques et picaresques
 

♦ Les maîtres des dragons (Ro) Space Fantasy - In GALAXIE 2ème série 14, 6/1965 (p.22 à 112) — 90 p., 2,50 Frs/To : The dragon masters, 1963/Tr. : Michel Deutsch/Couv. & ill. : Jack Gaughan (illustre le roman de Jack Vance inclu dans la revue)
Rééditions :
● Pocket-Science-Fiction/Fantasy 5026, 7/1986 — 160 p., 6,50 €/Tr. : Michel Deutsch, révisée par Alain Garsault/Couv. : Siudmak
● Pocket-Science-Fiction/Fantasy 5026, 9/1990 — 160 p., 6,50 €/Tr. : Michel Deutsch, révisée par Alain Garsault/Couv. : Siudmak (même illustration, mais présentation différente sur fond argenté)
● in Les maitres des dragons et autres aventures, Denoël-Lunes d'Encre, 11/2004 (p. 209 à 333)  — 800 p., 30 €/Tr. : Brigitte Mariot /Couv. : Sparth
● in Nouvelles Tome 2, Le Bélial-Kvasar, 3/2019 — 1040 p., 34 €/Tr. : Brigitte Mariot/Couv : Guillaume Sorel
Critiques : Fiction 303, 7/1979 (Roger Bozzetto)
→ Les Basiques, les monstrueux batraciens de l'étoile Coralyne, sillonnaient l'espace à la recherche des derniers groupes humains pour les asservir. Leur avance technique les rendait invulnérables. Ils pouvaient dévaster n'importe quelle planète presque sans coup férir. Depuis plusieurs décennies, ils avaient épargné Aerlith — le dernier refuge des humains — mais cette trêve touchait à sa fin. A Aerlith, une antique aristocratie féodale entraînait pour la guerre une armée de dragons : Jaggernauds, Unicornes, Tervagants et Califourches. Car Joaz, le seigneur de val Banbeck pressentait l'agression des Basiques et avait la sagesse de s'y préparer. Mais que pouvaient ses dragons et ses lanciers contre les armes des envahisseurs ? Il fallait bien pourtant que Joaz trouve une réplique car de lui seul dépendait désormais le sort d'Aerlith et celui de l'humanité.
♦ Les maîtres des dragons et autres aventures (Recueil de romans) Space Fantasy - DENOËL-Lunes d'Encre, 11/2004 (p. 209 à 333)  — 800 p., 30 €/To : The dragon masters, 1963/Tr. : Brigitte Mariot/Couv. : Sparth/ill. : Jack Gaughan (n&b)
Sommaire : Avant-propos et remerciements, de Gilles Dumay ● Les langages de Pao ● Les maîtres des dragons ● Les domaines de Koryphon ● Un tour en Thaërie
→ «Que ce soit en ce jour de l'été 1960 (ça l'était) où j'ai ouvert mon premier Jack Vance, ou en une quelque autre saison de cette insignifiante et avant-dernière année américaine de 1962, j'ai découvert dans cette œuvre une prose inégalée et la poésie de la science-fiction, me condamnant alors, non seulement à tenter d'écrire un jour dans le même domaine que ce Maître des Dragons, mais aussi à essayer de jouer les notes simples dont ce maestro faisait de si parfaits concertos et des symphonies aériennes semble-t-il faciles. S'il était Mozart, je ne serais que son Sallieri, peut-être, mais je savais que j'avais rencontré le matériau idoine, la sensation exacte, la vraie poésie, et un motif de continuer d'aimer la science-fiction bien après l'adolescence, la fac et mes années d'apprenti écrivain.»Dan Simmons. Un recueil reprenant 4 romans de cet auteur majeur de la SF mondiale.
♦ Nouvelles – Tome 2 (Recueil de nouvelles) Space Fantasy – LE BELIAL-Kvasar, 3/2019 — 1040 p., 34 €/Tr. : Diversi/Couv. : Guillaume Sorel
Sommaire : ● Les maîtres des dragons
→ Le second tome d'un intégrale qui  réunit soixante-et-une nouvelles et courts romans, dont divers prix Hugo et Nebula, la présente intégrale, riche de plusieurs inédits, achève de consacrer l’auteur de Tschaï comme l’un des plus grands conteurs du XXe siècle, un immense écrivain. On y retrouve la novella Les maîtres des dragons traduite par Brigitte Mariot.


