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dimanche 5 avril 2020


MacLEOD Ian R. (Gb) Ian R. MacLeod est un auteur de romans de science-fiction, d'origine écossaise, né en 1956 à Solihull, une petite ville du centre de l'Angleterre proche de Birmingham en 1956. Dans les années 1990, il est l'auteur de nombreuses nouvelles qui sont publiées dans les revues de science-fiction anglo-saxonnes. Certaines de ces nouvelles ont été citées ou ont décroché des prix littéraires.
 Il a écrit, de nombreux romans. Il semble avoir un intérêt particulier pour l'uchronie, procédé que l'on retrouve dans Les Îles du soleil, L'Âge des lumières et The House of Storm. Les deux derniers, qui ont pour cadre une Angleterre victorienne alternative dominée par une substance magique, l' éther, peuvent être également rapprochés du genre steampunk et de la fantasy
♦ L'Age des lumières (Ro) Steampunk – DENOËL-Lunes d'Encre, 1/2007 — 606 p., 28 €/To : The light ages, 2003/Tr. : Jean-Pierre Pugi/Couv. : Guillaume Sorel
Critiques : Bifrost 46, 4/2007 (Patrick Imbert) – noosfere.org (Bruno Para)
→ Le temps de l'industrie : un âge de ténèbres... Rois et reines ne règnent plus sur l'Angleterre, remplacés par l'éther, cette substance magique qui permet aux machines de tourner, aux bâtiments de tenir debout, et aux guildes, si riches, de s'enrichir davantage. En enquêtant sur l'accident mutagène qui a provoqué la longue agonie de sa mère, le jeune Robert Borrows va vite découvrir qu'il y a quelque chose de pourri au royaume de l'éther. Fort de ses opinions politiques, il se battra pour que la vérité éclate et pour l'avènement d'une époque plus juste : l'Age des Lumières. Souvent considéré comme le chef-d'œuvre de la littérature steampunk, L'Âge des Lumières s'inscrit dans la grande tradition des romans initiatiques ; on y découvre une Angleterre magique, déchirée entre l'ordure et le sublime, qui se meurt d'attendre une révolution nécessaire. On notera la présence d'un dragon prisonnier vers la fin du roman avec l'évocation de la pratique de la chasse au Dragon de Noël.


GARDNER John (Champlin) (Usa) Romancier américain né à Batavia, à New York en 1933. Aîné de quatre enfants , il fréquenta l'école publique tout en travaillant à la ferme de ses parents. C'est là que son frère Gilbert fut tué par le tracteur qu'il conduisait. Gardner en conserva un intense sentiment de culpabilité toute sa vie durant, sentiment qu'il exprima dans son œuvre la plus célèbre, « Grendel », adaptation détournée du « Beowulf » de la tradition britannique. Brillant universitaire, spécialiste de littérature médiévale, polémiste et critique acerbe, John Gardner traversa de nombreuses épreuves dans son existence, dont on cancer du colon, avant de mourir d'un accident de moto en 1982 laissant derrière lui une œuvre fulgurante, inclassable et marquée d'une profonde émotion
 

♦ Grendel (Ro) Mythologie Anglo-Saxonne - DENOËL-Arc-en-Ciel, 2/1974 — 260 p. 13,50 €/To : Grendel, Knopf, 1971/Tr. : René Daillie/Couv. :  Non illustrée/Sommaire : Préface : Max-Pol Fouchet
Réédition : Denoël-Lunes d'Encre, 12/2010 — 192 p., 17 €/Tr. : René Daillie, révisée par Thomas Day & Xavier Mauméjean/Couv. :  Lasth/Postface : Xavier Mauméjean
Sources : Le poème anglo-saxon du Beowulf, traduit par Daniel Renaud (L'Age d'Homme, 1989)
Critiques : cafardcosmique.com (Pat) -  chronicart.com (Pierre Jouan) - phenixweb.net (Georges Bormand) – Présences d'Esprits 68, 9/2009 (Antoine Chalet) – SFMag 74, 11/2011(Emmanuel Collot) - scifi-universe.com (Manu B.-Grendel : Caïn le maudit/Nicholas L.-Grendel : Puisque tout redeviendra cendres)