MacLEOD Ian R. (Gb) Ian R. MacLeod est un auteur de romans de science-fiction, d'origine écossaise, né en 1956 à Solihull, une petite ville du centre de l'Angleterre proche de Birmingham en 1956. Dans les années 1990, il est l'auteur de nombreuses nouvelles qui sont publiées dans les revues de science-fiction anglo-saxonnes. Certaines de ces nouvelles ont été citées ou ont décroché des prix littéraires.
 Il a écrit, de nombreux romans. Il semble avoir un intérêt particulier pour l'uchronie, procédé que l'on retrouve dans Les Îles du soleil, L'Âge des lumières et The House of Storm. Les deux derniers, qui ont pour cadre une Angleterre victorienne alternative dominée par une substance magique, l' éther, peuvent être également rapprochés du genre steampunk et de la fantasy
♦ L'Age des lumières (Ro) Steampunk – DENOËL-Lunes d'Encre, 1/2007 — 606 p., 28 €/To : The light ages, 2003/Tr. : Jean-Pierre Pugi/Couv. : Guillaume Sorel
Critiques : Bifrost 46, 4/2007 (Patrick Imbert) – noosfere.org (Bruno Para)
→ Le temps de l'industrie : un âge de ténèbres... Rois et reines ne règnent plus sur l'Angleterre, remplacés par l'éther, cette substance magique qui permet aux machines de tourner, aux bâtiments de tenir debout, et aux guildes, si riches, de s'enrichir davantage. En enquêtant sur l'accident mutagène qui a provoqué la longue agonie de sa mère, le jeune Robert Borrows va vite découvrir qu'il y a quelque chose de pourri au royaume de l'éther. Fort de ses opinions politiques, il se battra pour que la vérité éclate et pour l'avènement d'une époque plus juste : l'Age des Lumières. Souvent considéré comme le chef-d'œuvre de la littérature steampunk, L'Âge des Lumières s'inscrit dans la grande tradition des romans initiatiques ; on y découvre une Angleterre magique, déchirée entre l'ordure et le sublime, qui se meurt d'attendre une révolution nécessaire. On notera la présence d'un dragon prisonnier vers la fin du roman avec l'évocation de la pratique de la chasse au Dragon de Noël.


GARDNER John (Champlin) (Usa) Romancier américain né à Batavia, à New York en 1933. Aîné de quatre enfants , il fréquenta l'école publique tout en travaillant à la ferme de ses parents. C'est là que son frère Gilbert fut tué par le tracteur qu'il conduisait. Gardner en conserva un intense sentiment de culpabilité toute sa vie durant, sentiment qu'il exprima dans son œuvre la plus célèbre, « Grendel », adaptation détournée du « Beowulf » de la tradition britannique. Brillant universitaire, spécialiste de littérature médiévale, polémiste et critique acerbe, John Gardner traversa de nombreuses épreuves dans son existence, dont on cancer du colon, avant de mourir d'un accident de moto en 1982 laissant derrière lui une œuvre fulgurante, inclassable et marquée d'une profonde émotion
 

♦ Grendel (Ro) Mythologie Anglo-Saxonne - DENOËL-Arc-en-Ciel, 2/1974 — 260 p. 13,50 €/To : Grendel, Knopf, 1971/Tr. : René Daillie/Couv. :  Non illustrée/Sommaire : Préface : Max-Pol Fouchet
Réédition : Denoël-Lunes d'Encre, 12/2010 — 192 p., 17 €/Tr. : René Daillie, révisée par Thomas Day & Xavier Mauméjean/Couv. :  Lasth/Postface : Xavier Mauméjean
Sources : Le poème anglo-saxon du Beowulf, traduit par Daniel Renaud (L'Age d'Homme, 1989)
Critiques : cafardcosmique.com (Pat) -  chronicart.com (Pierre Jouan) - phenixweb.net (Georges Bormand) – Présences d'Esprits 68, 9/2009 (Antoine Chalet) – SFMag 74, 11/2011(Emmanuel Collot) - scifi-universe.com (Manu B.-Grendel : Caïn le maudit/Nicholas L.-Grendel : Puisque tout redeviendra cendres)