→ « Grendel c'est le tableau vu du point de vue des diables avec les saints qu'on entrevoit parmi les arbres ». En concluant ainsi sa préface, John Gardner nous livre toute la quintessence de son livre offrant une perspective dévié de la fameuse Légende de Béowulf, le fameux poème épique écrit en vieil anglais dans les environs de l'an 1000 et narrant les aventures d'un valeureux héros venu terrasser Grendel, un monstre qui harcelait le royaume des Danois. Inversant totalement les rôles Gardner invite Grendel, cet hideux habitant des marécages, descendant de Caïn et parfaite incarnation du Mal qui durant 12 ans décime l'armée du roi Hrothgar, à nous raconter sa vie. Et, au fil des pages, tout en plongeant au sein de l'esprit torturé de cet être doué d'une intelligence aiguisée on découvre que la Bête n'est pas où on l'a croyait. Car si Grendel dévore de temps en temps quelques hommes, c'est avant tout pour satisfaire son besoin de se nourrir, contrairement aux hommes qui s'entretuent avec le plus grand des plaisirs. Pitoyable créature hanté par l'ombre de sa mère tapie sur une montagne d'ossements qui ne cesse de lui rappeler son inexorable destinée, Grendel, loin d'incarner la voracité bestiale dont l'a affublé le poème initial, s'intéresse aux hommes qui le remplissent d'incompréhension s'efforce de se rapprocher d'eux, et se voit toujours renvoyé vers son éternelle et destructrice solitude. Cherchant pathétiquement sa place dans l'univers, sa rencontre avec le dragon qui tuera Beowulf, vile créature écailleuse aussi redoutable que perverse, sera pour lui une leçon de philosophie à la fois instructrice et désespérante. Forcé de réinventer le monde à l'aune de ses douloureuses expériences, Grendel s'enlise dans une toile de sentiments contradictoires où l'amour côtoie dangereusement la haine. Flirtant avec les rivages de la folie, il aborde ceux du nihilisme, tout en se demandant, une peu comme la créature du Dr Frankenstein abandonnée dans la nature, pourquoi il est né pour terroriser les gens. Sa guerre menée pendant 12 ans n'est pas réellement tournée vers Hrothgar, le roi du Danemark, mais contre l'Humanité vers qui il se sent irrésistiblement attiré, et qui ne veut absolument pas de lui. Et lorsque arrive l'épisode final du combat contre Beowulf, on est en droit de se demander s'il périt simplement au cours de l'affrontement ou s'il s'est offert à une mort devenue l'unique alternative à son existence tragique livrée à elle-même au sein d'un univers dérivant dans le chaos. A travers le pathos qui accompagne son existence, Grendel se pose comme un alter ego de John Gardner, marqué à jamais dans sa douzième année par la mort de son frère qu'il a accidentellement provoquée en conduisant un tracteur. D'où la fuite en avant de l'écrivain, qui se retrouve dans la trajectoire du monstre travaillé par toutes sortes de sentiments contraires, marqué par le poids de ses fautes, et crachant ses colères à la face d'un monde irrationnel où il cogne invariablement sa grosse carcasse tel un Sisyphe remontant sans cesse son énorme rocher, sans espoir de rédemption ni de lendemain. Plonger dans ce livre sans joie n'est pas un exercice facile, bien que la plume experte de l'auteur soit le meilleur des guides, même quand elle s'amuse à singer les mesures du poème épique. Mais, passer à côté des mésaventures de cette sublime figure de la littérature serait une grossière erreur, car c'est au cœur de ces pages que, mieux que dans tout journal télévisé, on peut prendre conscience de toute la grandeur de la bêtise humaine à travers la plaidoyer à la première personne d'un monstre frustré d'un manque cruel de références perpétuellement à la recherche d'un lui-même dont il ne parvient pas à appréhender les contours, et magnifique exemple d'une déconstruction héroïque sans équivoque où il n'y a surtout rien à attendre du côté de Dieu et des religions et encore moins de celui de la raison, réputée salvatrice quand il faut échapper au chaos, mais qui nous condamne somme toute à la plus sordide des prisons. Un roman qui se conclut par une passionnante postface de Xavier Mauméjean qui s'efforce d'éclairer les parties sombres de l'œuvre en les mettant en lumière à travers le prisme de la vie de l'auteur étroitement liée à la légende de Caïn et Abel.
Articles
♦ Grendel : Caïn le maudit, par Manu B., sur le site scifi-universe.com 
♦ Grendel : Puisque tout redeviendra cendres, par Nicolas L., sur le site scifi-universe.com 
♦ Postface de Xavier Mauméjean, in Grendel, Denoël-Lunes d'Encre, 2011.
♦ Préface de Max-Pol Fouchet, in Grendel, Denoël-Arc-en-ciel, 1974.

lundi 30 mars 2020


ATTANASIO Alfred Angelo (Usa) Pseudo = Adam Lee Né en en 1951à Newark, dans le New Jersey, Alfred Angelo Attanasio suivra de brillantes études dans les universités de Pensylvannie et de New York avant que Stan Lee lui propose de collaborer au numéro 36 de son magazine Amazing Spider-Man. Cependant, ce sont les encouragements de l’éditeur de SF John W. Campbell qui seront véritablement à l’origine de sa carrière d’écrivain qui atteingnit son sommet avec la publication en 1981 de son roman posta apocalyptique « Radix ». Eclectique dans ses choix, A..E. Attanasio est également l’auteur d’essais littéraire et du cycle de Fantasy « Arthor » réécriture du mythe arthurien
ARTHOR : 1.Le dragon et la licorne - 2.La louve et le démon
 
 
1 ♦ Le dragon et la licorne (Ro) Légendaire arthurien - CALMANN-LEVY-Fantasy, 4/2009 — 224 p., 17 €/To : The dragon and the unicorn, Harper Prism, 1996/Tr. : Henry-Luc Planchat/Couv. : Alain Brion
Critiques : actusf.com (Jérôme Vincent) - cafardcosmique.com (Tuc)
→ Revenant aux fondements de la légende arthurienne l’écrivain américain Alfred Angelo Attanasio nous livre ici le premier volet  d’une fresque réécrivant le cycle d’Arthur sous l’angle de la physique quantique et des légendes nordiques. Ainsi nous découvrons Ygrane, la reine des celtes, qui grâce à la magie de la vieille sage Raglaw, est parvenue à grimper dans le Grand Arbre, la demeure des dieux, afin de demander l’aide du Furieux, le maître des Ases pour l’aider dans sa lutte contre les tribus du Sud, les bâtisseurs de villes, les ferments d’un progrès qui balayent les anciennes croyances, créatures inféodées aux Seigneurs du Feu, ces parasites plus anciens que les étoiles menant un combat perpétuel contre le Dragon, l’être planète vivant au sein de la Terre sous la croûte rocheuses qui constitue sa cachette immuable, tandis que son sang circule avec la lenteur du magma et que les montagnes forment les écailles de son dos. Un dragon unit à ses frères des étoiles qui ne font qu’un avec l’unique Dragon cosmique dont le corps lumineux scintille dans l’espace-temps. Or les Seigneurs du Feu, qui ont doté les tribus du Sud du savoir de l’art destructeur des armes métalliques, ont utilisé leur formidable pouvoir pour modeler un enfant qui recevra l’aide d’une licorne, un étalon solaire apportant son pouvoir aux Seigneurs du Feu en volant l’énergie du Dragon. De sa visite aux dieux Ygrane n’obtiendra pas tout ce qu’elle désire, mais seulement le pouvoir d’invoquer la licorne. Forcée d’épouser le duc Gorlois, un romain dont l’alliance est voulue par les druides, et enfantera Morgeu, une fille revêche qui lui donnera bien des tracas, mais qui aura le privilège d’amener prés d’elle le démon Lailoken celui à qui elle confiera la mission de trouver son roi, celui qu’elle a entrevu dans un songe et qui seul pourra unir toutes les tribus. Dans la longue quête qu’il va mener pour accomplir le dessein de la reine Lailoken, emprisonné dans un corps humain qui seul peut circonscrire ses immenses pouvoirs, deviendra Myrddin, puis