→ « Grendel c'est le tableau vu du point de vue des diables avec les saints qu'on entrevoit parmi les arbres ». En concluant ainsi sa préface, John Gardner nous livre toute la quintessence de son livre offrant une perspective dévié de la fameuse Légende de Béowulf, le fameux poème épique écrit en vieil anglais dans les environs de l'an 1000 et narrant les aventures d'un valeureux héros venu terrasser Grendel, un monstre qui harcelait le royaume des Danois. Inversant totalement les rôles Gardner invite Grendel, cet hideux habitant des marécages, descendant de Caïn et parfaite incarnation du Mal qui durant 12 ans décime l'armée du roi Hrothgar, à nous raconter sa vie. Et, au fil des pages, tout en plongeant au sein de l'esprit torturé de cet être doué d'une intelligence aiguisée on découvre que la Bête n'est pas où on l'a croyait. Car si Grendel dévore de temps en temps quelques hommes, c'est avant tout pour satisfaire son besoin de se nourrir, contrairement aux hommes qui s'entretuent avec le plus grand des plaisirs. Pitoyable créature hanté par l'ombre de sa mère tapie sur une montagne d'ossements qui ne cesse de lui rappeler son inexorable destinée, Grendel, loin d'incarner la voracité bestiale dont l'a affublé le poème initial, s'intéresse aux hommes qui le remplissent d'incompréhension s'efforce de se rapprocher d'eux, et se voit toujours renvoyé vers son éternelle et destructrice solitude. Cherchant pathétiquement sa place dans l'univers, sa rencontre avec le dragon qui tuera Beowulf, vile créature écailleuse aussi redoutable que perverse, sera pour lui une leçon de philosophie à la fois instructrice et désespérante. Forcé de réinventer le monde à l'aune de ses douloureuses expériences, Grendel s'enlise dans une toile de sentiments contradictoires où l'amour côtoie dangereusement la haine. Flirtant avec les rivages de la folie, il aborde ceux du nihilisme, tout en se demandant, une peu comme la créature du Dr Frankenstein abandonnée dans la nature, pourquoi il est né pour terroriser les gens. Sa guerre menée pendant 12 ans n'est pas réellement tournée vers Hrothgar, le roi du Danemark, mais contre l'Humanité vers qui il se sent irrésistiblement attiré, et qui ne veut absolument pas de lui. Et lorsque arrive l'épisode final du combat contre Beowulf, on est en droit de se demander s'il périt simplement au cours de l'affrontement ou s'il s'est offert à une mort devenue l'unique alternative à son existence tragique livrée à elle-même au sein d'un univers dérivant dans le chaos. A travers le pathos qui accompagne son existence, Grendel se pose comme un alter ego de John Gardner, marqué à jamais dans sa douzième année par la mort de son frère qu'il a accidentellement provoquée en conduisant un tracteur. D'où la fuite en avant de l'écrivain, qui se retrouve dans la trajectoire du monstre travaillé par toutes sortes de sentiments contraires, marqué par le poids de ses fautes, et crachant ses colères à la face d'un monde irrationnel où il cogne invariablement sa grosse carcasse tel un Sisyphe remontant sans cesse son énorme rocher, sans espoir de rédemption ni de lendemain. Plonger dans ce livre sans joie n'est pas un exercice facile, bien que la plume experte de l'auteur soit le meilleur des guides, même quand elle s'amuse à singer les mesures du poème épique. Mais, passer à côté des mésaventures de cette sublime figure de la littérature serait une grossière erreur, car c'est au cœur de ces pages que, mieux que dans tout journal télévisé, on peut prendre conscience de toute la grandeur de la bêtise humaine à travers la plaidoyer à la première personne d'un monstre frustré d'un manque cruel de références perpétuellement à la recherche d'un lui-même dont il ne parvient pas à appréhender les contours, et magnifique exemple d'une déconstruction héroïque sans équivoque où il n'y a surtout rien à attendre du côté de Dieu et des religions et encore moins de celui de la raison, réputée salvatrice quand il faut échapper au chaos, mais qui nous condamne somme toute à la plus sordide des prisons. Un roman qui se conclut par une passionnante postface de Xavier Mauméjean qui s'efforce d'éclairer les parties sombres de l'œuvre en les mettant en lumière à travers le prisme de la vie de l'auteur étroitement liée à la légende de Caïn et Abel.
Articles
♦ Grendel : Caïn le maudit, par Manu B., sur le site scifi-universe.com 
♦ Grendel : Puisque tout redeviendra cendres, par Nicolas L., sur le site scifi-universe.com 
♦ Postface de Xavier Mauméjean, in Grendel, Denoël-Lunes d'Encre, 2011.
♦ Préface de Max-Pol Fouchet, in Grendel, Denoël-Arc-en-ciel, 1974.