Merlinus, le sage itinérant expert en magie. Et s’il finit par découvrir l’homme tant recherché, celui-ci n’en est qu’aux balbutiements de sa destinée héroïque. Il faudra que Merlinus aide les frères Aurélianus à accomplir leur vengeance pour que le plus jeune d’entre eux puisse devenir le fameux Uther Pendragon, le roi dont a rêvé Ygrane. Un roi héritier des Pendragon, nommé l’Aigle de Thor, ou Arthor. Dans le début de cette tétralogie, l’auteur nous entraîne dans une intrigue en forme de labyrinthe où s’entrechoquent les cosmogonie, sorte de vaste quête de l’immortalité qui va couvrir l’ensemble de l’histoire de l’Humanité. Commençant et se terminant dans un lieu légendaire, Tintagel, situé au bord de la Mer Occidentale, dans cette Angleterre du Dark Age sous domination romaine, qui n’a pas encore subie les invasions pictes et saxonnes, cette histoire raconte la lutte d’entités cosmiques fondamentales pour lesquelles les hommes ne sont que de simples pions. Avec le démon Lailoken/Merlin comme liant elle permet d’ancrer la mythologie nordique et ses créatures magiques au cœur même du légendaire arthurien ainsi envisagé sous un angle bien plus original que celui que nous offre les héritiers littéraires s’inscrivant dans la tradition du La morte d’Arthur de Thomas Mallory ou des romans de Chrétien de Troye, tout en faisant un détour par la symbolique entourant les plus célèbres créatures du bestiaire du Moyen Age, la licorne et le dragon, souvent présentée comme l’incarnation du Bien et du Mal. Une redécouverte salutaire de cet auteur américain jusque là plus connu en France par son roman post apocalyptique Radix publié chez Robert Laffont dans la collection Ailleurs et Demain.
2 ♦ La louve et le démon (Ro) Légendaire arthurien - CALMANN-LEVY-Fantasy, 10/2009 — 304 p., 18,90 €/To : The dragon and the unicorn, Harper Prism, 1996/Tr. : Henry-Luc Planchat/Couv. : Alain Brion
→ Seconde partie de la Tr. : française de The dragons and the unicorn , ce roman nous permet de retrouver Merlinus. Le puissant démon enfermé dans un corps humain afin de contenir ses pouvoirs, a accompli la mission qu'Ygrane, reine des Celtes, lui a confiée: trouver son roi, qu'un jour elle a entrevu en songe. Mais l'homme qu'il a rencontré est tout sauf un souverain-né. Héritier déchu d'une noble lignée, il vivait d'expédients quand le magicien a décidé de modeler son destin. Au terme d'une ascension irrésistible vers le pouvoir, qui aura vu son frère succomber à son ambition vengeresse, celui qu'on nomme désormais Uther Pendragon va entre-prendre l'unification de son royaume insulaire au prix de luttes sans merci. Un combat qui en dissimule un autre, plus impitoyable encore: celui opposant le démon Merlinus à la fée Morgane, qu'on surnomme la Louve... Voici l'histoire épique d'une quête, celle de l'immortalité, qui va couvrir l'ensemble de l'histoire de l'humanité - et celle des créatures magiques qui peuplent les recoins de son imaginaire. C'est une histoire qui finit - et commence - en un lieu légendaire, avec le premier cri d'un enfant nouveau-né. Un lieu nommé Tintagel. Un roi nommé Aigle de Thor, ou... Arthor. Dans la droite lignée des Brumes d'Avalon de Marion Zimmer Bradley, A.A. Attanasio unit toutes les légendes de création et de rédemption dans un songe aussi intemporel que les chants des druides, aussi puissant qu'un sortilège de Merlin.